Outre la biographie de Frida Kahlo, de sa lutte contre un corps déliquescent et l'inconstance des hommes, le propos du film pourrait se résumer avec ces mots : (si j'ose le dire): sans poésie, sans art, sans amour(s), la vie ne vaut rien.
La vie est souffrance, celle de Frida Kahlo l'est indéniablement. Bouleversant les conventions religieuses, sociales, son corps partant en quenouille, Frida se jette dans les feux du volcan de son âme. Elle peint avec ses tripes, risque sa peau en faisant l'amour, risque la mort en continuant à peindre, en voulant un enfant.
Le jeu d'Alfred Molina (le maire de la ville dans "Le Chocolat" de Lasse Hälström,le mexicain dans "Maverick") en Diego Rivera est parfait, quant à Salma Hayek, elle est habitée par Frida, et joue elle-même avec le feu. Deux démiurges qui se rencontrent, cela donne un scénario forcément génial.
La mise en scène, enfin, mêle habilement les photomontages surréalistes aux plans les plus délicats, ou aux plans les plus crus,les plus atroces. Chef d'œuvre de cinéma, produit ou coproduit par Salma Hayek, "FRIDA" est à posséder pour se laisser posséder.
Film trop méconnu, cela on peut y remédier.
Quant aux artistes, ils y trouveront matière à entretenir leur don, et sauront qu'il se paie de sang, de sueurs et de larmes, pour recevoir rarement, certes, une étreinte des anges.