Ancien leader des Teardrop Explodes, Julian Cope se lance dans une carrière solo au début des années 1980. Son truc à lui, c'est la folie. La pochette tout nu dans une coquille de tortue, celle (jamais publiée, bien sûr) avec deux photos de son sexe, au repos et pas au repos, etc. Bien sûr, c'est un truc, comme la dépression de Bob Mould, une pose dont l'artificialité crève les yeux comparée aux aînés qui lui servent de modèles et que jamais il n'égalera. Comment la prétention à l'originalité peut-elle voisiner avec le revival pur et simple ? Fried se situe dans une esthétique rock psychédélique années 60 très délimitée. Les rocks comme Reynard the Fox ou The Bloody Assizes sont plus efficaces qu'autre chose, mais l'inspiration est au rendez-vous sur des chansons lentes comme Me Singing, Laughing Boy, Search Party et Torpedo. Dans uen veine poétique proche de Syd Barrett, elles sont parfaitement écrites et interprétées, et arrivent à marquer durablement par des climats troublants. C'est ce qui fait tout le prix de ce disque très attachant.