Lorsqu'il entama la rédaction de ce roman, Ian Fleming avait l'intention d'y faire mourir James Bond à la dernière page. Il s'en ouvrit d'ailleurs à son ami Raymond Chandler qui le dissuada, dieu merci, de mettre un terme prématuré à la carrière de l'agent 007. De fait, ce cinquième opus de l'épopée bondienne en est peut-être le plus beau joyau et il eût été dommage qu'il servît d'épitaphe à l'un des personnages les plus remarquables que la littérature d'espionnage ait engendré. Sur fond de guerre froide, Bond se retrouve ici à Istanbul, chargé de récupérer une espionne russe, Tatiana Romanova, et un décodeur, le "Spektor", mais voilà que sur le chemin du retour, à bord de l'Orient-Express, les mâchoires du piège machiavélique dans lequel il est tombé se referment sur lui. Prose riche, style cursif, humour british, tout est là pour offrir au lecteur un moment agréable et faire de "From Russia, with Love" un classique. Mission accomplie.