8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Alice au dessus d'un nid de coucou, 30 juillet 2008
Bon ! que les choses soient claires ! Les fans de Killer risquent être surpris en écoutant ce LP , dernier grand disque du Coop'.
A l'epoque Alice sort de desintox' et aux Etats Unis on mettait les fous , les tueurs en série et les alcooliques dans le même etablissement !
Ce pauvre Alice se retrouve alors avec une vraie camisole et sans son public , sans son maquillage il sombre dans la folie et pense sérieusement au suicide ! Ce qui nous donne des merveilles comme " From the Inside" , "The Quiet Room" ou "Inmates".
"How you gonna see me now" est basée sur une lettre poignante qu'Alice écrit à sa femme en se demandant s'il a perdu ou pas son estime .
Enfin "Millie et Billie" est une exception dans la carrière de Cooper puisque il y chante en duo avec une femme ( qui évoque June Carter , l'épouse de Johnny Cash) la ballade d'un couple de criminels.
"Sérious" achève l'auditeur par la lucidité et la cruauté qu'Alice porte sur lui-même et sa carrière.
Alors si l'album est musicalement daté ( ce sont les musiciens de .... Toto qui jouent sur l'album ) , on a ici à faire au meilleur Alice Copper d'un point de vue Lyrics qui décrit, sans jamais tomber dans l'auto-appitoiement l'enfer de l'addiction.
Ps: si vous trouvez le vinyle sur Amazon , achetez le les yeux fermés , la pochette reservant des surprises dignes d'Andy Warhol !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Psychose..., 25 avril 2012
Fermer les yeux. Faire semblant. Remettre au lendemain. Prendre la vie au jour le jour. On trouve des échappatoires pour ne pas y penser ; parce qu'on ne peut rien y faire. Mais dès qu'on s'arrête de vivre pour réfléchir quelques minutes, ça finit par nous rattraper et nous exploser au visage. Nos enfants vont grandir au sein d'un cauchemar écologique et économique, dans une société agonisante amputée de tous ses repères.
La politesse, le respect des aînés, des adultes et d'autrui, le respect du matériel et des biens - personnels et publics -, l'éducation, l'orthographe, la culture, la nécessité des règles dans une société, la valeur de l'argent' Ce qui était la norme dans la plupart des familles il y a une trentaine d'années semble être devenu accessoire, incompréhensible, ou peut-être même incompatible avec la génération iPod. Oui, de nos jours, ces idées d'un autre temps vous font au mieux passer pour un dangereux activiste de droite ultraconservateur.
Et ce qu'il faut bien appeler la déliquescence de la société se déroule dans l'indifférence générale de nos concitoyens, et surtout de la classe politique; c'est un état de fait qui paraît aujourd'hui accepté par tous et qui devrait pourtant nous rendre fous...
Fou, Alice Cooper le devient depuis quelques temps déjà en 1977. Ivrogne dépendant depuis plusieurs années, peut-être est-ce pour sauver son récent mariage (Mars 1976) avec la jolie Sheryl Goddard, 19 ans, une des danseuse du "Welcome to My Nightmare" show, qu'il accepte après le " King of The Silver Screen Tour" (1977-1978) de se faire interner dans un sanatorium newyorkais [ces établissements accueillent indifféremment à l'époque malades mentaux, tueurs en série ou alcooliques]. Alice ressort de cette expérience sobre mais traumatisé... Ça tombe bien, il a un nouvel album à écrire ! Il l'appellera "From the Inside" (1978), le titre faisant donc allusion à cet asile, mais également à la vie intérieure dans laquelle chaque patient finit par se réfugier à plus ou moins long terme.
Le vinyle d'époque, que je ne possède malheureusement pas encore, est un régal. Après la culotte de "School's Out", Alice nous offre cette fois une pochette à rabats. Maurice Escargot, le détective de "Lace and Whiskey" s'est effacé pour que nous retrouvions le visage remaquillé d'Alice. Celui-ci laisse la place à la salle commune de l'institution psychiatrique peuplée de dégénérés; puis, sur la back-cover, les porte de l'asile s'ouvrent sur la sortie des internés, notre crooner aliéné en tête, tenant à la main son bon de sortie "Released" - une photo superbe, honteusement absente de la réédition CD.
"From the Inside" est le dernier album '70s d'Alice. À cette époque, les provocations du Shock-Rocker n'effraient plus personne depuis longtemps. Musicalement, le Coop' a également été très loin, fusionnant des styles improbables, créant des délires musicaux complètement barrés, repoussant avec génie les limites d'un Rock alors loin d'être figé... Refaire caricaturalement deux fois le même disque n'étant pas envisageable, se posent alors deux questions : Quelle orientation musicale choisir cette fois, et comment renouveler un succès déclinant, "Lace and Whiskey" ayant moins bien marché que "Alice Goes To Hell" (disque d'or aux USA) ? Après, au choix, mûre réflexion ou cuite carabinée, Alice décide, pour la première fois de sa carrière, de faire appel à des songwriters en vogue...
Ayant beaucoup écouté Elton John enfant avant de découvrir les bienfaits de la guitare électrique, j'ai cru halluciner en voyant figurer le nom de Bernie Taupin au côté de celui d'Alice au dessus des portes blanches de la clinique ! Une première surprise, qui est loin d'être la dernière : exit Bob Ezrin pour la production, c'est David Foster (plus connu ensuite pour ses collaborations pop avec notamment Whitney Houston, Madonna, ou Michael Jackson) qui est engagé pour cet opus, sous la direction artistique du parolier et célèbre complice d'Elton... J'en vois déjà qui tremblent, ils ont raison, cet album ne plaira effectivement pas à tout le monde. Alice et le fidèle Dick Wagner, guitariste compositeur depuis "Welcome to My Nightmare" sont donc épaulés par la paire Taupin/Foster pour composer les dix pièces qui constituent cette œuvre, et, dernier rebondissement, Steve Lukather (Toto, dois-je le préciser, mais surtout "first call session man" à cette époque) cosigne "Nurse Rozetta" et "Serious".
Comme sur plusieurs albums d'Alice par la suite, on retrouve pléthore d'invités prestigieux pour accompagner le duo Dick Wagner / Steve Hunter, à commencer par Jim Keltner (John Lennon, Georges Harrison, Bob Dylan, JJ Cale, Pink Floyd, Eric Clapton) à la batterie. Bernie Taupin ayant peut-être eu peur d'affronter Cooper sobre, il a emmené avec lui ses copains du Elton John band : le guitariste Davey Johnstone, le bassiste Dee Murray et même la chanteuse Kiki Dee que vous connaissez tous (si, si... Le duo avec Elton sur "Don't Go Breaking My Heart" - 1976). Lukather est également venu accompagné de son bassiste attitré de l'époque, David Hungate, et du fabuleux Bobby Kimball, chanteur de Toto. Rajoutez à ce mélange improbable quelques interventions à la six-cordes de Rick Nielsen (Cheap Trick) et vous commencerez à vous faire une idée du joyeux bazar qu'on peut entendre sur "From the Inside".
Car les noms cités ci-dessus sont bien représentatifs de cet opus, un mélange fascinant entre du Elton et du Toto, qui sonne... Alice Cooper. La patte Bernie Taupin est particulièrement transparente sur les ballades : "How You Gonna See Me Now" aurait pu sans équivoque être écrite pour John, ainsi que les couplets de "The Quiet Room", le bridge du morceau étant plus typique du style Cooper. L'époque étant ce qu'elle était, on pourra déceler un fond de disco dans la rythmique du titre éponyme, ou en tous cas un groove, tout comme sur "Nurse Rozetta", qui n'est pas sans rappeler certains morceaux ("Girl Goodbye")du génialissime premier album de Toto, sorti cette même année. Quelques morceaux Rock plus classiques ("Wish I Were Born In Beverly Hills"/ "Serious"/ "For Veronica's Sake") durcissent légèrement le ton, mais c'est l'émotion qui marque cet onzième effort d'Alice.
J'aimerais à ce titre attirer l'attention sur "Millie And Billie", énième ballade du disque dans lequel beaucoup ne verront que de la soupe, peut-être à juste titre. Composé par Alice, Bernie Taupin et Bruce Roberts (également auteur de "Only My Heart Talkin'" sur "Trash"), ce duo d'Alice avec Marcella Detroit (choriste de Bob Seger puis d'Eric Clapton) me hérisse les poils à chaque écoute, malgré son côté cucul indéniable. Et c'est bien le tour de force de "From the Inside". Peut-être grâce à ses lyrics poignants, empreints de poésie, racontant sans ménagement un internement psychiatrique, émane de ce full-length une forme de Vérité indéfinissable, quelque chose de grand qui transforme des mièvreries pour midinettes en un voyage passionnant au plus profond d'Alice... ou de soi-même, pour ceux qui arriveront à passer outre quelques écoutes pas forcément faciles.
Faites vos bagages pour la clinique, n'oubliez pas la camisole... Alice explique sur le titre d'ouverture comment il en est arrivé là (en même temps on s'en serait douté) : "drinking whiskey in the morning light - at first we laughed about it -the old road sure screwed me good this time"; puis s'ensuit une série de portraits réjouissants, inspirés de personnages réels rencontrés lors de son séjour au pays des dingos. Nous croisons ainsi une bourgeoise imbibée d'alcool façon Sue Ellen ("Wish I Were Born In Beverly Hills") un vétéran traumatisé par les horreurs de la Guerre ("Jacknife Johnny"), mais également l'infirmière sexy "Nurse Rozetta", fantasme des nuits de Vince, ou encore un couple de meurtriers psychopathes, Millie & Billie. Les autres morceaux dépeignent le quotidien de notre malade préféré, de la chambre d'isolement ("The Quiet Room" - sublime), au séances introspectives de "Serious" : " All of my life was a laugh and a joke, and a drink and a smoke, and then I passed out on the floor", en passant par une lettre émouvante adressée à sa femme, qui ne l'a encore jamais vu sobre, et dont il appréhende la réaction lors de son retour à la maison (regardez la vidéo d'époque de "How You Gonna See Me Now, humour noir et désespoir...). L'album se clôt comme il se doit par un morceau typique du Coop qui n'est pas sans rappeler "I love The Dead" dans sa forme, le...
Lire la suite ›
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non