FELA LIVES. C'est le tatouage qui se trouve à jamais inscrit entre les omoplates de son fils Seun. Une affirmation tout à fait correcte qui a valeur à la fois d'hommage et de signal d'espoir. C'est un fait, le message et la musique singulière de Fela Kuti, teintée de jazz, de funk et de musique traditionnelle africaine, sont toujours présents à travers ses fils prolifiques. Le but est le même depuis plus de quarante ans : unir les africains. Alors que Femi cherche à s'éloigner du lourd héritage de son père, Seun, le plus jeune fils, à l'inverse, plonge dedans la tête la première. L'idée est bel et bien de reprendre le flambeau, de continuer là où s'est arrêté Fela en 1997, terrassé par le sida. Seun mime Fela, il l'incarne à la perfection. Accompagné du groupe Egypt 80, l'ancien groupe de Fela, Seun réactualise, modernise le discours politique de son afrobeat aux vibrassions sexuelles dansantes. Les ennemis ne sont plus les généraux nigérians Obasanjo ou Abacha mais l'ensemble de la classe politique ( « Mr Big Thief »), les multinationales comme Monsanto (« Rise ») ou l'armée (« African Soldier »), clin d'½il au « Zombie » de Fela en 1976. Musicalement, Seun explore inlassablement l'afrobeat, avec pour l'occasion, le savant Brian Eno (63 ans) à la production, dont l'apport, au-delà d'un nom dans les crédits, reste encore un mystère tant la musique est déjà riche. Un disque pour l'Afrique, mais à mettre dans les oreilles du monde entier.