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En 1974, Stevie Wonder est un homme heureux, qui a réussi son pari : s'imposer en tant qu'artiste solo.
Talking Book, truffé de hits est suivi de près par
Innervisions, peut-être son meilleur album jusqu'à ce jour.
Fullfillingness First Finale fait suite à ces deux grands monuments de la soul. "You Haven't Heard Nothing", "Boogie On Reggae Woman" et "Don't You Worry", les 45 tours extraits de l'album sonnent comme une revanche sur l'accident de voiture qui a failli lui coûter la vie. Paradoxalement, c'est avec ces trois albums que Stevie Wonder s'est imposé auprès du public rock, faisant du synthétiseur sa meilleure arme de chanteur soul.
--Ronny Yu
Critique
L’enfance, l’Afrique, la route, les Grammy Awards, l’au-delà et un piano à perte de vue…la pochette résume la vie et les préoccupations de Stevie Wonder, musicien béni qui a goûté aux pires difficultés comme aux plus grands honneurs. C’est dans un état d’esprit apaisé, après le brûlant
Innervisions, qu’il aborde sa nouvelle œuvre. Un disque de transition, qui revient à ses thèmes de prédilection et réunit sa famille musicale habituelle : les choristes Jim Gilstrap, Deniece Williams, les sœurs Syreeta et Yvonne Wright, la grande Minnie Riperton, les éminences Cecil et Margouleff…et Paul Anka, les Jackson 5, le bassiste James Jamerson et le guitariste pedal-steel « Sneaky » Pete Kleinow en invités-surprise. Ces deux derniers sur
« To Shy To Say ».
Fullfillingness First Finale paraît en plein été 1974 au sortir d’un grave accident de voiture qui l’a plongé dans le coma. Il dut son salut à la perspicacité de son ami Ira Tucker le réveillant au son de ses mélodies. Un événement qui a conditionné l’enregistrement de ce disque plus intimiste, privilégiant toujours les nappes de piano électrique mais écartant les contrastes et effets des albums précédents. Seul
« You Haven’t Done Nothin’ » et son riff familier sort de la réserve pour énoncer un bilan politique désastreux. L’autre hit
« Boogie On Reggae Woman » balance entre un groove synthétique et le retour de l’harmonica et du piano boogie. Rien de révolutionnaire donc, mais il possède à son avantage une atmosphère entêtante qui en fait un parfait disque de soul
easy listening réhaussé de précieuses mélodies telles
« Please Don’t Go ». Les amateurs de sensations fortes ne seront pas déçus par la suite.
Loïc Picaud - Copyright 2012 Music Story