Ce coffret s'adresse uniquement aux anglophones !
'FUNNY GIRL':
Au départ, il y la vie de Fanny Brice (1891-1951 ; on peut d'ailleurs la voir dans son propre rôle dans le film 'Le grand Ziegfeld' de Robert Z. Leonard de 36 et également dans 'Zelig' de Woody Allen dans lequel celui-ci s'ajoute à des images d'époque), devenue une biographie qui devint ensuite en 64 une très célèbre comédie musicale de Broadway mise en scène par Garson Kanin et avec déjà des costumes d'Irene et surtout la toute jeune Barbra Streisand (22 ans alors) dans le rôle principal, qu'elle reprendra 4 ans après pour cette adaptation cinématographique (en Technicolor, strictement parfaitement restaurée (image et son) avec une intro et un entracte musicaux sans images) coréalisée par William Wyler (dont ce n'était pas vraiment la spécialité) et Herbert Ross (qui mis en boîte toutes les scènes musicales du film et réalisa seul ensuite en 74 'Funny Lady', la suite de celui-ci).
Fanny Brice est une jeune juive de New-York qui rêve de devenir danseuse et chanteuse. Elle réussit, malgré un physique pas vraiment facile, à intégrer une première troupe et à se faire suffisamment remarquer pour être embauchée par Florenz Ziegfeld (Walter Pidgeon : 'Qu'elle était verte ma vallée', 'Mrs. Miniver', 'Planète interdite') dans sa revue légendaire et ce grâce aussi aux talents d'intermédiaire de Nick Arnstein (Omar Sharif, qui est connu pour avoir été un célèbre joueur de bridge et un passionné de chevaux, presque comme son personnage de ce film donc), un invétéré joueur de poker propriétaire d'une écurie de chevaux de course qui a succombé à son charme. Passionnément éprise de cet homme, Fanny Brice réussira à devenir l'une des figures les plus aimées du Broadway d'antan, sans jamais faire défaut à son mari que sa fierté de mâle dominant amènera toutefois à faire de grosses bêtises après qu'il se soit ruiné au jeu et aux courses. Après avoir passé 18 mois en prison, celui-ci, bien décidé à ne pas continuer de nuire à la carrière de son épouse, lui annonce qu'il la quitte : « So long, funny girl ! »...
Des décors somptueux, de magnifiques costumes (comme toujours avec Irene), l'humour ravageur du personnage de Fanny Brice, mais surtout Barbra Streisand dans son tout premier rôle sur grand écran : merveilleuse, intense, étourdissante, ensorcelante, éclatante, sensationnelle. Rien que pour elle, même si vous n'êtes pas trop fan de comédies musicales, prenez la peine de voir ce film éblouissant et touchant (grâce à elle ; il y a tant d'amour dans ces yeux-là !) : c'est l'une des plus réussies comédies musicales américaines des années 60, un véritable feu d'artifice !!!
'FUNNY LADY':
Suite et fin de l'histoire de Fanny Brice, ce second volet, strictement aussi réussi que le premier, cette fois-ci entièrement mis en scène par le chorégraphe et réalisateur Herbert Ross (une quinzaine de comédies musicales à Broadway entre 1951 et 1980 et 24 longs-métrages pour le grand écran entre 1958 et 1995 dont 'Le tournant de la vie' qui lui valu l'Oscar du meilleur réalisateur en 1978 ; il est mort en 2001), images du célèbre directeur de photographie d'origine chinoise James Wong Howe (dont ce fut le tout dernier travail puisqu'il est mort l'année d'après), cette fois-ci en Panavision et Eastmancolor, parfaitement restauré bien sûr (image et son), d'une durée de 2h16mn et sans intro ni entracte, 'Funny Lady' commence exactement où se terminait 'Funny Girl'.
Nick Arnstein (Omar Sharif, désormais déjà grisonnant : ce film a été tourné 7 ans après le premier) ayant fait parvenir les papiers de leur divorce à Fanny, celle-ci est désormais bien obligée de tirer un trait sur leur histoire. Comme Florenz Ziegfeld ne trouve plus l'argent nécessaire au montage de ses revues à cause du krach, Fanny accepte de travailler avec l'inculte et hâbleur Billy Rose (l'excellent James Caan) qui, malgré des méthodes douteuses, a suffisamment d'argent à sa disposition pour permettre à Fanny de poursuivre sa carrière. Leur premier spectacle en commun à Broadway sera toutefois une totale catastrophe, tant le pingre en lui avait pris le dessus sur le producteur. Revu et corrigé par elle en tournée en province et transformé en quasi 'one woman show' à sa gloire par Fanny Brice, le spectacle sera finalement acclamé à Broadway à leur retour. Lancé par ce succès, Billy Rose, devenu entre-temps l'amant, puis le nouveau mari de Fanny, lance immédiatement une autre revue, aquatique celle-là, avec une ravissante nageuse en vedette et dont le succès sera lui aussi énorme. Devenu un entrepreneur extrêmement pris par son travail et négligeant Fanny qui retrouve Nick (qui est venu la voir de temps en temps sur scène et qui est désormais marié à une très riche héritière et qu'elle-même est allé voir régulièrement jouer au polo), Billy, en la trompant avec sa nageuse vedette, mettra fin à leur mariage après seulement 4 ans. Poursuivant leurs carrières respectives, ils ne se reverront que bien des années après, lui en tant que nouveau propriétaire du théâtre Ziegfeld, elle en tant que vedette de la radio, pour évoquer le 'bon vieux temps'...
Avec aussi Roddy McDowall, le Jean-Claude Brialy américain, qui tint dans la vraie vie le même rôle que celui qu'il tient dans ce film aux côtés d'Elizabeth Taylor avec laquelle il débuta à l'écran dans 'Fidèle Lassie' en 1943, et Ben Vereen ('Sweet Charity', 'All that jazz', 'Roots', 'Grey's anatomy', 'How I met your mother').
Réalisé avec tout autant de soin que le premier volet du diptyque, 'Funny Lady' nous vaut une Barbra un peu plus âgée, déjà femme, aux rondeurs avantageusement mises en valeur par la costumière du film, plus tout à fait aussi touchante que l'encore presque jeune fille de 'Funny Girl', mais désormais vraiment désirable, très sûre d'elle, totalement séduisante, évoluant au milieu de superbes décors et dans de magnifiques costumes (dont certains sont très évocateurs). Aussi bouclez la boucle en allant jusqu'au bout de la vie de cette 'drôlatique' meneuse de revue qui sut pallier un physique 'difficile' par un immense talent comique (elle fut une sorte d'Henri Salvador américaine d'alors en fait) et que le show continue !
A noter: dans le même genre, vous pouvez aussi voir la comédie musicale 'Star!' de Robert Wise avec Julie Andrews sur la vie de Gertrude Lawrence, une autre gloire du Broadway d'antan