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5.0 étoiles sur 5
Furtwängler IV, 22 décembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Furtwängler dirige Beethoven, Brahms, Bruckner, Schumann... enr. 1942-1954 - 6CD - (Coll. Original Masters) (CD)
Quatrième coffret édité par DG consacré à Furtwängler, couvrant un peu plus d'une décennie, de 42 à 54, recentré sur son répertoire et rassemblant des prises de studio sur bandes magnétiques et des concerts avec Berlin.
A l'instar des précédents coffrets, tout est remarquable tant par la qualité des transferts (qui permet de disposer de témoignages dans un très bon son) que par la diversité des styles, courant sur ces 12 années, et des oeuvres.
D'une manière générale, c'est la gravité qui domine ces lectures mais en s'exprimant différemment selon les périodes; guerre, après guerre (attente du permis de diriger, blocus) et années 50.
Sommet (connu et déjà édité séparément) du coffret, la 9ième de Bruckner en studio (de fortune) sous les bombardements (oct 44) et dans une ambiance tendue. Elle ne sera plus enregistrée. C'est une lecture habitée, puissante, dramatique, contrastée et très émouvante (sublime adagio). C'est le pendant de sa lecture de la 8ième 10 jours plus tard. C'est un sommet de la discographie de la 9ième (le sommet avec Jochum en 54 voire 64?) .
Une 39ième de Mozart de studio de 42 ou 43 (différente de celle du coffret 42/44, en concert) sombre, dramatique mais envoutante et virtuose.
Dans Egmont, Leonore 2, Suite 3 de Bach (avec Berlin au grand complet!) et surtout les Métamorphoses de Strauss, on peut percevoir l'accablement et le désespoir dans ces années d'après guerre.
La dernière période est dominée par une 3ième de Brahms plus apaisée et détendue, un rien plus lumineuse qu'une 1ière exceptionnelle mais plus grave, un Glück (Ouv Alceste) noble et monumental, une 1ière de Schumann (la seule avec Vienne et son seul enregistrement?) aux tempi plus lents et aux couleurs presque chatoyantes, une extraordinaire Fugue de Beehoven (concert avec effectifs complets) ainsi que des ouvertures Rosamünde et Euryanthe caractéristiques du dernier Furt.
La 8ième de Beethoven, en concert, certes mieux enrgistrée que l'officielle emi, grandiose, reste très sérieuse, manque de chaleur et de poésie.
Enfin un CD d'interview du chef sur divers thèmes, en allemand et non traduit (ni en français ni en anglais). C'est la seule déception de ce coffret. Il faut absolument faire appel à un germaniste (patient) de l'entourage.
Un quatrième coffret DG tout aussi indispensable que les précédents et à recommander sans réserves, le contenu artistique prévalant largement sur un son mono mais de qualité et prenant (le son Furtängler) qui se fait oublier.
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