Il y a une âme dans Fuzzy, un truc americain dans le bon sens du terme. Une bande originale d'un film qui se deroule dans notre immagination: des routes interminables, des motels miteux, une melancolie façon Springsteen. Chaque chanson colore ce recit musical de l'Amerique ronflante des années 90. Folk jazz avec les titres "Shinning hour" et "Dixie drugstore" , rock engagé parfois ( "America snoring" ) et surtout de très belles ballades où la voix d'ange delavée de Grant Lee Phillips se fait narratrice du blues. On est transporté dans un no man's land, paysages et emotions en friche. Même si "Fuzzy" est l'oeuvre d'un pays, d'une culture, sa poésie est touchante, on arrive à la saisir, à la materialiser. Le voile des années ternit certes, mais l'authenticité reste. A ecouter comme on lit un bon bouquin, temoin d'une decennie, d'un peuple, d'une poésie.