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4.0 étoiles sur 5
Géographie et Capital David Harvey,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Géographie et capital : Vers un matérialisme historico-géographique (Broché)
Dans la continuité de la pensée de Henri Lefebvre et de sa théorie de la production de l'espace, David Harvey, à partir d'une matrice des spatialités, montre assez bien dans le cadre d'une perspective théorique marxiste que toute appréhension d'un espace doit "incorporer l'ensemble de la géographie et de l'histoire" pour saisir toutes les tensions dialectiques, tous les rapports sociaux (pas exclusivement de classe ) construits par le capitalisme à l'échelle mondiale, pour saisir les résistances et les alliances de classes nécessaires au niveau des régions ou des états pour une implantation fructueuse du capital. Ainsi le capitalisme ne survit qu'en fonction d'un développement géographique inégal et constant par destruction continue de valeur, dislocations sociales et dégradations environnementales accompagnées de réimplantations territoriales plus favorables afin d'écouler ses excédents et continuer à reproduire de la valeur par destruction-réimplantation.On peut parler "d'incarnations paysagères" du capital au niveau des villes , des régions, des états; incarnations qui nous façonnent très profondément:" En transformant notre environnement nous nous transformons nous-mêmes". Ce processus d'accumulation/dévalorisation par dépossession est possible par appropriation parfois violente, parfois masquée du "travail mort", du patrimoine culturel ou des biens communs des peuples, des services publics, des excédents du travail vivant, des ressources naturelles par colonisation de territoires ou par les guerres, par les expropriations, le pillage des patrimoines urbains, forestiers etc.. Tout ceci explique à la fois l'expansion démesurée des villes, les zonages urbains, la valeur des quartiers huppés centraux, à l'inverse la dissémination territoriale des pauvres dans les périphéries. Le thème ressassé d'une "reproduction élargie du capital" masque mal la violence destructrice et illimitée d'un capitalisme essentiellement prédateur ( cf. Rosa Luxembourg) . Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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