Revue de presse
« Et pour toi, l'école, qu'est-ce que c'est ? ». C'est sur cette phrase que se termine ce dernier tome de GTO, série se hissant au rang des grands classiques du manga humoristique.
Ce tome réunit toutes les ficelles de la série pour notre plus grand bonheur.
Le sacrifice et la bienveillance des adultes pour leurs élèves est à son apogée. Shibuya met le feu à l'école. Mais Daimon le convainc de redevenir normal. Tandis que Sakurai, Yoshikawa, et les rares professeurs restés dans le collège parviennent à s'échapper, Daimon se sacrifie en s'enfermant dans l'établissement. Cernée par les flammes, les sapeurs-pompiers ne pouvant intervenir, elle demande à Sakurai d'être déclarée responsable de l'incendie à la place de l'élève pour le mal qu'elle lui a fait... Supporter et prendre sur soi à la place de l'élève, une recette bien connue de GTO.
Ce dernier tome est aussi l'occasion d'une gigantesque réunion de personnages. Tout le monde a besoin du Great Teacher Onizuka... Mais il n'est pas là. Il n'est plus là. Les bandes de yakuzas arrivent du quartier de Shonan et envahissent l'hôpital. Le policier Saejima comprend qu'il est arrivé quelque chose. L'ami de toujours Ryuji est au bord du lit. Fuyutsuki est en larmes. Kanzaki se taille les veines. Teshigawara a soudain une pensée pour Onizuka alors qu'il est dans sa cellule. Ils sont tous là. C'est à un final rempli d'émotions que l'on a affaire. Au-delà, l'auteur décide de faire un lien avec la série précédente, Young GTO. Il introduit un personnage jamais vu dans GTO, mais bien connu des lecteurs de Young GTO. L'effet dramatique sera renforcé pour les uns et plus mitigé pour les autres, même si tout le monde peut comprendre ce que représente ce personnage pour Onizuka.
Et bien sûr, l'humour et l'action sont toujours au rendez-vous. Les professeurs tentant de sauver ce qui leur est cher dans le collège, c'est juste à mourir de rire. Une bonne dose d'action est délivrée au moment adéquat.
Le découpage des cases a été étudié pour que l'effet dramatique soit dynamique, les doubles pages et les gros plans sur les visages n'ont jamais été aussi nombreux pour souligner l'importance des réunions de personnages et les émotions. A noter la présence d'un chapitre bonus venant conclure le tome, portant sur un mini-scénario totalement décalé mais présentant très peu d'intérêt... Dommage.
Ce dernier tome est donc un concentré de tout ce qui a fait le succès de GTO, en plus d'achever l'histoire de fort belle manière. Une rentrée, de nouveaux professeurs au départ rapidement désabusés mais retrouvant vite leur volonté, de nouveaux élèves réticents.
Ce tome 25 présente donc une fin de manga très satisfaisante (cela est pourtant rare), un auteur généreux, un style présent à chaque page. Ce n'était pas du tout évident lors des tomes précédents, mais on peut l'affirmer désormais : la fin de GTO fut agréable et quel soulagement de voir que ce dernier tome est l'un des meilleurs de la série !
Rogue
(Critique de www.manga-news.com )
Biographie de l'auteur
Son enfance est bercée par les manga et les animes, plus particulièrement ceux de Go Nagai (le créateur de Goldorak) à qui il voue une grande admiration. Dès la maternelle, il dessine sans relâche et il crée son tout premier manga à l’école primaire ! Mais, c’est au collège qu’il se lance vraiment dans la réalisation de manga, créant ses propres histoires comiques ou parodiant des animes bien connus. Durant toute sa scolarité, Tôru Fujisawa est un élève moyen et plutôt dissipé mais il obtient tout de même quelques prix dans les matières artistiques. Après le lycée, il lance un fanzine avec des amis. C’est le déclic, il décide de devenir mangaka. Il s’installe alors à Tokyo où le Magazine Fresh accepte de prépublier son premier manga, Love you, en 1989. Parallèlement, il devient l’assistant d’un célèbre mangaka. Ce sera pour lui une expérience très formatrice, qui lui permet notamment d’affiner son sens de la perspective et des détails.
Ensuite, les succès s’enchaînent. Tout d’abord avec Adesugata Junjô Boy, l’histoire d’un garçon que son père oblige à se déguiser en fille. Puis avec Shonan Junaï Gumi (Young GTO) qui marque le début des aventures de son personnage fétiche Eikichi Onizuka et de son compère, Danma Ryuji. Après 31 tomes et 6 ans de travail, Fujisawa met un terme à la série pour se consacrer à la rencontre d’Onizuka et Ryuji dans Bad Company. En 1997, il débute la série qui lui vaudra une renommée internationale : GTO (Great Teacher Onizuka), dans laquelle Onizuka devient le professeur le plus anticonformiste du Japon. Prépublié dans Shonen Magazine, le titre connaît un immense succès et remporte le prix Kodansha. Profondément ancrée dans la réalité et subtilement déjantée, la saga d’Onizuka doit beaucoup au sens de l’observation acéré de Fujisawa. C’est son quotidien qui l’inspire, ses amis, ses assistants, les émissions qu’il regarde à la télévision, l’attitude des passants ou même les conversations des inconnus dans le métro !
À peine GTO achevé, Fujisawa se lance dans une série plus sombre : Rose Hip Rose, qui mêle humour, action et hémoglobine. La publication est interrompue courant 2003, mais en 2006, il reprend l’histoire, la termine et, surtout, écrit une histoire parallèle sur le même thème : Rose Hip Zero. Au même moment, Fujisawa participe à la série Wild Baseballers en tant que scénariste. La même année, il prépublie également Himitsu Sentai Momoider dans le Weekly Young Jump Magazine.
Fujisawa débute ensuite une série en trois volumes qui mêle enquête policière et histoire fantastique, Tokkô.
Travailleur acharné, Fujisawa bouillonne d’idées nouvelles et de scénarios à explorer, mais il considère que ce sont les personnages eux-mêmes, qui font évoluer l’histoire en l’orientant de telle ou telle manière. Ce qui ne l’empêche pas d’accorder un soin maniaque à ses dessins qu’il corrige inlassablement dans les moindres détails, jusqu’à obtenir la perfection !
En 2007, Fujisawa amorce un nouveau virage dans sa carrière, en revenant à l’univers scolaire avec Kamen Teacher, l’histoire d’un professeur aux méthodes peu conventionnelles, chargé d’enseigner à une classe de voyous ! À peine la série achevée, il enchaîne avec un nouveau titre, Reverend D qui réserve sans doute de nouvelles surprises.
Quoi de plus étonnant pour un mangaka qui déclare chercher à toujours surprendre ses lecteurs ? (Pika)