Misuzu Daimon est la nouvelle directrice d'établissement. Et elle compte bien se passer d'Onizuka. Derrière son côté sexy se cache un machiavélisme sans limites. Elle met en place une savante stratégie pour mettre Onizuka à la porte. Elle va en premier lieu annuler la titularisation du Great Teacher, exiger qu'il n'habite plus dans l'établissement et tenter d'obtenir l'adhésion des élèves en leur offrant de tous nouveaux équipements personnels. Enfin, elle instaure un système de points au mérite pour payer les enseignants !
Ces méthodes peu orthodoxes donnent lieu à des situations où l'humour fonctionne véritablement, contrairement aux précédents tomes où une redondance se faisait sentir. Trouver un nouveau logement, gagner des points en effectuant des tâches complexes (ramener des élèves reclus chez eux à l'école, réintégrer un élève victime de bizutage etc...) sont autant d'épreuves pour Onizuka, ce qui offre une diversité certaine et plaisante tout au long de ce tome. Malheureusement, l'auteur retombe dans ses travers au final : voyant qu'elle ne parvient pas à décourager Onizuka, la directrice fait appel à des élèves marginaux... on a déjà trop vu ça, même si la nouvelle petite peste s'annonce plutôt convaincante.
Le tome comprend aussi quelques pages bonus avec des mini-aventures en SD narrant les exploits de l'auteur au boulot et en-dehors. Des pages très sympathiques et remplies de références à la culture et au mode de vie nippons (loisirs des mangakas, cuisine etc...).
Rogue
(Critique de www.manga-news.com )
Son enfance est bercée par les manga et les animes, plus particulièrement ceux de Go Nagai (le créateur de Goldorak) à qui il voue une grande admiration. Dès la maternelle, il dessine sans relâche et il crée son tout premier manga à l’école primaire ! Mais, c’est au collège qu’il se lance vraiment dans la réalisation de manga, créant ses propres histoires comiques ou parodiant des animes bien connus. Durant toute sa scolarité, Tôru Fujisawa est un élève moyen et plutôt dissipé mais il obtient tout de même quelques prix dans les matières artistiques. Après le lycée, il lance un fanzine avec des amis. C’est le déclic, il décide de devenir mangaka. Il s’installe alors à Tokyo où le Magazine Fresh accepte de prépublier son premier manga, Love you, en 1989. Parallèlement, il devient l’assistant d’un célèbre mangaka. Ce sera pour lui une expérience très formatrice, qui lui permet notamment d’affiner son sens de la perspective et des détails.
Ensuite, les succès s’enchaînent. Tout d’abord avec Adesugata Junjô Boy, l’histoire d’un garçon que son père oblige à se déguiser en fille. Puis avec Shonan Junaï Gumi (Young GTO) qui marque le début des aventures de son personnage fétiche Eikichi Onizuka et de son compère, Danma Ryuji. Après 31 tomes et 6 ans de travail, Fujisawa met un terme à la série pour se consacrer à la rencontre d’Onizuka et Ryuji dans Bad Company. En 1997, il débute la série qui lui vaudra une renommée internationale : GTO (Great Teacher Onizuka), dans laquelle Onizuka devient le professeur le plus anticonformiste du Japon. Prépublié dans Shonen Magazine, le titre connaît un immense succès et remporte le prix Kodansha. Profondément ancrée dans la réalité et subtilement déjantée, la saga d’Onizuka doit beaucoup au sens de l’observation acéré de Fujisawa. C’est son quotidien qui l’inspire, ses amis, ses assistants, les émissions qu’il regarde à la télévision, l’attitude des passants ou même les conversations des inconnus dans le métro !
À peine GTO achevé, Fujisawa se lance dans une série plus sombre : Rose Hip Rose, qui mêle humour, action et hémoglobine. La publication est interrompue courant 2003, mais en 2006, il reprend l’histoire, la termine et, surtout, écrit une histoire parallèle sur le même thème : Rose Hip Zero. Au même moment, Fujisawa participe à la série Wild Baseballers en tant que scénariste. La même année, il prépublie également Himitsu Sentai Momoider dans le Weekly Young Jump Magazine.
Fujisawa débute ensuite une série en trois volumes qui mêle enquête policière et histoire fantastique, Tokkô.
Travailleur acharné, Fujisawa bouillonne d’idées nouvelles et de scénarios à explorer, mais il considère que ce sont les personnages eux-mêmes, qui font évoluer l’histoire en l’orientant de telle ou telle manière. Ce qui ne l’empêche pas d’accorder un soin maniaque à ses dessins qu’il corrige inlassablement dans les moindres détails, jusqu’à obtenir la perfection !
En 2007, Fujisawa amorce un nouveau virage dans sa carrière, en revenant à l’univers scolaire avec Kamen Teacher, l’histoire d’un professeur aux méthodes peu conventionnelles, chargé d’enseigner à une classe de voyous ! À peine la série achevée, il enchaîne avec un nouveau titre, Reverend D qui réserve sans doute de nouvelles surprises.
Quoi de plus étonnant pour un mangaka qui déclare chercher à toujours surprendre ses lecteurs ? (Pika)