5.0 étoiles sur 5
initiales SG, 27 janvier 2010
De Piaf à Mesrine en passant par Coluche ou Sagan, les biopics se multiplient depuis quelque temps, mais pourquoi pas tant que la qualité est au rendez-vous? Le danger, bien sûr, est de se limiter à une série de clichés ou à un numéro de mimétisme. Heureusement, Joann Sfar évite ces deux pièges grossiers. Il offre au contraire de Gainsbourg un portrait nuancé, tendre, pudique. Le portrait d'un homme et d'un artiste en perpétuel devenir, à la fois génial et fragile, riche de ses paradoxes et qui eut la chance de croiser sur sa route des muses incomparables. Le point fort du film est évidemment son casting. Eric Elmosnino, dans le rôle-titre, est absolument stupéfiant de vérité. A ses côtés, Casta, en BB, brille autant par ses dons de comédienne que par sa plantureuse anatomie. Quant à Lucy Gordon, hélas tragiquement disparue en 2009, elle est magnifique dans le rôle de Birkin. Cela dit, la mise en scène mérite aussi son lot d'éloges. Fraîche, inventive, audacieuse, elle est à mille lieues des biographies calibrées et impersonnelles que nous sert trop souvent Hollywood. On va sans doute dire que je m'avance beaucoup, mais je crois que Gainsbourg aurait aimé ce film. En tout cas, pour moi, c'est un sans-faute.
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23 internautes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Déconcertant, 29 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gainsbourg - vie héroïque, le film (César 2011 du Meilleur Premier Film & Meilleur Acteur) [Blu-ray] (Blu-ray)
Eh bien, que voilà un biopic déconcertant !
Sfar réussit la prouesse de nous livrer un conte sur Gainsbourg, une vie fantasmée et effectivement héroïque du jeune Lucien Ginsburg, qui se voit hanté par un double faustien (moitié animation, moitié acteur), et va devenir le Serge Gainsbourg que l'on connait. Un film inspiré par Gainsbourg, donc, mais ne prétendant pas vraiment le raconter.
Ainsi on n'entendra par exemple pas parler de ses collaborations avec Françoise Hardy ou Deneuve, ni même de l'importance de Jean-Claude Vannier sur le succès de l'Histoire de Melody Nelson. Sfar ne se veut pas exhaustif. Il a l'histoire d'une transformation à raconter : celle de Ginsburg en Gainsbourg, puis en Gainsbarre.
Le ton onirique du début du film est tout simplement captivant, parfait pour apporter affection et distanciation sur le personnage de Gainsbourg. Hélas, au fur et à mesure que le Gainsbourg devient son double Gainsbarre, l'onirisme s'efface et laisse place à une accumulation d'anecdotes plus dans le style classique du Biopic, du type "voici mon Curriculum Vitae", et donc moins savoureuses. Presque ennuyeuses.
Moralité : plus la transformation avance, plus on retombe sur la sacro-sainte image de Gainsbourg, et plus le film perd son intérêt, sa folie, sa monstruosité salvatrice. Dommage.
Niveau mise en scène, c'est un coup d'essai complètement transformé pour Sfar, qui, s'il s'essouffle sur la fin, victime du monstre sacré qu'il a tenté de croquer et des inévitables besoins de coller tout de même à la réalité que l'on connait de lui, remplit parfaitement son contrat de cinéaste. Une prouesse sur un sujet aussi casse-gueule, pour un premier film.
Le casting est admirable, et les acteurs-ices choisi-e-s pour incarner les célébrités et femmes qui jalonnent le parcours de Gainsbourg sont tous parfaits (à par Chabrol, dont on se demande ce qu'il fait là, et l'épouvantable Sara Forestier et son interprétation pénible de France Gall - les seules fautes de goût du cast !)
La musique est bien entendu culte, et les arrangements procédés pour nettoyer les thèmes si connus de Gainsbourg sont excellents.
Conclusion : un film pas complètement réussi, mais étonnant sur ses premiers 2/3. Une curiosité.
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