Galadio, c'est le prénom africain d'un adolescent de Duisbourg dans l'Allemagne des années 30.
Né d'un père méconnu d'origine africaine, soldat de l'armée française, et d'une mère allemande, Ulrich, alias Galadio, découvre amèrement sa différence à l'aube de la 2ième guerre mondiale.
L'Allemagne nazie, qui est en train de jeter ses fondements, persécute également les gens de couleur, symboles de la souillure du sang aryen par l'armée qui occupait son territoire après la cuisante défaite de 1918.
Enlevé à sa mère, il est conduit dans un hôpital où les autorités ont décidé de stériliser de façon ignoble les ados à la peau noire.
C'est dans ce contexte, et sans son accord, qu'il est choisi et emmené par une équipe de cinéastes pour faire partie d'un groupe de figurants noirs, pour le tournage d'un film ayant pour cadre les heures glorieuses de l'Allemagne sur le continent africain.
Vont se succéder une série d'évènements qui vont le conduire sur la terre de ses ancêtres, où il se mettra en quête de sa famille africaine ainsi que de son père.
C'est cet aspect méconnu de l'histoire du XXe siècle que Didier Daeninckx, solidement documenté, nous invite à découvrir sous sa plume talentueuse.
Et l'on ne peut que vibrer et souvent se sentir honteux du sort qui fut réservé à nombre de nos semblables, qu'ils soient noirs, juifs, handicapés ou tziganes...
A travers ce récit, Daeninckx nous convie, sous un autre éclairage, à nous souvenir bien sûr, mais aussi à faire le parallèle avec tout ce que d'autres peuples subissent depuis des décennies et ce jusqu'à nos jours, parce qu'ils sont différents, parce que la convoitise des uns et la bêtise des autres ne trouvent d'autre exutoire que la souffrance humaine.
Poignant !