Ce recueil réunit des textes, entre autres des inédits, écrits entre 1989 et 1998, choisis avec l auteur spécialement pour l édition française. Les deux premiers ensembles sont composés de fragments autobiographiques et d essais sur la poétique et sur des écrivains comme Canetti, Büchner ou encore Heiner Müller, qui l a découvert et introduit auprès de son éditeur. Le dernier ensemble est entièrement consacré à la zoologie, aux monstres des profondeurs notamment. Sans doute, Grünbein est fasciné par les corps. Il essaie donc de tisser des liens entre les corps et la poésie. Quel rapport entre les nerfs du crâne des vertébrés et la poésie ? Quel chemin conduit des nageoires des poissons à la comédie humaine, de la prose rythmée à l évagination du cerveau dans le nerf facial ? Ces étranges questions hantent l écriture scrupuleuse et énergique de Grünbein. Mais il ne s agit pas de ramener la poésie à la physiologie, l âme au corps, bien au contraire. Galilée, nous prévient Grünbein, arpente l enfer de Dante et n en retient que les dimensions. Voilà le problème. Et les monstres, les profondeurs dans lesquelles ils vivent sauraient-ils contribuer à donner une réponse ? Peut-être un début de réponse ; car leur monde est transhistorique et donc exempt de tout ce qui caractérise notre propre histoire.