Ce coffret comprend deux films d'animation de René Laloux, l'un déjà ancien, La planète sauvage, l'autre plus récent, Gandahar, qui permettent de mesurer l'évolution des techniques d'animation dans le temps.
Si les deux oeuvres sont excellentes, ma préférence va nettement à La planète sauvage qui mérite cinq étoiles tandis que je mettrais plutôt quatre étoiles à Gandahar.
La planète sauvage est un film d'animation de science-fiction tourné en 1973 avec des moyens qui nous paraissent rudimentaires aujourd'hui, mais dont se dégage une magie indéfinissable. On est marqué durablement par ce film, que l'on soit enfant ou adulte.
Pourquoi ? Sans doute parce qu'il évoque davantage les choses qu'il ne les montre et qu'il nous confronte à tout moment à notre condition humaine, à travers le traitement des Oms par les Draags.
Ce film envoûtant nous renvoie à notre condition humaine à un double titre : nous nous sentons naturellement solidaires des Oms dans leur lutte pour s'affranchir des Draags et échapper à leurs terribles campagnes de déshominisation mais en même temps, le traitement des Oms par les Draags nous fait réfléchir à notre propre attitude par rapport au monde animal.
La planète sauvage a été a été couronnée à juste titre par le prix spécial du jury à Cannes en 1973.
Le film ne dure que 72 minutes et son Le synopsis est simple. Sur la planète Ygam vivent des géants Draags. Leurs animaux de compagnie sont des hommes en provenance de la planète Terra, les Oms. Quelques enfants Draags jouent et tuent une jeune mère Om en s'amusant. Son bébé est recueilli par la fille d'un haut dignitaire Draag, Tina, qui le baptise Terr.
Le petit Om et la jeune Tina sont inséparables. Par Hasard, Terr parvient à se brancher sur les leçons de Tina et apprend le langage et les connaissances des Draags.
A l'adolescence, il s'enfuit avec l'appareil pédagogique de Tina et rejoint les Oms sauvages qui vivent dans un parc.
Il y tombe amoureux et doit faire ses preuves, et affronter une gigantesque et terrible campagne de déshominisation.
Réalisé par René Laloux, auteur de plusieurs des meilleurs films d'animation français, sur des dessins de Roland Topor, La planète sauvage a été produit en grande partie à Prague.
René Laloux explique de façon très chaleureuse dans différentes interviews figurant dans les bonus des DVD ses démêlés avec Topor et les vicissitudes de la production en Tchécoslovaquie.
Le film est inspiré d'un roman de science-fiction français, Oms en série, écrit par le romancier français Stéphane Wul. Le roman, écrit dans une très belle langue, dégage la même magie que le film. Souvent recommandé dans les collèges et les lycées, notamment lors de la sortie du film, le livre a marqué beaucoup de personnes, dont votre serviteur.
Gandahar est plus moderne dans sa réalisation mais aussi plus complexe quant à son scénario et moins magique que La planète sauvage. Sur une planète, les habitants des villages les plus reculés sont transformés en pierres. Le phénomène se répand et devient inquiétant. Un enquêteur est chargé d'instruire ce mystère. Il va faire d'étranges découvertes.