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Contrairement aux albums monocordes et désenchantés des nouveaux parvenus de la chanson française,
Gargilesse ne sécoute pas sur le mode mineur du fait maison, bricolé sur un coin de table et réalisé en une seule prise dans un studio de fortune. Aux accords ternes du minimalisme, Florent Marchet, auteur-compositeur de 28 ans, préfère les arrangements avec cors, cornets à piston, clavecins, orgues, clarinettes et autres glockenspiels. Pour mieux ciseler ces mélodies, Marchet a invité quelques privilégiés tels le guitariste-multi-instrumentiste François Poggio (Erik Arnaud, La Grande Sophie) ou le batteur Pete Thomas (Elliott Smith, Suzanne Vega, Elvis Costello). Si certaines de ses intonations suggèrent Souchon et son côté rural, le Murat des champs, sa causticité évoque Miossec (dailleurs caution de "Je men tire pas mal"), et sa précision Dominique A. Jusquici
Gargilesse ne désignait que le nom du village de George Sand au cur du pays berrichon ; c'est aussi désormais une collection de chansons mélancoliques – de la perte des anciens amis "Levallois" à la réalité dune tournante "Le terrain de sport" –, signées Florent Marchet.
--Sabrina Silamo
Critique
Ce premier album de Florent Marchet l’a révélé au grand public. Il y a montré sa façon de manier la langue, simple et poétique, et son goût pour les compositions lumineuses.
Il puise dans son histoire (ou nous le fait croire en utilisant de manière quasi systématique la première personne) pour raconter les joies et les tourments d’un presque trentenaire. Le premier morceau,
« Levallois Perret », annonce la couleur : « Alors tu t‘es marié à Levallois Perret / tu as trouvé une maison / Et un job à la con / Tu ne descends pas souvent / Juste pour voir tes parents / Je les croise parfois / Mais on ne se parle presque pas / C’et peut-être mieux comme ça ».
Dans le même esprit les morceaux
« Je n’ai pensé qu’à moi » ou
« Tous Pareils » sont des constats au vitriol. On sent, sur l’ensemble de l’album, un rejet du compromis et des petites trahisons. Cet aspect le rapproche d’un Miossec, que l’on retrouve dans les chœurs de
« Je m’en tire pas mal », même si sa manière d’aborder la chanson est différente (plus viscérale pour Miossec, plus intellectuelle pour Florent Marchet).
Florent Marchet attache une importance toute particulière aux perdants magnifiques au travers de morceaux très visuels. Il y aborde des sujets difficiles comme le drame de l’anorexie sur
« Fantôme » ou des tournantes sur
« Le Terrain de sport ».
Musicalement, il se rapproche d’un songwriting à l’américaine où les arrangements accompagnent les morceaux sans remplir tout l’espace et affaiblir les chansons. Florent Marchet possède et maîtrise chacun des instruments (guitare, orgue mais aussi clavecin, flûte, cordes…) et leur attribue leur juste place. Cet album désenchanté gagne en saveur et en force à chacune de ses écoutes.
Christophe Deniau - Copyright 2012 Music Story