Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées. Ce roman visuel qui se décline dans des tons d'or, de cuivre et d'azur, s'impose également comme la chronique d'une certaine époque vouée, telle la fête qui porte en elle son lendemain, à n'être magnifique que le temps d'un air de jazz. --Sana Tang-Léopold Wauters --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
L'épitaphe d'un rêve américain,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gatsby le magnifique (Poche)
Le premier chef d'oeuvre de Francis Scott Fitzgerald est un épitaphe à la gloire d'un rêve. Paru en 1925, soit peu de temps après l'aventure de sa femme Zelda avec Jozan, un pilote de l'aviation française rencontré sur la Riviera, il est aussi une réitération de la croyance de l'auteur en un amour sublimé qui transcende les souillures charnelles.
Romantique, le roman l'est donc totalement. A la lumière du phare vert d'East Egg, il met à profit l'écriture d'un auteur au sommet de sa poésie pour animer des personnages -et surtout un Jay Gatz transformé en Trimalcion des "Années Folles"- qui ne sont que des sensibilités. Son amour pour Daisy, ce dernier l'a hissé au sommet de montagnes de bijoux, l'a fait couler chaque soir dans des verres d'alcool, et l'a écrit sur les cartons d'invitations à de flamboyantes soirées. Il n'en reste pas moins infiniment seul parmi la multitude d'ombres agitées et volubiles que la lune projette sur sa pelouse. Les nuits sont profondes, les éclats de rire poignants et le champagne mélancolique, tout baigne dans cette lumière un peu triste particulière aux romans de Fitzgerald, depuis longtemps passé maître dans l'art de définir les atmosphères et de capter l'instant. Mais cette fois, à travers l'histoire tragique de Gatsby, il nous livre aussi celle d'une époque, dont il ne se prive pas de faire la satire. La corruption du rêve américain, le reflux du transcendant dans une Amérique de l' « Ere du Jazz » au matérialisme conquérant, tout cela est concentré dans le jardin du bootlegger, où les riches -que l'écrivain n'aimait décidément pas !- ne se distinguent que par leur hypocrisie et leur superficialité. L'émouvant portrait d'une Amérique en train de perdre sa naïveté. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un petit caillou qui crisse sous la plume feutrée de Fitzgerald,
Par Nastasia Buergo (France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gatsby le Magnifique (Poche)
Je n'avais jamais rien lu de F.S. Fitzgerald avant Gatsby. De prime abord, j'ai trouvé le style plaisant mais pas transcendant et le fond pas non plus désagréable mais pas davantage à baver d'allégresse. L'histoire se déroule durant l'été 1920 aux États-Unis (à ce titre il peut être intéressant de le comparer à Manhattan transfer). L'auteur nous y décrit le monde très prout-prout de l'époque. À y réfléchir maintenant, je trouve que son livre a aujourd'hui une valeur documentaire (peut-être est-ce la raison secrète pour laquelle l'ouvrage a plus de succès maintenant qu'à sa sortie) et qu'il est, en ce sens, plus intéressant qu'il n'y paraît initialement. Gatsby est touchant de délicatesse à l'égard de son aimée. Les personnages secondaires féminins sont, il faut bien le reconnaître, assez caricaturaux mais très intéressants. J'ai beaucoup aimé la façon que l'auteur a de nous endormir dans le feutre du récit pour mieux nous bousculer, ainsi que ses personnages, dans le coup de tonnerre final. L'auteur nous livre également une réflexion sur la réussite sociale et le bonheur. Que ceux qui n'en veulent pas savoir davantage arrêtent la lecture de mon commentaire ici, pour les autres, voici le synopsis :
Nick Carraway, un jeune homme du Middle West américain atteignant la trentaine, se rend à New York pour travailler dans la finance comme agent de change. Par hasard, il trouve à louer une petite bicoque à Long Island, zone résidentielle très huppée et snob de la banlieue new-yorkaise. Sa demeure, presque invisible, est située dans West Egg entre deux énormes et luxueuses villas. De là, la vue est imprenable sur East Egg, l'endroit le plus cossu et sélect de toute la zone. C'est là qu'habite Daisy, sa cousine germaine et Tom Buchanan, son mari, issu de la même promotion que Nick à l'université Yale. Nick se rend un soir chez les Buchanan, qu'il connaît à peine, sur invitation de Daisy. Tom, beau et riche colosse, mais quelque peu bourru paraît végéter auprès de Daisy, laquelle semble tout autant s'ennuyer ferme avec son mari. Elle passe le plus clair de son temps avec son amie Jordan Baker, une joueuse de golf professionnelle. Tom, peu de temps après, demande à Nick de l'accompagner pour lui présenter sa maîtresse, Myrtle Wilson, la femme d'un garagiste sur la route qui relie New York à Long Island. Nick, témoin de l'inconstance de Tom, de l'enlisement du couple qu'il forme avec Daisy, n'aurait guère d'intérêt à fréquenter les Buchanan s'il n'y avait le rapprochement de plus en plus sensible avec la belle Jordan. Celle-ci s'étonne qu'il ne connaisse pas Gatsby puisqu'il habite West Egg, comme lui, et qu'on ne parle que de cet homme à la richesse fabuleuse. Gatsby, justement, c'est son voisin. C'est lui qui possède l'immense maison très animée qui occulte la misérable de Nick. Gatsby donne fréquemment des réceptions somptueuses qui accueillent des centaines de convives. Mais qui est Jay Gatsby ? D'où vient-il ? Que fait-il ? Les rumeurs les plus folles circulent sur son passé et sa fortune, même au sein de sa propre maison. C'est ce que Nick brûle de découvrir lorsqu'un jour il reçoit une invitation pour passer la soirée chez Gatsby. Une étonnante histoire va lier Nick, Tom, Gatsby, Jordan, Myrtle et Daisy... Comme souvent, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un extrait de dialogue: "- Ces chiens-là, j'en veux un! s'écria-t-elle. J'en veux un pour l'appartement. C'est tellement merveilleux d'avoir ça - un chien! Une rapide marche arrière nous mit à hauteur d'un vieil homme grisonnant (...). Dans une corbeille, qu'il portait autour du coup, gigotaient une douzaine de chiots au pedigree problématique. - De quelle race sont-ils? lui demanda-t-elle comme il se penchait vers la portière. - Toutes les races. Laquelle souhaitez-vous, madame? - J'aimerais un genre chien policier. Vous n'avez pas ça j'imagine? Le vieil homme jeta sur la corbeille un regard dubitatif, y plongea la main, en sortit, par la peau du cou, une petite boule frétillante. - ça n'a rien d'un chien policier, dit Tom. - Pas exactement policier, reconnut le vieil homme avec un soupçon de regret. Plutôt un airedale. Il lui frotta le dos, qui évoquait une serpillère brunâtre. - Touchez-moi cette fourrure. ça, c'est de la fourrure. Un chien comme ça, vous êtes tranquille, s'enrhumera jamais." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Magnifique !!!,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gatsby le magnifique (Poche)
Il pourrait s'agir là d'une histoire d'amour, de l'histoire d'un arriviste, d'une histoire un peu mondaine et superficielle, mais il n'en est rien. Comme tout grand roman de la littérature américaine Gatsby le Magnifique est un drame et d'emblée, on sait qu'il y aura drame. Jay Gatz dont la fortune fut rapide revient au pays où il espère retrouver celle qu'il n'avait pu épouser lorsqu'il n'appartenait pas au monde des gens hupés et chics. Mais quand il revient, elle est mariée à un autre et il n'aura de cesse de la reconquérir. Il montre son clinquant, étale sa fortune, en fait des tonnes comme le ferait tout être superficiel de cette société. Mais ce n'est qu'une apparence : c'est un homme seul, meurtri, sans véritable ami. Le drame annoncé arrivera. Jay Gatz, dit Gatsby le Magnifique mourra de ce que la vie ne lui a pas donné l'essentiel : l'amour.Roman extraordinaire de Scott Fitzgerald où l'atmoshère pesante du début à la fin nous mène au drame de manière inéxorable, où les apparences de bonheur des uns sont factices et cachent des souffrances. L'écriture de F.S.F est travaillée et fait de ce roman l'un des meilleurs de la littérature américaine. A lire en goutant l'esthétisme du travail de l'auteur. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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