Jack Clayton est surtout connu pour son film (Les chemins de la haute-ville -1959) qui permit à Simone Signoret d'obtenir un Oscar à Hollywood.
Peu prolifique comme réalisateur, Clayton entreprit, avec Francis Ford Coppola pour scénariste, de filmer la vie tapageuse du héros de F. Scott Fitzgerald. Pour celà il fit appel à deux immenses stars : Robert Redford, au sommet de sa splendeur physique, et Mia Farrow, qui sortait de personnages quelque peu "perturbés" (Rosemary's baby, de Polanski, et Terreur aveugle, de Richard Fleischer, notamment -1968 et 1971). Le film reçut 2 oscars (costumes et musique) mais ne connut pas le succès escompté.
Et franchement, c'est bien dommage. Car l'atmosphère est splendide, parfaitement restituée. Il n'est que d'entendre Daisy (Mia Farrow) s'écrier, en larmes "Les filles riches n'épousent pas les garçons pauvres" devant un Gatsby médusé, pour saisir tout le malentendu d'une société qui n'a pas grand chose à envier à la nôtre. Gatsby et Daisy s'aimaient, autrefois, mais Gatsby a dû partir à l'armée et Daisy a préféré épouser un prétendant de son rang, Tom Buchanan, un homme riche et grossier qui lui a assuré un train de vie de grand luxe, même s'il la trompe ouvertement avec la femme d'un simple garagiste.
Gatsby, de retour de l'armée, a tout fait pour devenir riche à son tour afin de reconquérir Daisy. Il croit fermement, en la retrouvant, qu'elle divorcera de son mari puisqu'il peut désormais lui donner ce à quoi elle est habituée. Il se trompe lourdement, et le drame qui en découlera ne fera qu'accentuer cette hypocrisie des relations entre différentes classes sociales.
Mais ce film est aussi l'occasion de retrouver un acteur exceptionnel, Scott Wilson (le garagiste) qui est surtout connu pour son rôle d'assassin dans "De sang froid" de Richard Brooks (1967) mais également dans le terrible "Pas d'orchidées pour Miss Blandish" (The Grissom Gang) de Robert Aldrich (1971) où, dans une scène culte il demande à sa mère d'aller foutre une raclée à la petite fille riche qu'ils ont enlevée parce qu'elle se refuse à lui et, pour bien lui faire comprendre à quel point il est "tendu", il agite devant elle une canette de bière qui finit par lâcher brusquement son jet de mousse....
The Great Gatsby est donc un film à redécouvrir, non seulement parce qu'il est beau et bien interprété, mais aussi parce qu'il repose intelligemment toutes les questions essentielles sur les rapports humains (Tom, le mari de Daisy, est ouvertement raciste et élitiste) qui sont toujours d'actualité.