Critique
Le rocker se doit d'être battu tant qu'il est chaud : quatre mois seulement après son coup d'essai, et malgré le départ malencontreux de son soliste et alter ego Cliff Gallup (trop de pressions, trop de tournées, trop de tout), Gene Vincent est convoyé toutes affaires cessantes en studio afin d'offrir une suite à
Bluejean Bop!.
Il accepte après avoir convaincu Gallup de participer aux sessions, ce qui permet à ce disque d'être un album plus : plus de performances (les musiciens ne sont plus désormais des gamins novices dans ces conditions d'enregistrements), plus de drame (le succès s'est abattu sur Vincent comme un cataclysme), et plus de discernement.
Outre quelques compositions originales exceptionnelles (
« You Better Believe », signée du guitariste) ou d'excellentes factures (le glauque
« Catman », un
« Cruisin' » emblématique d'un certain art de vivre adolescent à l'américaine), le chanteur s'attaque avec bonheur à quelques incunables :
« Unchained Melody », pourtant ressassée par des centaines d'artistes, prend ici une dimension crépusculaire. Gallup y joue de la guitare comme d'une mandoline, avec l'effronterie du génie surdoué. Et Vincent habite la mélodie avec l'aplomb d'un immense vocaliste, sombre, nerveux, et puissant.
On ne se situe pas forcément ici au cœur du rock and roll, mais très près du chef d'œuvre. Et cette année-là, les Blue Caps sont le meilleur groupe blanc en activité.
Christian Larrède - Copyright 2013 Music Story
Descriptions du produit
GENE VINCENT AND HIS BLUE CAPS - BLUE JEAN BOP