Diminué par la maladie qui l'a finalement emporté, Ray Charles s'est pourtant pleinement investi dans cet album de duos dont les dernières sessions d'enregistrement se sont déroulées quelques semaines seulement avant sa disparition.
Quel que soit le résultat final, ce disque possède ainsi une valeur quasiment historique, étant donnée la place que tient le Genius dans la musique populaire du XXè siècle.
Les ingrédients devant faire de cet album le testament artistique de Ray Charles avaient été savamment dosés :
- des invités prestigieux : B.B. King, Bonnie Raitt, James Taylor, Willie Nelson, Diana Krall...
- des chansons puisées parmi les grands standards américains ou dans le répertoire des artistes invités
- une production sobre mais soignée.
A l'écoute de ces 12 titres, on est hélas triste de constater que le problème vient de Ray Charles lui- même et de sa santé déclinante. Sa voix, autrefois rauque et puissante, n'est parfois plus qu'un murmure plaintif. C'est à la fois poignant et embarassant, notamment sur des morceaux que l'on connait déjà ("You don't know me" "Over the rainbow").
Restent quelques beaux moments, particulièrement avec Norah Jones ("Here we go again") et Van Morrison ("Crazy love" en live).
En conclusion, "Genius loves company" est un bel album mais on ne peut s'empécher de préférer se souvenir de Ray Charles à travers ses enregistrements des années 50 et 60.