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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Religionnaire - Destination Rock,
Par Religionnaire (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gentle Giant (CD)
Les frères Schulman obtiennent leurs premiers succès au sein du Simon Dupree & the Big Sound à une époque ou le R&B britannique se psychédélise. Frustrés par la limitation du format populaire de l'époque, les frangins transforment Simon Dupree en Gentle Giant avec le désir de s'affranchir de la dictature radiophonique anglaise. Ray, Derek et Phil conservent ainsi leur batteur Martin Smith, et recrutent le claviériste Kerry Minnear et le guitariste Gary Green. Le collectif signe alors chez Vertigo et obtient les services du producteur Tony Visconti qui reste aujourd'hui célèbre pour son travail auprès des icones glam Bowie et Bolan.Le premier album proposé par ces six multi-instrumentistes n'est pas aussi impressionnant ni aussi violent que le célèbre In the Court of the Crimson King (1969) mais reste en revanche plus complexe et aventureux. Ce cocktail musical, parmi les plus intelligents et singuliers du rock, y apparait déjà incroyablement mature. Un titre comme l'épique "Nothing at All" secoue déjà les conventions durant plus de neuf minutes avec autant d'audace que de sagesse. Ces quelques constructions très sophistiquées mais jamais fastidieuses mêlent admirablement hard rock, jazz et musique classique. L'alternance de gracieuses envolées médiévales et de passages plus musclés ponctués par des riffs lourds et originaux sonne comme une réconciliation impossible, une véritable amitié révolutionnaire divino-diabolique. Les rythmes binaires côtoient ainsi les canons et fugues au sein d'une musique qui séduit pourtant jusque dans ses formes extrêmes, purement instrumentales ou au contraire a capella. A l'image de l'évolution du groupe, les prestations vocales, littéralement fascinantes, semblent tirer la sirupeuse musique populaire anglaise vers des contrées libertines ou ancestrales qu'elle semble avoir oubliées. Ce genre d'excursion aboutit ici au premier classique du groupe, "Funny Ways", magnifique prestation de musique progressive de chambre délicate et enjouée. Il est intéressant de constater qu'à ce stade, le groupe n'a pas encore totalement écarté la possibilité de séduire un large public. Ce disque reste ainsi le seul à renfermer quelques digressions orchestrales majestueuses à la façon des Moody Blues ("Giant") ou d'un certain Paul McCartney ("Isn't It Quiet and Cold?"). L'aspect étrangement sobre de la reprise de "God Save the Queen" semble aussi indiquer que le groupe est encore capable de modérer ses ardeurs et son excentricité, ce qui n'enlève rien au caractère éminemment révolutionnaire de ce premier effort. L'album est à l'époque livrée avec un conte (Tall Tale) qui traite de l'amitié naissante des musiciens avec le fameux gentil géant, très amateur de leur musique (et "petit" copain de la fille de Gargantua). La pochette, qu'il faut évidemment déplier, en est l'illustration. Tristement occulté par la mise à jour, quelques mois plus tôt, du fameux In the Court of the Crimson King, Gentle Giant n'obtient qu'un succès plus modéré et une place plus modeste dans l'histoire. Si le premier dévoile la face sombre et apocalyptique du progressif naissant, le second dévoile avec autant d'audace sa face la plus lumineuse. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un éclectisme prononcé,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gentle Giant (CD)
Gentle Giant a été créé à la toute fin des années 60 par les frères Derek Shulman, Ray Shulman et Phil Shulman avec le guitariste Gary Green, le pianiste Kerry Minnear et plusieurs batteurs (John Weathers devint le batteur officiel du groupe à partir de 1972). Gentle Giant est un groupe de Art Rock Progressif aux multiples champs d'inspiration : jazz, rock, folk et même musique médiévale. Ce premier opus très éclectique montre l'étendue de leur talent et s'inscrit dans la veine progressive avec des variations perpétuelles de rythmes, l'utilisation d'instruments variés et originaux (flûte, saxo, violon et percussions diverses) et un jeu de voix très mélodique. Un album très prometteur, accessible malgré la relative complexité des arrangements. Les prochains albums permettront à Gentle Giant de s'inscrire ans la grande famille progressive même si ce groupe reste à ce jour assez méconnu.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
CHRONIQUE DE JEAN MARC BAILLEUX MAGAZINE ROCK&FOLK,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gentle Giant (CD)
CHRONIQUE DE JEAN MARC BAILLEUX MAGAZINE ROCK&FOLK NOVEMBRE 1975 N°106 Page 39/40GENTLE GIANT "GEANT" Il en est du rock et de la géographie du succès comme de la météo et des micro-climats ; des inepties, des particularismes, des exceptions isolées à des régles générales. Ainsi des artistes percent en France et nulle autre part ailleurs, comme ce fut le cas de Pete Brown, trouvent chez nous un succès hors de proportion avec celui qu'ils ont dans les autres pays (y compris le leur) comme Soft Machine ou Van Der Graaf Generator, ou on contraire, et c'est plus regrettable et non moins incompréhensible, y demeurent inconnus alors qu'ils trouvent partout ailleurs une reconnaissance à la mesure de leur talent : Et Gentle Giant est l'archétype de ce dernier phénomène. J'ai vu le groupe à Rotterdam dans une salle comble (comme la veille à Londres et le lendemain à Francfort), et je me suis fait administrer la preuve que Gentle Giant, en plus d'être un groupe d'exception par la nature de sa musique, un groupe exceptionnel par la qualité de celle-ci sur ses nombreux albums, était aussi un « stage show », un spectacle passionnant et sans bavure. Mais était-ce étonnant de la part de musiciens aussi chevronnés que les fréres Schulman et leurs acolytes, de la part de musiciens qui hantent la scène de rock depuis plus de dix ans (Simon Dupree & The Big Sound, « Kites » qui grimpait les hit-parade à Noël 67, c'était eux) et qui en sont, avec Gentle Giant, à leur septième album ? Du premier, « Gentle Giant », qui ne se voulait que le reflet de leur show d'alors, au tout récent et superbe « Free Hand », en passant par « Acquiring The Taste » qu'ils considèrent encore comme leur réalisation la plus expérimentale, leurs deux albums concept, « Three Friends » et « Power And The Glory », le luxuriant « Octopus » et le méconnu « In The Glass House », sept albums tous plus beaux les uns que les autres et qui font de Gentle Giant, partout sauf en France, un groupe du calibre de Genesis ou de feu King Crimson. Personne ne s'y était trompé, hormis leur maison de disques ici ; ils en ont changé, nous verrons bien ce que cela va donner. Il y a un son Gentle Giant immédiatement reconnaissable, et qui donne une grande unité à sa musique ; Un travail considérable au niveau des harmonies vocales, des canons très complexes, et jusqu'aux morceaux a capella ; des arrangements de rythmes d'une grande efficacité, et de timbres d'une grande finesse. Et tout cela sans jamais renoncer à la beauté, sans jamais friser la pédanterie ou l'intellectualisme gratuit, sans jamais générer le moindre instant d'ennui ; en conservant, par delà l'extrême imbrication des voix et des parties instrumentales et la complexité des arrangements , une apparente facilité, un savant dosage entre évidence et surprise, et surtout une incroyable aisance, sans prétention ni ostentation qui donne une dimension particulière au passage du groupe sur scène . Ce qui pourrait n'être qu'une démonstration technique musicalement stérile devient alors, du seul fait de ne pas être mis en avant , un élément important de l'impact scénique. Il se joue de près de trente instruments sur scène, et jamais cela ne parait artificiel ni gratuit, toujours au service des arrangements, de la diversité des textures sonores et des humeurs, et permettant une infinité de combinaisons de timbres. Au cours d'un même morceau, comme celui qu'ils tireront d'"Octopus", les musiciens de Gentle Giant Peuvent transformer le groupe en orchestre strictement acoustique, puis en trio de hard rock, puis en combo de percussionnistes, puis en groupe vocal, ad libitum... Un morceau sera introduit par quatre flûtes plus percussions, un autre par des guitares sèches, un autre par un trio de cordes (guitare sèche, violon, et violoncelle) et un vibraphone, un autre, introduit par un riff de saxophone, se terminera par une longue partie de percussions avec deux glockenspiels, des congas, un gong et la batterie. Derek Shulman assure tous les vocaux « lead » d'une voix claire et chaude qu'un léger voile rend encore plus expressive, il joue de l'alto et du ténor et accessoirement de la basse quand son frère Ray est contraint de la confier pour, lui, jouer du violon ou accompagner à la guitare sèche Gary Green, LE guitariste du groupe. Kerry Minnear quitte parfois ses claviers pour une partie de violoncelle ou un petit coup de vibraphone dont il partage l'usage avec John Weather, le batteur. Le groupe est d'une étonnante cohésion, capable de créer par la seule force de sa musique une multitude de climats divers, une succession minutieusement maitrisée de temps forts, durs, violents, saccadés, et de moments plus cool, sereins, de beauté calme et de douceur. Ils ont joué des extraits de presque tous leurs albums...... Un concert magnifique qui ne peut m'amener à penser qu'une seule chose : il faut que Gentle Giant vienne en France et le plus tôt possible, le moment est venu, et il faut que vous alliez l'écouter, vous ne pouvez pas passer plus longtemps à côté d'un tel pied. Et puis, à tous ceux qui se sont morfondus à la disparition de King Crimson, à tous ceux qui se demandent ce que va devenir Genesis, je dis « Allez donc faire un tour du côté de ce groupe et vous m'en donnerez des nouvelles, C'EST GEANT Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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