Né le 22 juillet 1941 à Kannapolis (Caroline du nord), George Clinton s'installe à Plainfield dans le New Jersey, où il forme The Parliaments, une formation de doo-wop amenée à se tranformer en un imposant collectif soul dans les années 1960, sous l'appellation Parliament.
Avec SLY STONE, RED HOT CHILI PEPPERS, CARLOS SANTANA, THE RZA ! GANGSTERS OF LOVE est l'étonnant nouvel album de la mythique star funk GEORGE CLINTON ! Le chanteur funk fait un retour aux sources du rhythm'n'blues et de la soul, avec des reprises de tubes tels «GYPSY WOMAN» avec CARLOS SANTANA, «LET THE GOOD TIMES ROLL» avec RED HOT CHILI PEPPERS et THE RZA, «NEVER GONNA GIVE YOU UP» de BARRY WHITE avec EL DEBARGE, et un funk torride avec SLY STONE, «AIN'T THAT PECULIAR» ! Signalons la participation des chanteuses de P-FUNK, BELITA WOODS et KENDRA FOSTER, sur plusieurs titres.
Projet surprenant et inattendu au premier abord, ce nouvel opus du Dr Funkenstein s'éloigne du P-funk auquel le vieux pirate nous avait habitués. Ceux qui chercheraient à retrouver le son Parliament-Funkadelic n'y trouveront pas leur compte. Ceux qui ont les oreilles ouvertes en revanche ne bouderont pas leur plaisir devant ces reprises fraîches et originales dans leur traitement. La présence de Sly Stone est très anecdotique, par contre Clinton est épaulé par un excellent pianiste qui apporte beaucoup de musicalité au projet (cf le très jazzy MATHEMATICS OF LOVE). Tonton George se régale à fredonner de sa voix éraillée (mais magnifique!) d'inusables standards soul/doo wop. Tout n'est pas parfait (la reprise d'IF I WAS YOUR GIRLFRIEND produite par RZA avec un rapper mollasson est assez faible), mais il y a, comme toujours, suffisamment de pépites sonores (AIN'T THAT PECULIAR qui ouvre l'album; la version d'AS IF I LOVE YOU jadis chantée par Bootsy Collins - je soupçonne d'ailleurs ce morceau d'être une demo de 1978... quelle importance d'ailleurs!) pour que l'achat soit indispensable. De plus l'album est très accessible, George Clinton a la bonne idée de ne pas s'adresser qu'à ses seuls fans! Chapeau bas donc pour l'originalité du monsieur qui n'en manque pas, le nouveau départ (ou plutôt le retour aux sources), en espérant toutefois que P-Man (du nom de son duo avec Lee Scratch Perry, paru sur une compilation récente, avis aux amateurs) ne nous fasse pas trop attendre pour un prochain album P-funk. En attendant celui-ci tournera en boucle sur ma platine.
George Clinton est donc bien mort. "If you fake the Funk, your nose gotta grow", disait-il dans les années 70! Cela fait 10 ans que rien de bon ne sort plus de ses trips ! Il prend de la drogue pour rien ou pas assez pour renouer avec l'invention à laquelle il nous avait habitué. Ses reprises sont des excuses et révèlent une absence d'inspiration. Les fidèles sont partis et ne restent que has-been (DeBarge en tête, mais aussi Shavo ou Santana). Même Belita Woods (ex-femme de Gary Shider) a perdu son âme. Sly Stone, quant à lui, prouve qu'il est mort depuis 1976. L'instrumentation est pauvre et les synthés cheap ne sont pas ceux de Bernie Worrell. Tout sonne froid dans ce mix. C'est ridicule mais sans humour. Le choix des reprises est tout aussi maladroit. Seul la reprise de "As In" (enregistrée à l'origine par William "Bootsy" Collins) est écoutable 1 fois, si on coupe avant la fin. Je suis un inconditionnel de George Clinton et de ses satélites P-Funk que je connais par cœur, depuis les Doo-Wop des Parliaments (avec un S) des années 60, jusqu'à l'electric-Boogie du début 80, mais là, c'est de la traitrise ! Même la pochette faite sous Word insulte son passé. Si vous aimez le sirop à l'asparthame et l'ambiance fake d'un hall de casino de Las Vegas, cette imitation de musique noire est peut-être pour vous... C'est sûr, son nez doit être bien grand maintenant...