George Harrison


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Biographie

C'est son amitié avec Paul McCartney qui permet à George Harrison de rejoindre les Quarry Men. Fondé par John Lennon, le groupe a besoin d'un guitariste et Paul, qui l'a rejoint quelques mois auparavant propose alors à John d'auditionner George Harrison. Ce dernier gagne son droit d'entrée en interprétant « Raunchy » de Duane Eddy pendant un trajet en autobus. Impressionné par son jeu déjà très prometteur, John finit par se laisser fléchir en dépit de son jeune âge. Il vient d'avoir quinze ans et c'est entre Liverpool et Hambourg, où le groupe fait ses armes, qu'il va devenir à la fois un ... Lire la suite

C'est son amitié avec Paul McCartney qui permet à George Harrison de rejoindre les Quarry Men. Fondé par John Lennon, le groupe a besoin d'un guitariste et Paul, qui l'a rejoint quelques mois auparavant propose alors à John d'auditionner George Harrison. Ce dernier gagne son droit d'entrée en interprétant « Raunchy » de Duane Eddy pendant un trajet en autobus. Impressionné par son jeu déjà très prometteur, John finit par se laisser fléchir en dépit de son jeune âge. Il vient d'avoir quinze ans et c'est entre Liverpool et Hambourg, où le groupe fait ses armes, qu'il va devenir à la fois un homme et un guitariste brillant.

Le Beatle timide

Cependant, lorsque le groupe signe chez EMI en 1962, John et Paul se découvrent un talent pour la composition tandis que George, outre la guitare solo, se contente de chanter sur quelques titres comme « Do You Want To Know A Secret » sur le premier album Please, Please Me (1963). Il faut attendre l'album suivant, With The Beatles (1963), pour voir apparaître pour la première fois un morceau signé Harrison (« Don't Bother Me »). Réservé, il fuit tant qu'il le peut le délire de la Beatlemania en essayant de préserver sa vie privée mais sa relation avec le mannequin Pattie Boyd n'est un secret pour personne. Les tourtereaux se sont rencontrés en 1964 sur le tournage du film A Hard Day's Night et convolent le 21 janvier 1966. Dès lors, elle devient son initiatrice dans la découverte de l'hindouisme et sa quête du moi profond.

En véritable touche à tout, George Harrison apprend le sitar (que David Crosby, des Byrds, lui a fait découvrir) et intègre progressivement ses influences orientales dans la musique du groupe. Ses nouvelles compositions (« Love You To », « Within You Without You », respectivement sur Revolver en 1966 et Sgt. Pepper's... en 1967) inaugurent l'ère psychédélique qui déchaîne la seconde moitié des sixties et « The Inner Light » est même son premier titre à figurer sur un single des Beatles (en face B de « Lady Madonna »). Fort de cette reconnaissance, George Harrison se sent pousser des ailes. De « While My Guitar Gently Weeps » à « Something », de « Here Comes The Sun » à « I, Me, Mine », il a rodé son écriture et se sent enfin prêt à rivaliser avec John Lennon et Paul McCartney. Hélas, si sa créativité va crescendo, le duo n'est pas prêt à lui céder plus de terrain et il signe rarement plus de deux titres par album. En 1969, alors que les Beatles tentent de sauver la face en enregistrant Let It Be, il quitte même momentanément le groupe à cause du comportement autoritaire de McCartney. Il revient quelques jours plus tard mais ce revirement n'y change rien : le groupe se sépare, mais George Harrison est passé à autre chose depuis quelques temps.

Triple envol

En 1970, l'ex-Beatle a déjà publié deux albums : la bande originale Wonderwall Music (le 1er novembre 1968) et Electronic Sound (le 9 mai 1969) mais sa carrière solo commence véritablement avec All Things Must Pass, paru en novembre. Libéré, Harrison montre avec ce triple album la quantité de chansons accumulées mais systématiquement écartées des albums par John Lennon et Paul McCartney. Sur la pochette, il pose seul au milieu de sa propriété de Friar Park, entouré de quatre nains de jardin au sol, une évidente déclaration d'indépendance. Unanimement reconnu comme l'un des meilleurs albums de l'année, il caracole en tête des hit-parades et restera son plus grand succès en tant qu'artiste solo. Alors que son envol se fait sous les meilleurs auspices, George subit un revers de fortune qui prendra fin après vingt ans de procédures judiciaires : l'affaire « My Sweet Lord ». En février 1971, alors que le single est numéro 1, la Bright Tunes Music Corporation entame des poursuites à l'encontre de l'ex-Beatle. Les raisons ? Sa ressemblance avec le titre « He's So Fine » des Chiffons, un succès datant de 1963 dont la Bright Tunes détient les droits. S'ensuivent deux décennies de bataille juridique qui s'achèvent avec pour George Harrison une condamnation à payer 587 000 dollars d'amende pour « plagiat subconscient »...

Bangladesh

A l'été 1971, après avoir prêté main forte à Lennon sur Imagine, Ravi Shankar lui fait part de son désir d'organiser un concert en faveur du Bangladesh, théâtre de massacres sanglants depuis la déclaration unilatérale de son indépendance d'avec le Pakistan. Le 1er août, les deux amis montent sur la scène du Madison Square Garden (New York) accompagnés de Bob Dylan, Eric Clapton, Ringo Starr et Billy Preston, entre autres grosses pointures. Après avoir laissé planer le doute sur son éventuelle participation, John Lennon décline l'invitation ainsi que Paul McCartney, qui ne veut en aucun cas faire croire à une hypothétique reformation des Beatles. La manifestation permet de récolter la somme de 243 418,50 dollars grâce aux 40 000 billets écoulés.

Après un accident de voiture qui aurait pu lui coûter la vie fin 1972, George voit son mariage partir en fumée quand Pattie Boyd le quitte pour Eric Clapton. En mai 1973, c'est la sortie de Living In The Material World et l'album se classe n°1 aux USA et n°3 au Royaume-Uni, presque aussi bien que son prédécesseur. L'année suivante, l'album et la tournée Dark Horse sont les premiers échecs d'une carrière qui semble s'essouffler petit à petit et ce n'est pas la sortie d'Extra Texture, en septembre 1975, qui rallie le public à sa cause. Dernière production du label Apple, le disque est inégal et les morceaux se suivent sans aucune logique apparente. Sorti sous son propre label (Dark Horse), Thirty Three and A Third arrive à point nommé en 1976. Tout juste guéri d'une hépatite, George Harrison publie ici un album qui le ramène sur le devant de la scène, au sens propre comme au figuré et alors que l'album reçoit un accueil favorable, le guitariste souhaite faire oublier la tournée de 1974 en repartant sur la route. Accaparé tantôt par sa passion pour la Formule 1 et le jardinage qu'il pratique dès que son emploi du temps le lui permet, il faut attendre trois ans pour découvrir George Harrison (1979), un titre simple pour un album qui revient à des sonorités plus acoustiques.

Nostalgie

Après un passage à vide, il semble prêt à affronter les années 80 qui débutent avec la parution de son autobiographie I, Me, Mine et d'un nouvel album. Initialement prévu pour l'automne 1980, Somewhere In England est retravaillé en studio à la demande de la Warner pour finalement être publié en juin 1981. George Harrison y dédie le titre nostalgique « All Those Years Ago » à John Lennon, assassiné le 8 décembre 1980. Si le Royaume-Uni lui réserve un accueil relativement tiède (l'album ne dépasse pas la douzième place), il atteint la deuxième place aux Etats-Unis. Un an et demi plus tard, en novembre 1982, Gone Troppo sort dans l'indifférence générale. Totalement immergé dans son rôle de producteur de films indépendants, il a créé sa propre société de production HandMade Films quelques années auparavant et semble avoir trouvé le bonheur loin des studios d'enregistrement.

En 1987, comme Lennon l'avait fait avant lui en 1980 après cinq ans d'absence, George sort de son silence, produit Cloud Nine et renoue immédiatement avec le succès. Sa reprise du « Got My Mind Set On You » de Rudy Clark est sur toutes les ondes et il s'offre même le luxe de tourner non pas un mais deux clips vidéo pour promouvoir le single. Et comme pour signifier qu'il a véritablement tourné la page, « When We Was Fab » fourmille de références aux Beatles sans pour autant entretenir l'idée d'une possible reformation des membres survivants. En novembre 1989, il déclare même « Les Beatles ne se reformeront pas tant que John sera mort ». Pour George le mystique, l'important est de regarder droit devant et non derrière soi.

Traveling Wilburys

Cependant, depuis l'enregistrement de Cloud Nine, il n'écarte pas l'éventualité de rejouer dans un groupe. Avec Bob Dylan, Roy Orbison, Tom Petty et Jeff Lynne (ex-Electric Light Orchestra), il fonde les Traveling Wilburys. L'idée ? Revenir à l'essentiel : la musique. Pour ce faire, ils inventent de toutes pièces l'histoire de cette famille de musiciens et se cherchent de nouvelles identités. Nelson, Otis, Charlie T. Jr, Lefty et Lucky Wilbury (respectivement Harrison, Lynne, Petty, Orbison et Dylan) abandonnent momentanément leur aura de superstars et l'album Traveling Wilburys Volume 1 est loin de laisser le public indifférent. Hélas, le décès de Roy Orbison en décembre 1988 sonne le glas de leur ascension naissante. Ils lui dédieront leur album suivant en 1990, ironiquement intitulé Volume 3. Le bruit court que les bandes du « Volume 2 » auraient été dérobées, et que l'imprimeur aurait commis une erreur sur la pochette ou encore que ce « Volume 2 » les soumettait à une telle pression que le groupe décida de passer directement au troisième. Pour brouiller encore les pistes, les Wilburys changent leurs prénoms. George devient Spike, Tom Petty est désormais Muddy, Bob Dylan se nomme Boo et Jeff Lynne change Otis en Clayton.

De l'autre côté

Revigoré par l'expérience, Harrison décide de renouer avec la scène et suit Eric Clapton et son groupe au Japon pour une tournée en décembre 1991. George Harrison Live in Japan sort en 1992, c'est son premier album live depuis le Concert for Bangla Desh (publié en 1973). En 1999, le sort le frappe à nouveau lorsqu'il échappe de peu à la mort quand un déséquilibré s'introduit dans sa demeure de Friar Park et lui assène une dizaine de coups de couteau. Terrorisé à l'idée de mourir dans les mêmes conditions que John Lennon, George Harrison renforce la sécurité autour de lui ainsi que de sa femme Olivia et son fils Dhani. Cependant, même les plus grandes précautions sont vaines face à la maladie et le cancer du poumon diagnostiqué par les médecins en 1997 l'emporte quatre ans plus tard le 29 novembre 2001. Ses proches restent à son chevet jusqu'à la fin et son ami et mentor Ravi Shankar déclare que sa foi en Krishna a aidé le guitariste à se préparer à cet ultime voyage. Les hommages viennent du monde entier ; Paul McCartney et Ringo Starr sont anéantis : George était le plus jeune des Beatles, la moitié du groupe est désormais de l'autre côté. L'album Brainwashed, sur lequel il travaillait avant de mourir, sort en novembre 2002.

Que ce soit sur le plan musical ou humain, George Harrison s'est construit en étant un Beatle. Discret, il s'est toujours efforcé de fuir les projecteurs, que ce soit à l'époque de la Beatlemania ou pendant sa carrière solo, prenant régulièrement des pseudonymes pour conserver un anonymat relatif. De Carl Harrison à l'Angelo Mysterioso, de Hari Georgeson à Nelson ou Spike Wilbury, sa contribution à la musique restera comme l'héritage laissé par un guitariste exceptionnel qui se voulait un homme ordinaire. Copyright 2014 Music Story Pricilia Decoene

C'est son amitié avec Paul McCartney qui permet à George Harrison de rejoindre les Quarry Men. Fondé par John Lennon, le groupe a besoin d'un guitariste et Paul, qui l'a rejoint quelques mois auparavant propose alors à John d'auditionner George Harrison. Ce dernier gagne son droit d'entrée en interprétant « Raunchy » de Duane Eddy pendant un trajet en autobus. Impressionné par son jeu déjà très prometteur, John finit par se laisser fléchir en dépit de son jeune âge. Il vient d'avoir quinze ans et c'est entre Liverpool et Hambourg, où le groupe fait ses armes, qu'il va devenir à la fois un homme et un guitariste brillant.

Le Beatle timide

Cependant, lorsque le groupe signe chez EMI en 1962, John et Paul se découvrent un talent pour la composition tandis que George, outre la guitare solo, se contente de chanter sur quelques titres comme « Do You Want To Know A Secret » sur le premier album Please, Please Me (1963). Il faut attendre l'album suivant, With The Beatles (1963), pour voir apparaître pour la première fois un morceau signé Harrison (« Don't Bother Me »). Réservé, il fuit tant qu'il le peut le délire de la Beatlemania en essayant de préserver sa vie privée mais sa relation avec le mannequin Pattie Boyd n'est un secret pour personne. Les tourtereaux se sont rencontrés en 1964 sur le tournage du film A Hard Day's Night et convolent le 21 janvier 1966. Dès lors, elle devient son initiatrice dans la découverte de l'hindouisme et sa quête du moi profond.

En véritable touche à tout, George Harrison apprend le sitar (que David Crosby, des Byrds, lui a fait découvrir) et intègre progressivement ses influences orientales dans la musique du groupe. Ses nouvelles compositions (« Love You To », « Within You Without You », respectivement sur Revolver en 1966 et Sgt. Pepper's... en 1967) inaugurent l'ère psychédélique qui déchaîne la seconde moitié des sixties et « The Inner Light » est même son premier titre à figurer sur un single des Beatles (en face B de « Lady Madonna »). Fort de cette reconnaissance, George Harrison se sent pousser des ailes. De « While My Guitar Gently Weeps » à « Something », de « Here Comes The Sun » à « I, Me, Mine », il a rodé son écriture et se sent enfin prêt à rivaliser avec John Lennon et Paul McCartney. Hélas, si sa créativité va crescendo, le duo n'est pas prêt à lui céder plus de terrain et il signe rarement plus de deux titres par album. En 1969, alors que les Beatles tentent de sauver la face en enregistrant Let It Be, il quitte même momentanément le groupe à cause du comportement autoritaire de McCartney. Il revient quelques jours plus tard mais ce revirement n'y change rien : le groupe se sépare, mais George Harrison est passé à autre chose depuis quelques temps.

Triple envol

En 1970, l'ex-Beatle a déjà publié deux albums : la bande originale Wonderwall Music (le 1er novembre 1968) et Electronic Sound (le 9 mai 1969) mais sa carrière solo commence véritablement avec All Things Must Pass, paru en novembre. Libéré, Harrison montre avec ce triple album la quantité de chansons accumulées mais systématiquement écartées des albums par John Lennon et Paul McCartney. Sur la pochette, il pose seul au milieu de sa propriété de Friar Park, entouré de quatre nains de jardin au sol, une évidente déclaration d'indépendance. Unanimement reconnu comme l'un des meilleurs albums de l'année, il caracole en tête des hit-parades et restera son plus grand succès en tant qu'artiste solo. Alors que son envol se fait sous les meilleurs auspices, George subit un revers de fortune qui prendra fin après vingt ans de procédures judiciaires : l'affaire « My Sweet Lord ». En février 1971, alors que le single est numéro 1, la Bright Tunes Music Corporation entame des poursuites à l'encontre de l'ex-Beatle. Les raisons ? Sa ressemblance avec le titre « He's So Fine » des Chiffons, un succès datant de 1963 dont la Bright Tunes détient les droits. S'ensuivent deux décennies de bataille juridique qui s'achèvent avec pour George Harrison une condamnation à payer 587 000 dollars d'amende pour « plagiat subconscient »...

Bangladesh

A l'été 1971, après avoir prêté main forte à Lennon sur Imagine, Ravi Shankar lui fait part de son désir d'organiser un concert en faveur du Bangladesh, théâtre de massacres sanglants depuis la déclaration unilatérale de son indépendance d'avec le Pakistan. Le 1er août, les deux amis montent sur la scène du Madison Square Garden (New York) accompagnés de Bob Dylan, Eric Clapton, Ringo Starr et Billy Preston, entre autres grosses pointures. Après avoir laissé planer le doute sur son éventuelle participation, John Lennon décline l'invitation ainsi que Paul McCartney, qui ne veut en aucun cas faire croire à une hypothétique reformation des Beatles. La manifestation permet de récolter la somme de 243 418,50 dollars grâce aux 40 000 billets écoulés.

Après un accident de voiture qui aurait pu lui coûter la vie fin 1972, George voit son mariage partir en fumée quand Pattie Boyd le quitte pour Eric Clapton. En mai 1973, c'est la sortie de Living In The Material World et l'album se classe n°1 aux USA et n°3 au Royaume-Uni, presque aussi bien que son prédécesseur. L'année suivante, l'album et la tournée Dark Horse sont les premiers échecs d'une carrière qui semble s'essouffler petit à petit et ce n'est pas la sortie d'Extra Texture, en septembre 1975, qui rallie le public à sa cause. Dernière production du label Apple, le disque est inégal et les morceaux se suivent sans aucune logique apparente. Sorti sous son propre label (Dark Horse), Thirty Three and A Third arrive à point nommé en 1976. Tout juste guéri d'une hépatite, George Harrison publie ici un album qui le ramène sur le devant de la scène, au sens propre comme au figuré et alors que l'album reçoit un accueil favorable, le guitariste souhaite faire oublier la tournée de 1974 en repartant sur la route. Accaparé tantôt par sa passion pour la Formule 1 et le jardinage qu'il pratique dès que son emploi du temps le lui permet, il faut attendre trois ans pour découvrir George Harrison (1979), un titre simple pour un album qui revient à des sonorités plus acoustiques.

Nostalgie

Après un passage à vide, il semble prêt à affronter les années 80 qui débutent avec la parution de son autobiographie I, Me, Mine et d'un nouvel album. Initialement prévu pour l'automne 1980, Somewhere In England est retravaillé en studio à la demande de la Warner pour finalement être publié en juin 1981. George Harrison y dédie le titre nostalgique « All Those Years Ago » à John Lennon, assassiné le 8 décembre 1980. Si le Royaume-Uni lui réserve un accueil relativement tiède (l'album ne dépasse pas la douzième place), il atteint la deuxième place aux Etats-Unis. Un an et demi plus tard, en novembre 1982, Gone Troppo sort dans l'indifférence générale. Totalement immergé dans son rôle de producteur de films indépendants, il a créé sa propre société de production HandMade Films quelques années auparavant et semble avoir trouvé le bonheur loin des studios d'enregistrement.

En 1987, comme Lennon l'avait fait avant lui en 1980 après cinq ans d'absence, George sort de son silence, produit Cloud Nine et renoue immédiatement avec le succès. Sa reprise du « Got My Mind Set On You » de Rudy Clark est sur toutes les ondes et il s'offre même le luxe de tourner non pas un mais deux clips vidéo pour promouvoir le single. Et comme pour signifier qu'il a véritablement tourné la page, « When We Was Fab » fourmille de références aux Beatles sans pour autant entretenir l'idée d'une possible reformation des membres survivants. En novembre 1989, il déclare même « Les Beatles ne se reformeront pas tant que John sera mort ». Pour George le mystique, l'important est de regarder droit devant et non derrière soi.

Traveling Wilburys

Cependant, depuis l'enregistrement de Cloud Nine, il n'écarte pas l'éventualité de rejouer dans un groupe. Avec Bob Dylan, Roy Orbison, Tom Petty et Jeff Lynne (ex-Electric Light Orchestra), il fonde les Traveling Wilburys. L'idée ? Revenir à l'essentiel : la musique. Pour ce faire, ils inventent de toutes pièces l'histoire de cette famille de musiciens et se cherchent de nouvelles identités. Nelson, Otis, Charlie T. Jr, Lefty et Lucky Wilbury (respectivement Harrison, Lynne, Petty, Orbison et Dylan) abandonnent momentanément leur aura de superstars et l'album Traveling Wilburys Volume 1 est loin de laisser le public indifférent. Hélas, le décès de Roy Orbison en décembre 1988 sonne le glas de leur ascension naissante. Ils lui dédieront leur album suivant en 1990, ironiquement intitulé Volume 3. Le bruit court que les bandes du « Volume 2 » auraient été dérobées, et que l'imprimeur aurait commis une erreur sur la pochette ou encore que ce « Volume 2 » les soumettait à une telle pression que le groupe décida de passer directement au troisième. Pour brouiller encore les pistes, les Wilburys changent leurs prénoms. George devient Spike, Tom Petty est désormais Muddy, Bob Dylan se nomme Boo et Jeff Lynne change Otis en Clayton.

De l'autre côté

Revigoré par l'expérience, Harrison décide de renouer avec la scène et suit Eric Clapton et son groupe au Japon pour une tournée en décembre 1991. George Harrison Live in Japan sort en 1992, c'est son premier album live depuis le Concert for Bangla Desh (publié en 1973). En 1999, le sort le frappe à nouveau lorsqu'il échappe de peu à la mort quand un déséquilibré s'introduit dans sa demeure de Friar Park et lui assène une dizaine de coups de couteau. Terrorisé à l'idée de mourir dans les mêmes conditions que John Lennon, George Harrison renforce la sécurité autour de lui ainsi que de sa femme Olivia et son fils Dhani. Cependant, même les plus grandes précautions sont vaines face à la maladie et le cancer du poumon diagnostiqué par les médecins en 1997 l'emporte quatre ans plus tard le 29 novembre 2001. Ses proches restent à son chevet jusqu'à la fin et son ami et mentor Ravi Shankar déclare que sa foi en Krishna a aidé le guitariste à se préparer à cet ultime voyage. Les hommages viennent du monde entier ; Paul McCartney et Ringo Starr sont anéantis : George était le plus jeune des Beatles, la moitié du groupe est désormais de l'autre côté. L'album Brainwashed, sur lequel il travaillait avant de mourir, sort en novembre 2002.

Que ce soit sur le plan musical ou humain, George Harrison s'est construit en étant un Beatle. Discret, il s'est toujours efforcé de fuir les projecteurs, que ce soit à l'époque de la Beatlemania ou pendant sa carrière solo, prenant régulièrement des pseudonymes pour conserver un anonymat relatif. De Carl Harrison à l'Angelo Mysterioso, de Hari Georgeson à Nelson ou Spike Wilbury, sa contribution à la musique restera comme l'héritage laissé par un guitariste exceptionnel qui se voulait un homme ordinaire. Copyright 2014 Music Story Pricilia Decoene

C'est son amitié avec Paul McCartney qui permet à George Harrison de rejoindre les Quarry Men. Fondé par John Lennon, le groupe a besoin d'un guitariste et Paul, qui l'a rejoint quelques mois auparavant propose alors à John d'auditionner George Harrison. Ce dernier gagne son droit d'entrée en interprétant « Raunchy » de Duane Eddy pendant un trajet en autobus. Impressionné par son jeu déjà très prometteur, John finit par se laisser fléchir en dépit de son jeune âge. Il vient d'avoir quinze ans et c'est entre Liverpool et Hambourg, où le groupe fait ses armes, qu'il va devenir à la fois un homme et un guitariste brillant.

Le Beatle timide

Cependant, lorsque le groupe signe chez EMI en 1962, John et Paul se découvrent un talent pour la composition tandis que George, outre la guitare solo, se contente de chanter sur quelques titres comme « Do You Want To Know A Secret » sur le premier album Please, Please Me (1963). Il faut attendre l'album suivant, With The Beatles (1963), pour voir apparaître pour la première fois un morceau signé Harrison (« Don't Bother Me »). Réservé, il fuit tant qu'il le peut le délire de la Beatlemania en essayant de préserver sa vie privée mais sa relation avec le mannequin Pattie Boyd n'est un secret pour personne. Les tourtereaux se sont rencontrés en 1964 sur le tournage du film A Hard Day's Night et convolent le 21 janvier 1966. Dès lors, elle devient son initiatrice dans la découverte de l'hindouisme et sa quête du moi profond.

En véritable touche à tout, George Harrison apprend le sitar (que David Crosby, des Byrds, lui a fait découvrir) et intègre progressivement ses influences orientales dans la musique du groupe. Ses nouvelles compositions (« Love You To », « Within You Without You », respectivement sur Revolver en 1966 et Sgt. Pepper's... en 1967) inaugurent l'ère psychédélique qui déchaîne la seconde moitié des sixties et « The Inner Light » est même son premier titre à figurer sur un single des Beatles (en face B de « Lady Madonna »). Fort de cette reconnaissance, George Harrison se sent pousser des ailes. De « While My Guitar Gently Weeps » à « Something », de « Here Comes The Sun » à « I, Me, Mine », il a rodé son écriture et se sent enfin prêt à rivaliser avec John Lennon et Paul McCartney. Hélas, si sa créativité va crescendo, le duo n'est pas prêt à lui céder plus de terrain et il signe rarement plus de deux titres par album. En 1969, alors que les Beatles tentent de sauver la face en enregistrant Let It Be, il quitte même momentanément le groupe à cause du comportement autoritaire de McCartney. Il revient quelques jours plus tard mais ce revirement n'y change rien : le groupe se sépare, mais George Harrison est passé à autre chose depuis quelques temps.

Triple envol

En 1970, l'ex-Beatle a déjà publié deux albums : la bande originale Wonderwall Music (le 1er novembre 1968) et Electronic Sound (le 9 mai 1969) mais sa carrière solo commence véritablement avec All Things Must Pass, paru en novembre. Libéré, Harrison montre avec ce triple album la quantité de chansons accumulées mais systématiquement écartées des albums par John Lennon et Paul McCartney. Sur la pochette, il pose seul au milieu de sa propriété de Friar Park, entouré de quatre nains de jardin au sol, une évidente déclaration d'indépendance. Unanimement reconnu comme l'un des meilleurs albums de l'année, il caracole en tête des hit-parades et restera son plus grand succès en tant qu'artiste solo. Alors que son envol se fait sous les meilleurs auspices, George subit un revers de fortune qui prendra fin après vingt ans de procédures judiciaires : l'affaire « My Sweet Lord ». En février 1971, alors que le single est numéro 1, la Bright Tunes Music Corporation entame des poursuites à l'encontre de l'ex-Beatle. Les raisons ? Sa ressemblance avec le titre « He's So Fine » des Chiffons, un succès datant de 1963 dont la Bright Tunes détient les droits. S'ensuivent deux décennies de bataille juridique qui s'achèvent avec pour George Harrison une condamnation à payer 587 000 dollars d'amende pour « plagiat subconscient »...

Bangladesh

A l'été 1971, après avoir prêté main forte à Lennon sur Imagine, Ravi Shankar lui fait part de son désir d'organiser un concert en faveur du Bangladesh, théâtre de massacres sanglants depuis la déclaration unilatérale de son indépendance d'avec le Pakistan. Le 1er août, les deux amis montent sur la scène du Madison Square Garden (New York) accompagnés de Bob Dylan, Eric Clapton, Ringo Starr et Billy Preston, entre autres grosses pointures. Après avoir laissé planer le doute sur son éventuelle participation, John Lennon décline l'invitation ainsi que Paul McCartney, qui ne veut en aucun cas faire croire à une hypothétique reformation des Beatles. La manifestation permet de récolter la somme de 243 418,50 dollars grâce aux 40 000 billets écoulés.

Après un accident de voiture qui aurait pu lui coûter la vie fin 1972, George voit son mariage partir en fumée quand Pattie Boyd le quitte pour Eric Clapton. En mai 1973, c'est la sortie de Living In The Material World et l'album se classe n°1 aux USA et n°3 au Royaume-Uni, presque aussi bien que son prédécesseur. L'année suivante, l'album et la tournée Dark Horse sont les premiers échecs d'une carrière qui semble s'essouffler petit à petit et ce n'est pas la sortie d'Extra Texture, en septembre 1975, qui rallie le public à sa cause. Dernière production du label Apple, le disque est inégal et les morceaux se suivent sans aucune logique apparente. Sorti sous son propre label (Dark Horse), Thirty Three and A Third arrive à point nommé en 1976. Tout juste guéri d'une hépatite, George Harrison publie ici un album qui le ramène sur le devant de la scène, au sens propre comme au figuré et alors que l'album reçoit un accueil favorable, le guitariste souhaite faire oublier la tournée de 1974 en repartant sur la route. Accaparé tantôt par sa passion pour la Formule 1 et le jardinage qu'il pratique dès que son emploi du temps le lui permet, il faut attendre trois ans pour découvrir George Harrison (1979), un titre simple pour un album qui revient à des sonorités plus acoustiques.

Nostalgie

Après un passage à vide, il semble prêt à affronter les années 80 qui débutent avec la parution de son autobiographie I, Me, Mine et d'un nouvel album. Initialement prévu pour l'automne 1980, Somewhere In England est retravaillé en studio à la demande de la Warner pour finalement être publié en juin 1981. George Harrison y dédie le titre nostalgique « All Those Years Ago » à John Lennon, assassiné le 8 décembre 1980. Si le Royaume-Uni lui réserve un accueil relativement tiède (l'album ne dépasse pas la douzième place), il atteint la deuxième place aux Etats-Unis. Un an et demi plus tard, en novembre 1982, Gone Troppo sort dans l'indifférence générale. Totalement immergé dans son rôle de producteur de films indépendants, il a créé sa propre société de production HandMade Films quelques années auparavant et semble avoir trouvé le bonheur loin des studios d'enregistrement.

En 1987, comme Lennon l'avait fait avant lui en 1980 après cinq ans d'absence, George sort de son silence, produit Cloud Nine et renoue immédiatement avec le succès. Sa reprise du « Got My Mind Set On You » de Rudy Clark est sur toutes les ondes et il s'offre même le luxe de tourner non pas un mais deux clips vidéo pour promouvoir le single. Et comme pour signifier qu'il a véritablement tourné la page, « When We Was Fab » fourmille de références aux Beatles sans pour autant entretenir l'idée d'une possible reformation des membres survivants. En novembre 1989, il déclare même « Les Beatles ne se reformeront pas tant que John sera mort ». Pour George le mystique, l'important est de regarder droit devant et non derrière soi.

Traveling Wilburys

Cependant, depuis l'enregistrement de Cloud Nine, il n'écarte pas l'éventualité de rejouer dans un groupe. Avec Bob Dylan, Roy Orbison, Tom Petty et Jeff Lynne (ex-Electric Light Orchestra), il fonde les Traveling Wilburys. L'idée ? Revenir à l'essentiel : la musique. Pour ce faire, ils inventent de toutes pièces l'histoire de cette famille de musiciens et se cherchent de nouvelles identités. Nelson, Otis, Charlie T. Jr, Lefty et Lucky Wilbury (respectivement Harrison, Lynne, Petty, Orbison et Dylan) abandonnent momentanément leur aura de superstars et l'album Traveling Wilburys Volume 1 est loin de laisser le public indifférent. Hélas, le décès de Roy Orbison en décembre 1988 sonne le glas de leur ascension naissante. Ils lui dédieront leur album suivant en 1990, ironiquement intitulé Volume 3. Le bruit court que les bandes du « Volume 2 » auraient été dérobées, et que l'imprimeur aurait commis une erreur sur la pochette ou encore que ce « Volume 2 » les soumettait à une telle pression que le groupe décida de passer directement au troisième. Pour brouiller encore les pistes, les Wilburys changent leurs prénoms. George devient Spike, Tom Petty est désormais Muddy, Bob Dylan se nomme Boo et Jeff Lynne change Otis en Clayton.

De l'autre côté

Revigoré par l'expérience, Harrison décide de renouer avec la scène et suit Eric Clapton et son groupe au Japon pour une tournée en décembre 1991. George Harrison Live in Japan sort en 1992, c'est son premier album live depuis le Concert for Bangla Desh (publié en 1973). En 1999, le sort le frappe à nouveau lorsqu'il échappe de peu à la mort quand un déséquilibré s'introduit dans sa demeure de Friar Park et lui assène une dizaine de coups de couteau. Terrorisé à l'idée de mourir dans les mêmes conditions que John Lennon, George Harrison renforce la sécurité autour de lui ainsi que de sa femme Olivia et son fils Dhani. Cependant, même les plus grandes précautions sont vaines face à la maladie et le cancer du poumon diagnostiqué par les médecins en 1997 l'emporte quatre ans plus tard le 29 novembre 2001. Ses proches restent à son chevet jusqu'à la fin et son ami et mentor Ravi Shankar déclare que sa foi en Krishna a aidé le guitariste à se préparer à cet ultime voyage. Les hommages viennent du monde entier ; Paul McCartney et Ringo Starr sont anéantis : George était le plus jeune des Beatles, la moitié du groupe est désormais de l'autre côté. L'album Brainwashed, sur lequel il travaillait avant de mourir, sort en novembre 2002.

Que ce soit sur le plan musical ou humain, George Harrison s'est construit en étant un Beatle. Discret, il s'est toujours efforcé de fuir les projecteurs, que ce soit à l'époque de la Beatlemania ou pendant sa carrière solo, prenant régulièrement des pseudonymes pour conserver un anonymat relatif. De Carl Harrison à l'Angelo Mysterioso, de Hari Georgeson à Nelson ou Spike Wilbury, sa contribution à la musique restera comme l'héritage laissé par un guitariste exceptionnel qui se voulait un homme ordinaire. Copyright 2014 Music Story Pricilia Decoene


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