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Un merveilleux coffret en hommage à un chef exceptionnel, 20 novembre 2007
Georges Szell passe pour être un chef d'orchestre sévère à la direction boutonnée. Or l'écoute et la réécoute de TOUS les enregistrements qu'il nous a légués doivent nous amener à mettre en pièce ce lieu commun désobligeant. Si Szell n'était certainement pas un fantaisiste (les témoignages concordent sur son exigence. "Nous commençons à répêter quand les autres orchestres cessent de le faire" dit-il un jour à propos de son rôle à la tête de l'Orchestre de Cleveland dont il était le chef titulaire), il sut élever l'Ochestre de Cleveland au rang du plus bel (le plus bel ?) orchestre du monde (ce n'est pas Pierre Boulez qui dira le contraire). Parce que c'était un chef d'une extrême rigueur et d'une grande probité, il nous a laissé des témoignages de son art souverain de la direction. Ces Mozart et Beethoven n'ont pas pris une ride, sans parler de ses merveilleux Schumann(chez RCA) et nous donnent la nostalgie d'un temps où l'on savait cultiver le beau son tout en ayant quelque chose à dire. La subjectivité de Szell réside dans ce qui semble être une manière de très grande objectivité. Roide, élégante, distinguée, précise, d'une hauteur de vue et d'une garndeur d'âme qui frappe l'esprit, d'une classe inimitable (Cf. ses enregistrements des valses des Strauss) sa conduite est aussi celle d'un chef qui sait faire chanter et denser ses pupitres comme personne. On s'en rendra compte dans ce coffret collectant les enregistrements qu'il a effectué avec d'autres orchestres, notamment le Concergetbouw d'Amsterdam. Ecoutez simplement ce qu'il fait de la musique pour les Feux d'artifices royaux de Haendel et vous aurez tout de suite une idée de l'art de ce chef, un art indémmodable.
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Pas toujours le meilleur de Szell, mais quand même !, 28 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : George Szell: Decca & Philips Recordings 1951-1969 (Téléchargement MP3)
Les plus célèbres des enregistrements européens de George Szell ne se trouvent pas dans ce coffret. On n'y trouvera pas sa fameuse 9e Symphonie de Schubert, parce qu'elle est chez EMI (une autre, plus rapide, est chez Sony), ni le premier concerto de Brahms avec Curzon, parce que c'est dans un autre coffret. Restent notamment une 5e de Beethoven plus libre que celle de l'intégrale, une 34e de Mozart acérée, une musique de scène d'Egmont puissante, mais il faut supporter les longs discours du récitant, qu'on n'entend jamais, et pour cause, à la radio, et qui heureusement sont en allemand, pas en anglais (enregistrement à Vienne), un Songe d'une Nuit d'Eté (4 numéros seulement) plus léger que celui de Klemperer, la musique de scène de Rosamunde, aussi recommandable, des symphonies de Brahms (la 3e), de Dvorak (la 8e) anciennes et un peu trop récurées pour obtenir un son qu'on croit moderne, mais l'interprétation vaut largement celle des enregistrements américains de ces oeuvres, des symphonies de Sibelius et de Tchaikovski très nettes, très Szell, la première en devenant particulièrement pédagogique pour ceux, nombreux, que cette musique ne passionne guère. Hélas, aussi, du Haendel présenté sous forme d'arrangements (!), comme on croyait devoir le faire pour utiliser la pleine puissance des orchestres symphoniques. Pour ces derniers, c'est le grand luxe : Wiener Philharmoniker, London Symphony Orchestra et le plus abondamment représenté, le Concertgebouw, avec lequel, mais c'est très subjectif ce que j'écris, George Szell semble avoir une entente particulière. De façon générale, ces enregistrements manifestent plus de liberté, d'imagination, voire de chaleur, que leurs homologues réalisés en Amérique, plus raides et militaires (on sait que quand l'Orchestre de Cleveland, cet orchestre qu'il avait dressé, il n'y a pas d'autre mot, qui lui vouait plus de haine que d'affection, venait en Europe, cette tendance à la détente apparaissait aussi...). Bien entendu, tout cela reste très discipliné, très précis, très à l'image du chef. C'est dire l'intérêt global de ce coffret, complémentaire de ce qu'on trouve chez Sony, et plutôt supérieur.
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Un Szell des années cinquante: sublime!, 18 octobre 2010
Ces interprétations de George Szell sont merveilleux. La cinquième de Beethoven est pétillant, comme le Mozart la-dedans. Brahms 3 est lumineuse, nette et détendu, contrairement à de nombreux versions allemand de Brahms dans un concept serré, le rythme respiratoire et le tempo aussi. Pour la quatrième de Tchaïkovski, j'a pris en comparaison les exécusions de Mravinsky et de Dorati. Le premier, sublime conducteur russe, le seconde aussi un Hongrois émigré. Mravinsky est évidemment un cas particulier, la petite batterie à peu, les tempi, le phrasé, l'effet, un grondement inoui, mais le choix de Szell est tout aussi intéressant et tout aussi valable. Je ne l'avais pas pensé pendant des années parce que je suis un adepte inconditionnel de Mravinski en cas de Tchaikovsky. L'interprétation de Szell est assez différent, pas lourd et presque plus rapide que le maître de Leningrad. Enfin vient une représentation remarquable de Dvorak huit joué tres chaud par le Concertgebouw, tout différente que sous la bagette de Haitink. Un grand Szell qui ne veut pas la mystification ni de sa personne, ni de son travail, comme le faisait Karajan toujours, mais qui apporte de la clarté et de lumière. N'a jamais quelq'un démontré ces qualités francaises de Szell? A ce prix chez Amazon.fr - c'est une occasion de première categorie.
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