Georges Delerue


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Biographie

Enfant du Nord, Georges Delerue voit le jour à Roubaix en 1925. Issu de la classe ouvrière, le jeune garçon n'en est pas moins sévèrement pris en main par sa famille qui le pousse à étudier la clarinette et le piano (son oncle est le directeur d'une fanfare). Inscrit au Conservatoire de Musique, il perfectionne sa maîtrise de ces deux instruments bien qu'il se soit montré rétif à leur apprentissage à ses débuts. Oscillant entre l'atelier de fabrique de limes dans lequel il entre dès l'adolescence pour travailler et les fanfares et harmonies locales où il répète et joue régulièrement, Delerue ... Lire la suite

Enfant du Nord, Georges Delerue voit le jour à Roubaix en 1925. Issu de la classe ouvrière, le jeune garçon n'en est pas moins sévèrement pris en main par sa famille qui le pousse à étudier la clarinette et le piano (son oncle est le directeur d'une fanfare). Inscrit au Conservatoire de Musique, il perfectionne sa maîtrise de ces deux instruments bien qu'il se soit montré rétif à leur apprentissage à ses débuts. Oscillant entre l'atelier de fabrique de limes dans lequel il entre dès l'adolescence pour travailler et les fanfares et harmonies locales où il répète et joue régulièrement, Delerue commence à envisager sérieusement une carrière musicale. C'est sur les conseils de ses maîtres au Conservatoire de Roubaix qu'il tente, avec succès, de s'inscrire à celui de Paris.

À la capitale, le jeune ch'ti développe ses connaissances théoriques et pratiques et reçoit l'enseignement de Darius Milhaud qui, impressionné par les compétences du jeune homme, lui conseille de s'intéresser sérieusement au théâtre, domaine alors très demandeur en habillages musicaux. C'est d'ailleurs Milhaud qui recommande Delerue à son ami Jean Vilar pour lui permettre de faire ses premières armes. Extrêmement satisfait du travail de son nouveau poulain, Vilar le nomme régisseur en charge de la direction musicale du Festival d'Avignon, puis de celui de Nîmes et, enfin, du Théâtre National Populaire (T.N.P). Intégré au milieu culturel de son époque, Delerue côtoie les situationnistes et les grandes plumes du Paris de l'immédiat après-guerre.
S'il collabore avec Boris Vian pour les besoins de l'adaptation théâtrale du Chevalier des neiges, il s'associe un temps avec le jeune Michel Polac pour l'opéra Ariane que ce dernier cherche à monter. Plutôt éclectique, Delerue se montre ouvert à tous les contenus qu'on lui propose, réussissant à habiller toutes les ambiances possibles, qu'elles se situent dans le cadre du théâtre ou de l'opéra classiques (Macbeth, Antigone...) ou dans celui du théâtre avant-gardiste, voire gauchiste et déstructuré.

Cinéma,cinéma

Si la scène est demandeuse de compositeurs, l'univers cinématographique l'est encore plus et la démocratisation de ce genre de spectacle accroît la demande d'habillages sonores. Intégrant le milieu du cinéma par la petite porte, Delerue s'attelle, dans un premier temps, à la composition de bandes pour quelques courts-métrages pas forcément inoubliables, mais lui permettent d'intégrer la conception très particulière de l'habillage musical adaptée au découpage d'un film. C'est en1959 qu'il rencontre Alain Resnais qui lui demande de composer la bande originale d'Hiroshima, mon amour, sa première contribution d'importance à la musique de films.

Après Resnais, ce sont Henri Colpi, Georges Lautner, François Truffaut (Jules et Jim, 1961), Jean-Luc Godard (Le Mépris, 1963) ou Philippe de Broca (Le Farceur, 1960 ; L'Homme de Rio, 1964)) qui font appel à ses services. Collaborant avec les noms les plus prestigieux du cinéma français de l'époque, Delerue peut déployer toute la palette de ses références pour signer les bandes son de quelques-uns des succès de son temps. Des pissenlits par la racine, de Lautner, Le Cerveau, de Gérard Oury, Heureux qui, comme Ulysse, d'Henri Colpi ou Les Caprices de Marie, de Philippe de Broca, sont, dans les années 1970, autant de métrages sur lesquels il pose ses compositions, variant ses symphonies en fonction des thèmes abordés, du film « social et engagé », en passant par la comédie légère.

Compositeur doué, sachant rentrer en phase avec l'esprit d'un long-métrage, Delerue se montre pluridisciplinaire et consciencieux, devenant l'une des références du cinéma français en matière de musiques de films, à l'image d'un Bernard Herrmann (auquel il voue une sincère admiration : son travail sur Jules et Jim est d'ailleurs un hommage à l'Américain) ou qu'un Ennio Morriconne français. Très productif, le cinéma français est - à l'époque - suffisamment diversifié pour que Delerue ne soit pas contraint de s'enfermer dans un seul style. Au contraire, sa palette de talents se décline dans tous les genres, du plus sérieux au plus flon-flon car l'homme n'a aucun mépris pour le cinéma populaire. Influences brésiliennes et ambiance salsa sur L'Homme de Rio, relecture de la brit-pop sur Le Cerveau, pianos tragiques et lancinants pour Le Combat dans l'île...Delerue ne craint pas de se remettre en question à chaque commande qu'on lui passe et sait s'effacer derrière les besoins narratifs des cinéastes qui font appel à lui.

Hollywood

Si le septième art recourt souvent au compositeur, la télévisionn'est pas en reste : avec le développement des fictions télévisuelles, c'est tout un nouveau pan de la création qui s'ouvre à lui car les contraintes inhérentes aux productions du petit écran répondent à des cahiers des charges assez différents de ceux du cinéma, que ce soit en terme de format ou de structure. Les Rois Maudits ou Jacquou le Croquant sont autant de séries sur lesquelles Delerue est amené à travailler. Récompensé en France par un César en 1978 pour ses compositions sur Préparez vos mouchoirs, de Bertrand Blier (réalisateur avec lequel il avait déjà oeuvré sur Calmos, en 1975), il se voit décerner un Oscar en 1979 pour la bande originale d'I love you, je t'aime de George Roy Hill qui marque l'une de ses premières collaborationavec le cinéma américain. Une industrie qui fait d'ailleurs des ponts d'or au Frenchie pour s'offrir ses services.

S'il continue à travailler en France pour ses contemporains (L'Eté meurtrier, de Jean Becker, L'Africain, de Philippe de Broca...), il se laisse finalement tenter et décolle direction Hollywood au milieu de la décennie 1980. Le Mystère Silkwood, de Mike Nichols ou Agnès de Dieu, de Norman Jewison font partie de ses premières commandes, mais c'est Salvador, en 1986, qui voit Delerue collaborer avec une jeune pousse prometteuse du cinéma américain : Oliver Stone. Une collaboration artistique qui atteint son zénith avec l'excellent score de Platoon, la même année, qui installe définitivement son réalisateur dans le cénacle des « cinéastes à message » du landerneau hollywoodien. Film grandiose, servi impeccablement par les compositions de Delerue, Platoon (1987) constitue l'omega de la carrière du ch'ti expatrié.

Désormais oscarisable (et oscarisé), Delerue est rappelé « au pays » pour les besoins de deux fresques majeures : Chouans ! de Philippe de Broca, et La Révolution française, de Robert Enrico. Si les compositions lyriques sont aussi soignées qu'impeccables, elles n'en restent pas moins très classiques et moins inspirées que ce que le compositeur a pu produire pour d'autres cinéastes. Mais, indéniablement, elles s'inscrivent dans le registre du cinéma à grand spectacle bien qu'elles puissent facilement être qualifiées de  « pompières » tant la grandiloquence des thèmes est exagérée par rapport à la retenue qui caractérisait jusqu'alors le travail de Delerue. Parallèlement, le compositeur continue de jongler entre ses activités franco-françaises et les commandes hollywoodiennes qui continuent à affluer.
 
Toujours entre deux avions et deux studios d'enregistrement, l'artiste joue dangereusement avec sa santé qui décline lentement, mais sûrement, du fait du mode de vie stakhanoviste qu'il s'impose. S'il commence à fatiguer physiquement, Delerue connaît, à la fin de sa carrière, un renouveau d'inspiration : la bande originale de Tours du monde, tours du ciel est unanimement saluée pour sa qualité, en 1991, et, l'année suivante, celle de Diên Biên Phû, de Pierre Schoendorffer rappelle aux cinéphiles quel artiste exceptionnel il est. Une dernière oeuvre en forme de testament car Georges Delerue décède quelques mois plus tard. Auteur de près de trois cent musiques de films, de génériques de séries ou d'émissions télévisées, Delerue toucha à quasiment tous les styles, du polar urbain à la comédie en passant par le film de guerre ou la reconstitution historique. Artisan incontournable du cinéma, Georges Delerue laisse à la postérité une contribution titanesque. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Enfant du Nord, Georges Delerue voit le jour à Roubaix en 1925. Issu de la classe ouvrière, le jeune garçon n'en est pas moins sévèrement pris en main par sa famille qui le pousse à étudier la clarinette et le piano (son oncle est le directeur d'une fanfare). Inscrit au Conservatoire de Musique, il perfectionne sa maîtrise de ces deux instruments bien qu'il se soit montré rétif à leur apprentissage à ses débuts. Oscillant entre l'atelier de fabrique de limes dans lequel il entre dès l'adolescence pour travailler et les fanfares et harmonies locales où il répète et joue régulièrement, Delerue commence à envisager sérieusement une carrière musicale. C'est sur les conseils de ses maîtres au Conservatoire de Roubaix qu'il tente, avec succès, de s'inscrire à celui de Paris.

À la capitale, le jeune ch'ti développe ses connaissances théoriques et pratiques et reçoit l'enseignement de Darius Milhaud qui, impressionné par les compétences du jeune homme, lui conseille de s'intéresser sérieusement au théâtre, domaine alors très demandeur en habillages musicaux. C'est d'ailleurs Milhaud qui recommande Delerue à son ami Jean Vilar pour lui permettre de faire ses premières armes. Extrêmement satisfait du travail de son nouveau poulain, Vilar le nomme régisseur en charge de la direction musicale du Festival d'Avignon, puis de celui de Nîmes et, enfin, du Théâtre National Populaire (T.N.P). Intégré au milieu culturel de son époque, Delerue côtoie les situationnistes et les grandes plumes du Paris de l'immédiat après-guerre.
S'il collabore avec Boris Vian pour les besoins de l'adaptation théâtrale du Chevalier des neiges, il s'associe un temps avec le jeune Michel Polac pour l'opéra Ariane que ce dernier cherche à monter. Plutôt éclectique, Delerue se montre ouvert à tous les contenus qu'on lui propose, réussissant à habiller toutes les ambiances possibles, qu'elles se situent dans le cadre du théâtre ou de l'opéra classiques (Macbeth, Antigone...) ou dans celui du théâtre avant-gardiste, voire gauchiste et déstructuré.

Cinéma,cinéma

Si la scène est demandeuse de compositeurs, l'univers cinématographique l'est encore plus et la démocratisation de ce genre de spectacle accroît la demande d'habillages sonores. Intégrant le milieu du cinéma par la petite porte, Delerue s'attelle, dans un premier temps, à la composition de bandes pour quelques courts-métrages pas forcément inoubliables, mais lui permettent d'intégrer la conception très particulière de l'habillage musical adaptée au découpage d'un film. C'est en1959 qu'il rencontre Alain Resnais qui lui demande de composer la bande originale d'Hiroshima, mon amour, sa première contribution d'importance à la musique de films.

Après Resnais, ce sont Henri Colpi, Georges Lautner, François Truffaut (Jules et Jim, 1961), Jean-Luc Godard (Le Mépris, 1963) ou Philippe de Broca (Le Farceur, 1960 ; L'Homme de Rio, 1964)) qui font appel à ses services. Collaborant avec les noms les plus prestigieux du cinéma français de l'époque, Delerue peut déployer toute la palette de ses références pour signer les bandes son de quelques-uns des succès de son temps. Des pissenlits par la racine, de Lautner, Le Cerveau, de Gérard Oury, Heureux qui, comme Ulysse, d'Henri Colpi ou Les Caprices de Marie, de Philippe de Broca, sont, dans les années 1970, autant de métrages sur lesquels il pose ses compositions, variant ses symphonies en fonction des thèmes abordés, du film « social et engagé », en passant par la comédie légère.

Compositeur doué, sachant rentrer en phase avec l'esprit d'un long-métrage, Delerue se montre pluridisciplinaire et consciencieux, devenant l'une des références du cinéma français en matière de musiques de films, à l'image d'un Bernard Herrmann (auquel il voue une sincère admiration : son travail sur Jules et Jim est d'ailleurs un hommage à l'Américain) ou qu'un Ennio Morriconne français. Très productif, le cinéma français est - à l'époque - suffisamment diversifié pour que Delerue ne soit pas contraint de s'enfermer dans un seul style. Au contraire, sa palette de talents se décline dans tous les genres, du plus sérieux au plus flon-flon car l'homme n'a aucun mépris pour le cinéma populaire. Influences brésiliennes et ambiance salsa sur L'Homme de Rio, relecture de la brit-pop sur Le Cerveau, pianos tragiques et lancinants pour Le Combat dans l'île...Delerue ne craint pas de se remettre en question à chaque commande qu'on lui passe et sait s'effacer derrière les besoins narratifs des cinéastes qui font appel à lui.

Hollywood

Si le septième art recourt souvent au compositeur, la télévisionn'est pas en reste : avec le développement des fictions télévisuelles, c'est tout un nouveau pan de la création qui s'ouvre à lui car les contraintes inhérentes aux productions du petit écran répondent à des cahiers des charges assez différents de ceux du cinéma, que ce soit en terme de format ou de structure. Les Rois Maudits ou Jacquou le Croquant sont autant de séries sur lesquelles Delerue est amené à travailler. Récompensé en France par un César en 1978 pour ses compositions sur Préparez vos mouchoirs, de Bertrand Blier (réalisateur avec lequel il avait déjà oeuvré sur Calmos, en 1975), il se voit décerner un Oscar en 1979 pour la bande originale d'I love you, je t'aime de George Roy Hill qui marque l'une de ses premières collaborationavec le cinéma américain. Une industrie qui fait d'ailleurs des ponts d'or au Frenchie pour s'offrir ses services.

S'il continue à travailler en France pour ses contemporains (L'Eté meurtrier, de Jean Becker, L'Africain, de Philippe de Broca...), il se laisse finalement tenter et décolle direction Hollywood au milieu de la décennie 1980. Le Mystère Silkwood, de Mike Nichols ou Agnès de Dieu, de Norman Jewison font partie de ses premières commandes, mais c'est Salvador, en 1986, qui voit Delerue collaborer avec une jeune pousse prometteuse du cinéma américain : Oliver Stone. Une collaboration artistique qui atteint son zénith avec l'excellent score de Platoon, la même année, qui installe définitivement son réalisateur dans le cénacle des « cinéastes à message » du landerneau hollywoodien. Film grandiose, servi impeccablement par les compositions de Delerue, Platoon (1987) constitue l'omega de la carrière du ch'ti expatrié.

Désormais oscarisable (et oscarisé), Delerue est rappelé « au pays » pour les besoins de deux fresques majeures : Chouans ! de Philippe de Broca, et La Révolution française, de Robert Enrico. Si les compositions lyriques sont aussi soignées qu'impeccables, elles n'en restent pas moins très classiques et moins inspirées que ce que le compositeur a pu produire pour d'autres cinéastes. Mais, indéniablement, elles s'inscrivent dans le registre du cinéma à grand spectacle bien qu'elles puissent facilement être qualifiées de  « pompières » tant la grandiloquence des thèmes est exagérée par rapport à la retenue qui caractérisait jusqu'alors le travail de Delerue. Parallèlement, le compositeur continue de jongler entre ses activités franco-françaises et les commandes hollywoodiennes qui continuent à affluer.
 
Toujours entre deux avions et deux studios d'enregistrement, l'artiste joue dangereusement avec sa santé qui décline lentement, mais sûrement, du fait du mode de vie stakhanoviste qu'il s'impose. S'il commence à fatiguer physiquement, Delerue connaît, à la fin de sa carrière, un renouveau d'inspiration : la bande originale de Tours du monde, tours du ciel est unanimement saluée pour sa qualité, en 1991, et, l'année suivante, celle de Diên Biên Phû, de Pierre Schoendorffer rappelle aux cinéphiles quel artiste exceptionnel il est. Une dernière oeuvre en forme de testament car Georges Delerue décède quelques mois plus tard. Auteur de près de trois cent musiques de films, de génériques de séries ou d'émissions télévisées, Delerue toucha à quasiment tous les styles, du polar urbain à la comédie en passant par le film de guerre ou la reconstitution historique. Artisan incontournable du cinéma, Georges Delerue laisse à la postérité une contribution titanesque. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Enfant du Nord, Georges Delerue voit le jour à Roubaix en 1925. Issu de la classe ouvrière, le jeune garçon n'en est pas moins sévèrement pris en main par sa famille qui le pousse à étudier la clarinette et le piano (son oncle est le directeur d'une fanfare). Inscrit au Conservatoire de Musique, il perfectionne sa maîtrise de ces deux instruments bien qu'il se soit montré rétif à leur apprentissage à ses débuts. Oscillant entre l'atelier de fabrique de limes dans lequel il entre dès l'adolescence pour travailler et les fanfares et harmonies locales où il répète et joue régulièrement, Delerue commence à envisager sérieusement une carrière musicale. C'est sur les conseils de ses maîtres au Conservatoire de Roubaix qu'il tente, avec succès, de s'inscrire à celui de Paris.

À la capitale, le jeune ch'ti développe ses connaissances théoriques et pratiques et reçoit l'enseignement de Darius Milhaud qui, impressionné par les compétences du jeune homme, lui conseille de s'intéresser sérieusement au théâtre, domaine alors très demandeur en habillages musicaux. C'est d'ailleurs Milhaud qui recommande Delerue à son ami Jean Vilar pour lui permettre de faire ses premières armes. Extrêmement satisfait du travail de son nouveau poulain, Vilar le nomme régisseur en charge de la direction musicale du Festival d'Avignon, puis de celui de Nîmes et, enfin, du Théâtre National Populaire (T.N.P). Intégré au milieu culturel de son époque, Delerue côtoie les situationnistes et les grandes plumes du Paris de l'immédiat après-guerre.
S'il collabore avec Boris Vian pour les besoins de l'adaptation théâtrale du Chevalier des neiges, il s'associe un temps avec le jeune Michel Polac pour l'opéra Ariane que ce dernier cherche à monter. Plutôt éclectique, Delerue se montre ouvert à tous les contenus qu'on lui propose, réussissant à habiller toutes les ambiances possibles, qu'elles se situent dans le cadre du théâtre ou de l'opéra classiques (Macbeth, Antigone...) ou dans celui du théâtre avant-gardiste, voire gauchiste et déstructuré.

Cinéma,cinéma

Si la scène est demandeuse de compositeurs, l'univers cinématographique l'est encore plus et la démocratisation de ce genre de spectacle accroît la demande d'habillages sonores. Intégrant le milieu du cinéma par la petite porte, Delerue s'attelle, dans un premier temps, à la composition de bandes pour quelques courts-métrages pas forcément inoubliables, mais lui permettent d'intégrer la conception très particulière de l'habillage musical adaptée au découpage d'un film. C'est en1959 qu'il rencontre Alain Resnais qui lui demande de composer la bande originale d'Hiroshima, mon amour, sa première contribution d'importance à la musique de films.

Après Resnais, ce sont Henri Colpi, Georges Lautner, François Truffaut (Jules et Jim, 1961), Jean-Luc Godard (Le Mépris, 1963) ou Philippe de Broca (Le Farceur, 1960 ; L'Homme de Rio, 1964)) qui font appel à ses services. Collaborant avec les noms les plus prestigieux du cinéma français de l'époque, Delerue peut déployer toute la palette de ses références pour signer les bandes son de quelques-uns des succès de son temps. Des pissenlits par la racine, de Lautner, Le Cerveau, de Gérard Oury, Heureux qui, comme Ulysse, d'Henri Colpi ou Les Caprices de Marie, de Philippe de Broca, sont, dans les années 1970, autant de métrages sur lesquels il pose ses compositions, variant ses symphonies en fonction des thèmes abordés, du film « social et engagé », en passant par la comédie légère.

Compositeur doué, sachant rentrer en phase avec l'esprit d'un long-métrage, Delerue se montre pluridisciplinaire et consciencieux, devenant l'une des références du cinéma français en matière de musiques de films, à l'image d'un Bernard Herrmann (auquel il voue une sincère admiration : son travail sur Jules et Jim est d'ailleurs un hommage à l'Américain) ou qu'un Ennio Morriconne français. Très productif, le cinéma français est - à l'époque - suffisamment diversifié pour que Delerue ne soit pas contraint de s'enfermer dans un seul style. Au contraire, sa palette de talents se décline dans tous les genres, du plus sérieux au plus flon-flon car l'homme n'a aucun mépris pour le cinéma populaire. Influences brésiliennes et ambiance salsa sur L'Homme de Rio, relecture de la brit-pop sur Le Cerveau, pianos tragiques et lancinants pour Le Combat dans l'île...Delerue ne craint pas de se remettre en question à chaque commande qu'on lui passe et sait s'effacer derrière les besoins narratifs des cinéastes qui font appel à lui.

Hollywood

Si le septième art recourt souvent au compositeur, la télévisionn'est pas en reste : avec le développement des fictions télévisuelles, c'est tout un nouveau pan de la création qui s'ouvre à lui car les contraintes inhérentes aux productions du petit écran répondent à des cahiers des charges assez différents de ceux du cinéma, que ce soit en terme de format ou de structure. Les Rois Maudits ou Jacquou le Croquant sont autant de séries sur lesquelles Delerue est amené à travailler. Récompensé en France par un César en 1978 pour ses compositions sur Préparez vos mouchoirs, de Bertrand Blier (réalisateur avec lequel il avait déjà oeuvré sur Calmos, en 1975), il se voit décerner un Oscar en 1979 pour la bande originale d'I love you, je t'aime de George Roy Hill qui marque l'une de ses premières collaborationavec le cinéma américain. Une industrie qui fait d'ailleurs des ponts d'or au Frenchie pour s'offrir ses services.

S'il continue à travailler en France pour ses contemporains (L'Eté meurtrier, de Jean Becker, L'Africain, de Philippe de Broca...), il se laisse finalement tenter et décolle direction Hollywood au milieu de la décennie 1980. Le Mystère Silkwood, de Mike Nichols ou Agnès de Dieu, de Norman Jewison font partie de ses premières commandes, mais c'est Salvador, en 1986, qui voit Delerue collaborer avec une jeune pousse prometteuse du cinéma américain : Oliver Stone. Une collaboration artistique qui atteint son zénith avec l'excellent score de Platoon, la même année, qui installe définitivement son réalisateur dans le cénacle des « cinéastes à message » du landerneau hollywoodien. Film grandiose, servi impeccablement par les compositions de Delerue, Platoon (1987) constitue l'omega de la carrière du ch'ti expatrié.

Désormais oscarisable (et oscarisé), Delerue est rappelé « au pays » pour les besoins de deux fresques majeures : Chouans ! de Philippe de Broca, et La Révolution française, de Robert Enrico. Si les compositions lyriques sont aussi soignées qu'impeccables, elles n'en restent pas moins très classiques et moins inspirées que ce que le compositeur a pu produire pour d'autres cinéastes. Mais, indéniablement, elles s'inscrivent dans le registre du cinéma à grand spectacle bien qu'elles puissent facilement être qualifiées de  « pompières » tant la grandiloquence des thèmes est exagérée par rapport à la retenue qui caractérisait jusqu'alors le travail de Delerue. Parallèlement, le compositeur continue de jongler entre ses activités franco-françaises et les commandes hollywoodiennes qui continuent à affluer.
 
Toujours entre deux avions et deux studios d'enregistrement, l'artiste joue dangereusement avec sa santé qui décline lentement, mais sûrement, du fait du mode de vie stakhanoviste qu'il s'impose. S'il commence à fatiguer physiquement, Delerue connaît, à la fin de sa carrière, un renouveau d'inspiration : la bande originale de Tours du monde, tours du ciel est unanimement saluée pour sa qualité, en 1991, et, l'année suivante, celle de Diên Biên Phû, de Pierre Schoendorffer rappelle aux cinéphiles quel artiste exceptionnel il est. Une dernière oeuvre en forme de testament car Georges Delerue décède quelques mois plus tard. Auteur de près de trois cent musiques de films, de génériques de séries ou d'émissions télévisées, Delerue toucha à quasiment tous les styles, du polar urbain à la comédie en passant par le film de guerre ou la reconstitution historique. Artisan incontournable du cinéma, Georges Delerue laisse à la postérité une contribution titanesque. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre


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