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4.0 étoiles sur 5
Contre-pied, 23 août 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Get Behind Me Satan (CD)
Ouais ouais ouais... Va-t-on le réécouter? La question peut se poser après la première écoute du très déconcertant nouvel album de Jack et Meg White... Après quatre albums magnifiques oscillant brillamment entre blues, folk, rock stoogien et country, rien n'aurait pu nous préparer au choc que représente cet album. Trois morceaux seulement contiennent de la guitare électrique (une aberration alors que Jack compte parmi les ténors du manche), l'album s'appuyant essentiellement sur un piano, une batterie, un tambourin, une guitare acoustique parfois et un... marimba (un espèce de gros xylophone). Troublant. Il semblerait que Jack ait eu des problèmes de c½ur récemment (impossible de ne pas penser à sa rupture avec Renée "Bridget Jones" Zellweger lorsque la moitié des chansons parlent d'un amour parti)... Ceci expliquerait donc le côté sentimental et dépouillé de l'album. Pourtant l'album démarre fort avec un "Blue Orchid" funky qui trahit - comme d'autres chansons ici d'ailleurs - l'influence de Beck sur Jack après leur collaboration de l'an dernier pour Guero. La voix haut-perchée du chanteur y est d'ailleurs surprenante. Le piano est ici utilisé de façon intéressante. Les accords frappés - cognés plutôt - par Jack, la batterie primaire et le tambourin de Meg créent une rythmique dépouillée mais dansante. "My Doorbell", "The Denial Twist", "Passive Manipulation" (chanté par Meg), "Take Take Take" poussent les limites du minimalisme toujours plus loin pour un effet maximal. Ces morceaux funky sont irrésistibles. L'autre utilisation du clavier est plus classique, l'instrument servant d'appui aux effusions sentimentales de Jack dans les morceaux introspectifs que compte l'album ("White Moon", et "I'm Lonely (But I Ain't That Lonely Yet)") Ce qui frappe dans cet album est le nombre de morceaux ovni qu'il compte. Preuves de l'ouverture d'esprit des White Stripes et de leur esprit d'avant-garde, "Blue Orchid", "The Nurse" (où des bling-blings de marimba sont interrompus par des décharges électriques), "Little Ghost" (une ritournelle country qui aurait pu être écrite en 1880) et "Red Rain" (résultat d'un croisement entre musique hawaienne et blues blanc) sont des réussites incontestables. Alors pourquoi cette impression étrange en premier chef? Les White Stripes viennent de commettre un suicide commercial en sortant l'anti-Eléphant. Le côté épique et pop du groupe disparaît pour mettre en valeur la face plus humble et humaine. Leur spectre musical s'en trouve considérablement élargi. Que nous préparent-ils pour le prochain? Toutes les options sont possibles...à condition qu'ils ne décident pas de stopper le groupe d'ici-là comme ils en ont maintes fois parlé...
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
la surprise de Meg et Jack, 15 juin 2005
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Etonnant! Après le succès d'Elephant, on s'attendait à ce que son successeur lui ressemble. Le premier morceau "blue Orchid" est un digne successeur de "Seven Nation Army", taillé en plus pour les dance floors. Pour le reste... Eh bien pour le reste,, le groupe chambarde tout, conservant simplement son minimaliste instrumental. Jack White s'avère un grand songwriter, passant de la country soul au folk, du blues rock à la pop. Chaque morceau révèle son lot de surprises, de changements de climats. Ainsi "The Nurse" bati sur une mélodie jouée au steel drum se fait il littéralement agresser par un énorme son garage bruitiste bousculant l'auditeur qui s'attendait à tout sauf à ça! Ce morceau justifie à lui seul l'achat de ce disque qui, après une semaine d'écoute intensive, rappelle bizarrement dans l'esprit, Exile on main street des Stones
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le changement dans la continuité, 13 août 2010
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Jack White aura marqué de son empreinte musicale les années 2000. Avant de devenir absolument incontournable à la fin de la décennie, menant de front White Stripes, Raconteurs, puis Dead Weather, produisant Von Bondies ou les vieilles gloires country Loretta Lynn et Wanda Jackson, gérant à Nashville un studio et un label ... En 2005, lors de la parution de « Get behind me Satan », il n'était « que » la partie dominante du duo White Stripes avec son ancienne femme Meg. Un premier gros électrochoc « White blood cells », la consécration mondiale avec « Elephant » et son « Seven Nation Army », hymne rock de la décennie ... Pourquoi changer une formule qui gagne ? « Get behind me Satan » est bien dans la lignée des précédents. C'est du rock'n'roll, profondément ancré dans le blues, et servi par des guitares qui doivent beaucoup à Led Zeppelin. Ce qui donne ici des choses aussi évidentes et rentre-dedans que « The denial twist », le colossal « Instinct blues », le lent et lourd « Red rain », construit comme le « In my time of dying » de ... Led Zep. Et à propos du Zeppelin, Jack White s'amuse à imiter leurs rivaux des 70's Deep Purple sur le fantastique riff du morceau inaugural « Blue orchid », qu'on jurerait exécuté par Ritchie Blackmore. Mais White ne se contente pas d'un follw-up de ses disques précédents. Des instruments, des sons nouveaux font leur apparition, traduisant une certaine ouverture d'esprit et l'envie de créer, d'aller de l'avant, toujours plus loin. On trouve sur ce disque pas mal de piano, le plus souvent violemment maltraité, piano qui va même jusqu'à remplacer la guitare (l'irrésistible et très sixties flower-power « My doorbell », comme une résurrection de Country Joe & The Fish, ou la belle ballade triste « I'm lonely ...»). Mais aussi des choses encore plus curieuses, comme un xylophone, très présent lui sur « The nurse » ... La guitare est seulement parfois acoustique (« As ugly as I seem », « Take, take, take » et son gimmick de voix en stéréo), tout ceci montrant aussi les limites de la stricte formule guitare électrique - batterie ... ce qui permet d'évoquer la gentille Meg. Pour être sympa, on dira qu'elle est techniquement assez limitée, on le savait dès le départ, mais cette fois-ci elle est encore moins présente que sur les disques précédents, la démultiplication de son ancien mari avec toute sa nouvelle panoplie d'instruments, lui laissant une portion de plus en plus congrue du son White Stripes. En tout cas, « Get behind me Satan » dernier volet d'un trio d'albums d'exception consécutifs, finira définitivement d'installer le groupe et surtout Jack White comme leaders musicaux de leur génération ...
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