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5.0 étoiles sur 5
Get Up With Miles !, 13 avril 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : Get Up With It (CD)
fin 74 sort ce double disque de Miles Davis, la superbe pochette du vinyle
porte
en son verso la simple inscription "For Duke", lequel Roi (plutôt) était
parti en Mai de la même année....le recto affiche un Miles inquiétant,
visage capté dans des sépias comme il les aimait tant, il porte des lunettes
aux verres hexagonaux, qui, sans nul doute, filtre des réalités
....improbables ?.....comme toujours avec lui.....
Depuis heu....pas mal de temps, Miles et ses hommes sont en mouvements
créatifs intenses, vers l'avant, forwardons mes frères, towardons même ! Ces
chercheurs de musiques non encore musicalement dites n'ont de cesse que de
s'automissionner dans la création spontanée de sons neufs et imparables, on
se trouve largués dans un monde obscur à la voracité musicale
ensorcelante..je pense à des plantes carnivore.... Nous sommes
irrésistiblement attirés par des bacchanales mouvantes et sulfureuses, où
l'on célebre des déesses à la beauté cristalline, vénus se bougeant dans des
chorégraphies impies, nous sommes dans le païen électrifié mes frères, l'on
joue de sulfureuses mélopées, l'on veut annexer nos âmes ?, laissont nous
faire..........
Sur le 1° disque, comme un hommage au Duke, "He loved him madly" débute
l'album, longue et impressionnante pièce de plus de 30 mn qui nous plonge
dans un recueillement triste et oppressant, Miles instaure d'abord un fond
de clavier monotonal (mille excuses, je le dis avec mes mots de non musicien...:-)),
il est juste rejoint par une guitare à l'électricité primale, des silences
sont aussi créés par la force de ce qui vient dans l'instant, ils meublent
nos inconscients attentistes, des bulles sonores sont alors proposées par la
flute de Dave Liebman l'enchanteur, tout va ainsi, comme une célébration, le
crescendo sensoriel s'épaissit, dans l'attente des mots de quelqu'un....et
c'est juste au milieu du morceau que Miles se lache, en de longues phrases
d'une trompette qui saigne parce que triste d'un blues, de celui qu'on
exprime à propos des êtres aimés qui ne reviendront pas.....mais qui sont
surement toujours là par l'esprit.....le morceau s'achève sur le disque,
mais pas dans la tête, il ne peut s'arrêter....
Suivent "Maiysha", d'une superbe fraîcheur bossa-novante déjantée souvent
reprise et transfigurée en live, appaisante, venue d'une autre planète,
imaginons "simplement" ce morceau joué dans une boîte quelquepart sur Vénus
:-))
Puis du rock blues (hé oui !), presque Rolling Stonien, suit avec "Honky
Tonk", où
une belle fiesta s'organise avec tous, en particulier John Mc Laughlin aux
riffs bien bruts de décrof' et les claviers acides, limite distors même de
Keith Jarrett (hé oui n° 2 !) et Herbie Hancock, et puis Billy Cobham est
aux drums...bien
sympathique. Enfin, ce premier disque s'achève par "Rated X", vrai morceau
de punk jazz, où Miles ne fait que de l'orgue "primaire", des placages
d'accords sournoisement simples et tout bastonne très sec derrière, c'en est
même affolant de groove électrique brut et péremptoire, à la basse, Michael
Henderson est dément d'assure....ce morceau aurait très bien pu figurer sur
"On the corner", si vous voyez ce que je veux dire....
Le 2° disque tue aussi son monde, tout simplement parce qu'il débute par
cette longue pièce qu'est "Calipso frelimo". L'architecte dorsal de ce
morceau, de presque tout l'album même, est bien Michael Henderson avec cette
basse obsédante, mais que devient-il lui d'ailleurs?, Miles est déchainé là,
comme un éructeur de phrases arrachées à son corps et à sa bouche, de plus,
son acide trompette est légèrement enwahwahtée (mais sur tout l'album), ce
qui accentue cette fête qui, pendant 10 bonnes minutes terrasse tous les
diables obscurantistes d'un jazz qui n'aimait pas être violé à l'époque,
mais dieu qu'il y a pris goût depuis !!! Des percus, africaines, celles
folles de Mtume, on vogue vers l' illuminination, la transe, tout brûle, le
sol ocre surtout, de la fumée s'en dégage, mais l'on peut s'observer, l'on
s'envie, l'on s'attire....des corps se rapproches, des sueurs se mèlent, des
langues jouent......et puis STOP !, la machine laisse place au silence, le
battement du coeur Hendersonnien se fait alors écrin pour une trompette
rouge sang, prêtresse qui est revenue dire des mots blues à "l'écorché",
elle se fait exhortive, les gens s'arrêtent, écoutent, les mouvements des
poitrines dénoncent des respirations fortes encore, on souffle, on écoute,
toujours, on veut reprendre ses esprits, des boissons bleutées sont
distribuées, des gens sont vus en possibilité de rééchanger de nouveau
quelques mots, et puis, le Maître a dit.....il nous faut re-fêter la vie,
les sens, recommançons, non ?....les regards sont alors très mobiles et
nerveux, comme aux abois, les musiciens sont repartis en sons précipités, la
basse intoxique de nouveau nos corps et les propulse vers l'avant, Al Foster
a déjà réagi, la fournaise du début se refait diablement présente et se
transforme en une véritables jam Sly Stoniènne sans fin.....nous terrassant
tous.....
C'est "Red China blues" qui nous relèvera, pour célébrer Robert Johnson et
Bessie Smith, la voix, celle cuivrée de Miles, est là, aussi, ce blues
roule, dévale des pentes incertaines, décalages, of course, Miles l'est
aussi "blues", du reste a-t-il jamais pu trahir son essence même....et puis
et puis, les gens rebougent déjà, les premières notes de "Mtume" (le
morceau) ont déjà recommencé à assujettir des neurores, des chairs faibles
aussi, les notres seigneur, ces superbes filles surtout, moites à souhait,
qui nous aguichent !!!..je pense que je les aime toutes....mais nom de Dieu
qu'elles bougent bien ! Miles ? Miles ? seigneur ? saigneur ? de fidèles aux
grooves cosmiques primaux, où le libertaire est admis en plus ?....Bizance
existe donc ! hé bien oui, laissons nous emporter dans ce trou noir
finalement....faisons nos valises, allez, allez....surtout que point de
répis, "Billy Preston" (le morceau aussi hé hé......:-))....prend juste à
l'intant la suite de cet enfer si bon, ce morceau est un pamphlet funk !
Henderson, toujours, quel diable de groove lui !....Sly est omniprésent par
l'esprit....dis moi Miles, cet album là, c'est "For Duke" ouo "For Sly" ?
hein Miles ? hein ?......
...En ce temps là, Miles avait 48 ans, ses hommes beaucoup moins......ces
défricheurs tous ceux-là !...ces pourvoilleurs d'images et de plaisirs
devenus intemporels, ces offreurs de possibilités cérébrales et charnelles,
simplement nous avoir expliqué que oui, c'est possible, il nous faut sauter
de ces nids crasseux, avec eux, rejoindre ces battements d'ailes.......qui
ne s'arrêteront jamais.....nous avons des ailes.....puisque nous
volons.......:-)
dom
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