Des groupes aussi productifs qu'Opeth, il y en a peu. Huit albums en dix ans, c'est énorme, surtout lorsque ceux-ci sont s'accompagnent d'une qualité constante. Mais voilà, été 2005, le groupe annonce qu'après, Century Media, Peaceville et Music For Nations, il signe chez Roadrunner, label qui, à force de prendre sous son aile, depuis la fin des nineties, des groupes néo et assimilés, a vu sa réputation auprès des headbangers se ternir à vue d'½il. Inquiétude chez les fans, ça crie au scandale à droite à gauche sans néanmoins savoir apporter une argumentation valable, en bref, ça brasse du vent pour pas grand-chose. Signature chez Roadrunner ou pas, Opeth reste Opeth et « Ghost reveries » en est le parfait reflet. Des évolutions, il en contient, mais la fibre reste la même, à savoir ce même death progressif comme eux seuls le jouent. Growls rugueux, constructions à tiroirs tout en nuances, du death pesant et menaçant au rock progressif le plus contemplatif, tous les gimmicks d'Opeth sont là. S'ajoute aujourd'hui au tableau, un clavier. Et si son apport au visage le plus doux du groupe est considérable, son utilité lors des moments les plus metal est franchement discutable, ôtant indéniablement aux guitares du râle glaciale qu'elles développaient auparavant. En ce sens, « Ghost reveries » semble moins froid, et au final, peut-être moins sombre que les précédentes pépites du groupe. Il n'en est pour autant pas un disque porté par l'allégresse, car sur le fond, Opeth n'a pas changé. Il demeure cette même entité impériale au sens de la composition confondant et à l'ampleur impressionnante dans la variété des styles mariés. Le Opeth 2005 est un bon cru, pas le meilleur, c'est certain, mais quand même...