Gian Francesco Malipiero est né en 1882 à Venise, Italie. Petit-fils du compositeur d'opéra Francesco Malipiero (1824-1887), Gian Francesco Malipiero connut une enfance agitée ; ses parents se séparèrent en 1893, et son père Luigi, pianiste et chef d'orchestre, l'emmena avec lui à Trieste, Berlin et Vienne. Malipiero étudia au conservatoire de Vienne en 1898 avant de retourner chez sa mère à Venise en 1899. Il entra alors au Liceo Musicale, où il eut comme professeur Marco Enrico Bossi (1861-1925). Lorsque ce dernier s'installa à Bologne en 1902, Malipiero étudia seul ; il découvrit alors et transcrivit les compositeurs baroques italiens, alors complètement tombés dans l'oubli, notamment Claudio Monteverdi et Girolamo Frescobaldi. Cette découverte transforma sa vie, et lorsqu'il rejoindra Bossi à Bologne en 1904, sa technique d'écriture sera suffisamment achevée pour qu'il obtienne le diplôme du Liceo Musicale de Bologne. Malipiero devint alors l'assistant du compositeur aveugle Antonio Smareglia (1954-1929). De 1906 à 1909, il séjourna fréquemment à Berlin , où il fut l'élève de Max Bruch (1838-1920), puis en 1913 à Paris, où il fréquenta Claude Debussy (1862-1918), Arnold Schoenberg ((1874-1951), Maurice Ravel (1875-1937), Manuel de Falla (1875-1946), Alfredo Casella (1883-1947) et Alban Berg (1885-1935), ainsi que l'écrivain Gabriele D'Annunzio. Il assista à la première du Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky (1882-1971), que le marqua durablement. Avec Alfredo Casella et Gabriele D'Annunzio, il créa en 1923 la "Corporazione delle Nuove Musiche". Il fut Directeur du Conservatoire de Parme de 1921 à 1932, puis Professeur au "Venice Liceo Musicale", qu'il dirigera de 1939 à 1952 ; Bruno Maderna.(1920-1973) et Luigi Nono (1924-1990) comptent au nombre de ses élèves. De 1926 à 1942, il édita les oeuvres complètes de Claudio Monteverdi, puis, après 1952, beaucoup des Concertos d'Antonio Vivaldi. En compagnie de Franco Alfano (1875-1954), d'Ottorino Respighi (1879-1936), d'Ildebrando Pizzetti (1880-1968) et de Alfredo Casella, Gian Francesco Malipiero forme ce qu'on a appelé la "generazione dell'ottanta" (la "génération 80"), génération "post-Puccini" qui se tourna beaucoup plus que la précédente génération vers la musique instrumentale. Les oeuvres de Malipiero sont d'une extrême liberté de forme, refusant la forme Sonate aussi bien que le principe des variations, et le compositeur évolua progressivement vers un chromatisme de plus en plus radical. Malipiero est mort en 1973 à Trevise, Italie.
Parmi ses oeuvres majeures, on peut citer une Sonate pour violoncelle et piano, huit Quatuors à cordes, une Sonate à quatre pour flute, hautbois clarinette et basson, "Endecatode" pour quatorze instruments et percussion, six Concertos pour piano, deux Concerto pour violon, un Concerto pour violoncelle, un concerto pour flûte, un Triple Concerto pour pour piano, violon et violoncelle, onze Symphonies, de nombreux Opéras, dont "L'Orfeide", "Tre commedie goldoniane", "Torneo notturno", "La favola del figlio cambiato" sur un livret de Luigi Pirandello, "Giulio Cesare" et "Antonio e Cleopatra" d'après William Shakespeare, "I capricci di Callot" d'après Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann, ou bien encore "Don Giovanni", trois Ballets, "Pantea", "Stradivario" et "El mondo novo", la Cantate "La Cena" et "La Passione" pour choeur et orchestre, la Messe "Pro Mortuis", ou bien encore "Le Stagioni Italiche" pour soprano et piano.
Sandro Ivo Bartoli, piano ; Rundfunkorchester Saarbrücken, Michele Carulli.