André Gide nous livre une superbe anthologie de la poésie française, en 800 pages agrémentés d'une préface d'érudit.
Bien évidemment, malgré le prix, je ne peux que vous dire qu'elle est infiniment supérieure à celle de Pompidou, que cela soit dans le choix des poèmes que dans leur découpage.
André Gide fait une belle part aux poètes du Moyen-Âge : Charles D'Orléans, François Villon ou encore Clément Marot.
Également une grande admiration pour les génies du XVIe siècle, tels Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay, Louise Labé, Philippe Desportes, Agrippa D'Aubigné et François Malherbe (d'ailleurs, il choisit vraiment bien leurs plus beaux poèmes).
A contrario, il respecte les classiques et génies du XVIIe -La Fontaine, Racine, Boileau, etc- mais leur donne une part moins importante que les poètes du XVIe siècle, dont on se plait à découvrir le génie (que c'est beau Ronsard!).
Dans la même veine, il boude le XVIIIe siècle, en évitant la poésie de Voltaire (c'est mon principal reproche...) et ne remarquant quasiment qu'André Chénier.
Mais sa grande passion avec le XVIe siècle, c'est le XIXe siècle poétique ! Il donne la plus grande part à Victor Hugo, à Charles Baudelaire et à Paul Verlaine ! Il reconnait le génie, en plaçant Vigny, Musset, Lamartine -quoiqu'il boude un peu Nerval...Dommage - tout en donnant une bonne lecture d'Arthur Rimbaud et de Stéphane Mallarmé.
Je connais moins la poésie du XXe siècle, mais il permet de s'apprivoiser les grands poèmes de Francis Jammes, Paul Valéry et Guillaume Apollinaire.
Enfin, quoiqu'il en soit, une grande anthologie qui restera encore longtemps comme une référence, même si elle sous estime (comme beaucoup) le XVIIIe siècle.