Le tome précédent l'ayant sans doute fatigué, Gil n'a guère d'épreuves à traverser dans ce "jeu de dupes", hormis une poursuite à moto (de la rigolade pour lui) et surtout une soirée à regarder jouer le PSG (dans les tribunes VIP mais quand même !).
Et pourtant, autour de lui, ça s'agite.
Kraehn poursuit la mise en place de son scénario, sans toujours lésiner sur les grosses ficelles, mais en les intégrant à un contexte politico-affairiste qui les rend immédiatement crédibles.
Ce petit entrepreneur Lyonnais a quand même l'art de se mettre dans la panade...Gil se trouve donc au coeur de la raison d'Etat et des manigances économiques. La Françafrique fait irruption dans le scénario qui sans y toucher, énonce quelques vérités sur les troubles liés aux ressources naturelles rares comme le Coltan et sur les régimes "amis" fantoches.
Gil est passé maître dans l'art des jeux de mots incertains, des citations latines désuètes. Il n'aime pas l'art pictural moderne, l'affairisme dans tous les domaines car il a des principes. Il croise encore une jolie policière (mais comment fait il ?), mais il attend vraisemblablement le tome 11 pour la lutiner : Gil, en parfait gentleman, ne couche pas dès le 1er volume.
Il a tout pour plaire, non ?
Au niveau du dessin, pas de surprise,Kraehn, c'est du classique et du solide. Il rend parfaitement lisible une histoire pourtant assez riche en texte. Seule réserve récurrente sur cette série, la refonte des couvertures chez Glénat. Je suis sûr que ces présentations un peu précieuses énerveraient Gil, d'ailleurs.
Encore un bon cru.