Ginger snaps est une bonne surprise. Les films de loup-garous, genre trop balisé pour laisser place à l'originalité, manquent depuis longtemps de sang frais et d'inventivité. Ce film, en adoptant le point de vue de 2 soeurs perturbées par les affres de la puberté, dépeint fort justement l'univers complexe de l'adolescence. Par certains points, le premier tiers du film renvoie à Virgin suicides. Même charge contre les institutions familiales américaines,ainsi qu'à l'encontre du milieu stérile des ados américains dans leurs lycées. La contamination d'une des deux soeurs apparait ici comme une bénédiction, l'outil permettant de prendre leur revanche sur ceux qui les agressent injustement et qui les répugnent. Le dernier tiers du film, en répondant aux codes habituels du genre est peut-être la partie la plus faible. La transformation finale est tout juste passable. Mais on ressort de ce film un peu troublé et désorienté. Surtout grâce à Bridget, la soeur de Ginger, qui assiste impuissante à l'évolution incontrôlée de son ainée. Mérite le détour.