La photographie érotique peut se décliner de bien des façons. Josef Botello, lui, a choisi ici l'angle du fétichisme et pour ne pas faire les choses à moitié, il conjugue devant son objectif deux fantasmes : celui du bondage et celui des armes. A vrai dire, ni l'un ni l'autre ne m'attirent à priori. Les flingues ne m'excitent pas et le bondage me laisse plutôt indifférente. Pourtant, curieusement, je n'ai pas été insensible à ces photos sexy de jolies créatures aux corps entravés léchant ou caressant de manière suggestive les canons de leurs pistolets. Que veut dire Botello, exactement ? Mystère ! Veut-il seulement dire quelque chose ? Je n'en suis même pas sûre... Par moments, en parcourant cet ouvrage, j'ai été malgré tout saisie d'un certain sentiment de malaise à voir des armes à feu ainsi investies d'une telle sexualité. Certaines photos ont indéniablement quelque chose de malsain... D'un autre côté, comme disait Gide, « l'Art n'atteint véritablement son but que lorsqu'il dérange». Conclusion : je suis coupée en deux ! Une partie de moi trouve ça moralement douteux et l'autre partie s'en rince l'oeil ! C'était peut-être, après tout, le but recherché?