3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Une jolie version, mais pas une des meilleures..., 21 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Giselle (DVD)
Cette jolie « Giselle » néerlandaise, bien filmée, avec une belle qualité d'image, souffre principalement de la concurrence avec les excellentes versions récentes de la Scala de Milan (avec l'inégalable Zakharova), du Royal Ballet (Alina Cojocaru) ou de l'Opéra de Paris (Laëtitia Pujol). Ici, presque tout est un petit cran en dessous, mais le spectacle est globalement de très bonne qualité.
La chorégraphie et la mise en scène correspondent à la version « standard » Coralli-Perrot revue par Petipa. Dans le premier acte, on trouvera néanmoins quelques menues variantes : le pas de deux des jeunes paysans est ici un pas de quatre, bien dansé et agréable à regarder. Moins convaincante est la danse des vignerons, en culotte de peau et aux jambes nues, dont le style est un peu anachronique et la réalisation approximative.
Les décors sont très légèrement stylisés, et créent un peu moins d'ambiance que ceux de Milan, Paris ou Londres. Il en va de même avec les costumes, un peu plus simples. À l'acte II, les silhouettes des grands arbres qui forment le fond du décor sont quand même d'un bel effet, ainsi que l'arrivée des Wilis sur un tapis de brume, mais l'éclairage du plateau est parfois un peu insuffisant, et laisse trop de zones d'ombre. Le corps de ballet est parfois un peu désynchronisé à l'acte I, qui manque d'un rien de raffinement dans la pantomime ou dans la disposition des groupes de danseurs sur scène. Au second acte, les vingt-quatre Wilis sont quasiment irréprochables.
Dans le rôle d'Hilarion, Jan Zerer est plus grand et plus mince qu'Albrecht, ce qui est inhabituel pour ce personnage fruste, mais il est très convaincant dans son solo final. Jozef Varga (Albrecht) danse avec technique et élégance, mais manque un peu de puissance physique. Igone de Jongh (Myrtha) n'est pas une virtuose du saut, et sa performance est très loin de la pyrotechnie de Tatiana Terekhova (Kirov, 1983). Mais elle est grande, très belle, et ce physique de déesse, allié à une grande expressivité des bras, lui permet de réellement incarner son personnage froid et vengeur de la façon la plus convaincante qui soit. Enfin, Anna Tsygankova est une bonne Giselle, dotée d'une grande élévation et d'un style très fluide, mais pas toujours très précis.
Au total, une « Giselle » agréable, mais pas une version de référence en DVD.
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5.0 étoiles sur 5
Nouvelle Giselle, nouveau regard., 16 octobre 2010
Magnifique et nouvelle production du Dutch National Ballet.
Marius Petipa (d'après Jean Coralli et Jules Perrot) revisité par Rachel Beaujean (Directrice Artisique du D.N.B.) et Ricardo Bustamante (Assistant Directeur Artistique du San Francisco Ballet).
Un décor du premier acte épuré avec une toile de fond très belle où les éclairages jouent un rôle prépondérant sur un ciel magnifiquement peint; un château si peu perceptible et si lointain comme le monde d'Albrecht l'est de celui de Giselle.
Le deuxième acte tire une partie de sa grande force également par un décor d'arbres fantasmagoriques et un ciel tourmenté où là encore les éclairages jouent un rôle prépondérant dans l'atmosphère nocturne et surnaturelle de cet acte en blanc jusqu'à ce lever du jour poudré d'or. L'apparition des Willis flottant sur une nuée de vapeurs bleutées et celle de Giselle au-dessus de sa tombe sont deux des moments forts de la scénographie.
Mais c'est peut-être dans la chorégraphie que réside le plus grand atout de cette production.
Un portrait d'Hilarion des plus convaincants enfin traité presque comme un premier rôle.
Le casting le montre ici aussi jeune et séduisant qu'Albrecht ce qui donne une force nouvelle à leur rivalité.
Dans son premier acte la part de pantomime est plus élaborée que d'habitude et JAN ZELER est très convaincant et touchant dans son jeu. Il possède des qualités évidentes d'acteur et on se sent désolé pour lui de n'être pas aimé en retour de Giselle. On compatit pour une fois lorsqu'il devient suspicieux et jaloux. Qui ne le deviendrait pas?
Dans l'acte 2 où sa participation est aussi renforcée, sa performance de danseur et interprète est d'un haut niveau dramatique et nous donne une danse de mort puissante et pathétique grâce à une chorégraphie si justement maîtrisée par Rachel Beaujean et Ricardo Bustamente.
JOZEF VARGA et ANNA TSYGANKOVA sont d'indissociables Albrecht et Giselle collés l'un à l'autre par une extraordinaire alchimie.
Pour danser Giselle une ballerine doit avoir atteint une grande maturité artistique et c'est ce que prouve TSYGANKOVA dans son interprétation d'une Giselle vibrante à l'acte 1, et un Esprit si transparent, immatériel et léger au second acte. Elle émeut tout au long du ballet par sa présence. Sa première apparition à l'acte 1 prédit la Giselle qui s'en suivra; sa scène de la folie est une des plus émouvantes qui soient; sa variation d'entrée à l'acte 2 est d'une puissance, d'une vitesse, d'une netteté telle qu'elle est exigée... et ainsi jusqu'à la fin.
JOZEF VARGA est à l'aise dans ses variations (quelques fois brillant) avec beaucoup d'esprit et d'inspiration pour un tendre, sincère et touchant Albrecht. On aime cet Albrecht qui ne joue pas avec l'amour de Giselle mais qui est d'emblée amoureux. Quel beau partenaire dans les fameux "Pas de deux" des deux actes!
Notamment à l'acte 2, comment Giselle pourrait-elle aller si loin dans son interprétation, se sentir si libre si légère dans les airs (Portés), aller si loin dans ses fameuses arabesques du deuxième acte si derrière elle ou à son côté il n'y avait pas un tel partenaire?
Le Pas de Quatre des paysans est dansé avec beaucoup de talent par MICHELE JIMENEZ, MAIA MAKHATELI, ARTHUR SHESTERIKOV, MATHIEU GREMILLET. Deux belles variations inhabituelles sont ajoutées à ce beau moment de danse, récréation avant le drame.
Enfin le rôle de Myrtha est un atout majeur de cette production, rôle revu avec beaucoup de force par Beaujean et Bustamente. Intérieurement le personnage est dur, sec. Giselle pardonne; Myrtha non. Et cela se voit jusqu'à ce magnifique placement où Giselle protégeant de ses bras Albrecht, Myrtha touchée recule. Grand moment de théâtre et de chorégraphie. IGONE DE JONGH est admirablement belle ce qui donne une force supplémentaire à la puissance de son expression artistique. Sa Myrtha est racée, impériale, techniquement très accomplie.
Les Willis sont un bel ensemble, bien accordées entre elles, et font l'écrin de cette réussite de l'acte 2.
En prime un long Bonus très intéressant avec interviews des deux chorégraphes sur la production, ainsi que des danseurs VARGA, TSYGANKOVA, DE JONGH et ZERER sur les rôles interprétés.
Une version de Giselle à avoir avec ses favorites sur les étagères "Carré d'Or".
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