Il ne faut pas chercher dans le livret de cet opéra une ombre de bon sens dans cette incohérence psychologique des protagonistes
et de la trame( la mère qui se trompe de bébé en jetant son propre enfant dans les flammes pour venger sa mère sur le bûcher,des
histoires de passions ardentes abracadabrantes et pour finir la même mère qui se retrouve comme satisfaite et vengée par la mort
de son fils adoptif qu'elle adorait!) Mais comme d'habitude la beauté de la musique parvient à nous faire ''avaler'' tout et même à nous
bouleverser au final digne d'un film d'horreur. Ce n'était pas encore là le Verdi raffiné d'Aïda mais quelle puissance déjà se
dégageait de cette partition quitte à nous faire croire, par les notes , à la vraisemblance de ces personnages ahurissants!
Certes Eva Marton a une voix large mais quelle idée d'en user bien trop souvent et en particulier dans les aigus quand elle
chante un des airs les plus profondément tendres, mélancoliques et suaves de Verdi:''D'amor sull'ali rosee''? Tant pis! mais
Leonora n'est pas Turandot.
Sherrill Milnes s'en tire plutôt bien avec cependant un petit manque de nuances.
Dolora Zajick ressent son rôle, personnellement j'aurais voulu entendre plus de vigueur farouche dans sa voix dans ''Stride
la vampa'' par exemple,comme une incantation(à mon goût).
Il n'est pas dans mes intentions de nier la voix assurée de Pavarotti mais il donnait toujours l'impression de chanter pour
sa gloire par égocentrisme au lieu de penser d'abord à apporter quelque chose au public et je ne l'ai jamais trouvé''racé''.
Excellente mise en scène,excellents costumes,excellent Brian Large et bien sûr excellent ''big Levine''.