Giustino est une oeuvre tardive de Haendel, peu jouée, et dont l'alliage d'ambiances pastorale et guerrière réussit pourtant le plus souvent à échapper aux clichés fastidieux du genre. McGegan en fait une lecture scrupuleuse, mais qui manque de fougue. La distribution est dominée par Michael Chance, dont le timbre de velours et le beau legato compensent en partie, dans les airs tendres, le fait qu'un contre-ténor n'a pas la puissance requise pour les airs de bravoure. Autre maladresse de casting : la soprano Dorothea Röschmann a une voix trop étroite et un timbre trop strident pour le rôle d'Arianna. La soprano Dawn Kotovski, quant à elle, a un timbre bien séduisant... mais bien trop féminin pour incarner Anastasio ! En Leocasta, la mezzo Jennifer Lane remplit honnêtement son contrat, de même que Juliana Gondek en Fortuna, Mark Padmore en Vitaliano et Dean Ely en Polidarte. Quant au contre-ténor Drew Minter en Amanzio, il est à oublier. Au total, une entreprise qui, malgré ses imperfections, vaut la curiosité de l'amateur d'opéra haendélien (en téléchargemnt MP3).