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À l'instar de son mentor Aphex Twin, Tom Jenkinson (alias Squarepusher) s'évertue, depuis 4 opus, à mélanger les sources sonores et les influences pour construire une musique frénétique, trépidante à l'image de l'entêtant single qui introduit l'album : "My Red Hot Car". Malheureusement, avec "Boneville Occident" et "Go Plastic", on s'enfouit à nouveau dans les limbes d'une drum'n'bass barrée, tour à tour dub, electro et free-jazz. Habiles collages mais démonstration agaçante. Avec "The Exploding Psychology", on se croirait revenu au temps de l'acid house et de la jungle avec ses gimmicks bien sentis. Puis, les mélodies singulières et hallucinées de "I Wish You Could Talk" nous emportent alors que "My Fucking Sound" s'avère laborieux, comme conçu sous l'emprise de puissants psychotropes. En bref, beaucoup de bruit pour pas grand-chose.
--Pedro Summer
Critique
Après plusieurs sorties influencées par le jazz improvisé,
Go Plastic est un retour surprenant à une conception entièrement électronique. Si l’on retrouve les
breakbeats familiers des premiers Squarepusher, le son est y beaucoup plus digital qu’à l’époque du maxi
Big Loada. . Pour ce disque très déconcertant, Tom Jenkinson s’est procuré plusieurs logiciels musicaux qui donnent un son plus clair à l’ensemble. Tout comme ses confrères Autechre sur l’abstrait
Confield, Squarepusher s’ingénie à maltraiter ses nouveaux outils jusqu’à leur faire rendre gorge.
Outre cette part de chaos et de déflagrations sonores habituels à Squarepusher, on trouve d’autres titres très mélodiques à l’instar de ce single improbable qu’est
« My Red Hot Car ». L’histoire du morceau éclaire fort bien la personnalité de Tom Jenkinson. Piqué par les remarques d’un voisin clubber sur l’étrangeté de sa musique, Squarepusher, pour « communiquer avec lui », compose
« My Red Hot Car » parodie évidente du genre two step. De ce style, il n’oublie pas les grosses basses, les rythmes cassés assez doux et ces vocaux plutôt fadasses (qu’il se permet de pimenter un peu « I’m gonna fuck you in my red hot car ! »). Squarepusher montre que sur le canevas contraignant d’une musique club, il est capable d’ un malicieux détournement.
Les breakbeats drum’n’bass, absents de
Music Is Rotted One Note et des EPs suivants, sont au cœur du processus comme sur l’electro hip hop
« Boneville Occident », le minimal
« I Wish You Could Talk » et le complexe
« Go! Spastic » où des vocaux ragga sont coupés sans cesse. La musique contemporaine, déjà présente sur
Music Is Rooted One Note se retrouve dans les titres abstraits en diable que sont le court
« Metteng Excuske V1.2 » et les labyrinthiques
« Greenways Trajectory » et
« My Fucking Sound ». Au milieu de ces contrées agitées, surnage l’instrumental enchanteur
« Tommib » qu’on pourrait attribuer à Boards of Canada. Ce superbe morceau figurera sur la brillante bande originale de
Lost in Translation de Sofia Coppola.
Avec
Go Plastic, album difficile qui secoue sans cesse l’auditeur par ses séquences bruitistes et ses ambiances disparates, Squarepusher a sorti l’un des disques électroniques les plus novateurs du moment.
François Bellion - Copyright 2012 Music Story