Sorti en 2001, ce troisième album de Remy Zero est sans aucun doute le plus abouti. Leur pop mélodique, qu'elle soit portée par une énergie lumineuse (
« Impossibility »), ou qu'elle soit plus chargée de sentiments (
« I'm Not Afraid ») voire de douleurs, a tout pour plaire aux amateurs du genre. Orchestrée, énergique, elle a en tout cas ravit les fans du précédent opus,
Villa Elaine (1996), qui avait ouvert la voie du succès au quintet mené par les frères Tate.
En introduction, le titre éponyme instrumental ouvre toutes les perspectives envisageables par ce groupe au talent certain mais à l'originalité moins évidente. Un lyrisme doux amer qui évoque Starsailors, des riffs mélodiques et la voix de Cinjun Tate rappelant les albums de Nada Surf (dont la musique est aussi régulièrement utilisée dans des bandes originales de séries TV), une énergie entre power pop et post-grunge (
« Smile ») gardée depuis leur premier album (
Remy Zero) et celui de Radiohead, qui lors des débuts de Remy Zero, cinq ans auparavant, leur avait ouvert la voie en les présentant en première partie lors de la tournée américaine de
The Bends.
C'est pourtant la comparaison avec Bono et le U2 de la grande période (années 1980) qui est le plus souvent parue, et ce n'est pas un hasard tant la ressemblance est incontestable sur le titre
« Save Me ». Certes efficace, mais manquant totalement d'émotion véritable, puisque sonnant comme une parodie un peu grotesque, le titre a offert une gloire mondiale et posthume au groupe lorsqu'elle a été utilisée pour le générique de la série américaine Smallville.
Si la chanson a aidé Clark Kent à devenir Superman, elle a aussi, et c'est finalement dommage, sonné le glas de Remy Zero, dont ce fut le dernier album.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story