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Gomorra: Dans l'empire de la camorra Broché – 17 septembre 2009


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Descriptions du produit

Extrait

Le port

Le conteneur oscillait tandis que la grue le transportait jusqu'au bateau. Comme s'il flottait dans l'air. Le sprider, le mécanisme qui les reliait, ne parvenait pas à dompter le mouvement. Soudain, les portes mal fermées s'ouvrirent et des dizaines de corps tombèrent. On aurait dit des mannequins. Mais lorsqu'ils heurtaient le sol, les têtes se brisaient bien comme des crânes. Car c'étaient des crânes. Des hommes et des femmes tombaient du conteneur. Quelques adolescents aussi. Morts. Congelés, recroquevillés sur eux-mêmes, les uns sur les autres. Alignés comme des harengs dans une boîte. Les Chinois qui ne meurent jamais, les éternels Chinois qui se transmettent leurs papiers d'identité : voilà où ils finissaient. Ces corps dont les imaginations les plus débridées prétendaient qu'ils étaient cuisinés dans les restaurants, enterrés dans les champs près des usines ou jetés dans le cratère du Vésuve. Ils étaient là et s'échappaient par dizaines du conteneur, leur nom inscrit sur un carton attaché autour du cou par une ficelle. Ils avaient tous mis de côté la somme nécessaire pour se faire enterrer chez eux, en Chine. On retenait une partie de leur salaire, en échange de laquelle, après leur mort, leur voyage de retour était payé. Une place dans un conteneur et un trou dans quelque lopin de terre chinois. Quand le grutier du port m'a raconté cette histoire, il a placé ses mains sur son visage en continuant à me regarder à travers ses doigts écartés, comme si ce masque lui donnait le courage de poursuivre. Il avait vu s'abattre des corps et n'avait même pas eu besoin de donner l'alarme ou d'avertir qui que ce soit. Il avait simplement déposé le conteneur au sol et des dizaines de personnes, sorties de nulle part, avaient remis tous les corps à l'intérieur avant de nettoyer le quai avec un jet d'eau. C'est ainsi que ça se passait. Il n'arrivait toujours pas à y croire, il espérait que c'était une hallucina­tion provoquée par un surcroît d'heures supplémentaires. Il a serré les doigts pour se couvrir complètement le visage et continué à parler en pleurnichant, mais je ne comprenais plus ce qu'il me disait.
Tout ce qui a été fabriqué passe par le port de Naples. Il n'est nul produit manufacturé, tissu, morceau de plastique, jouet, marteau, chaussure, tournevis, boulon, jeu vidéo, veste, pantalon, perceuse ou montre qui ne transite par ce port. Le port de Naples, cette blessure. Grande ouverte. Le point final des interminables trajets que parcourent les marchandises. Les bateaux arrivent, s'engagent dans le golfe et s'approchent de la darse comme des petits attirés par les mamelles de leur mère, à ceci près qu'ils ne doivent pas téter mais se faire traire. Le port de Naples est un trou dans la mappemonde d'où sort tout ce qui est fabriqué en Chine ou en Extrême-Orient, comme se plaisent encore à l'écrire les journalistes. Extrême. Lointain. Presque inimaginable. Si l'on ferme les yeux, on voit des kimonos, la barbe de Marco Polo ou le coup de pied latéral de Bruce Lee. En réalité, cet Orient est relié au port de Naples comme aucun autre endroit au monde. Ici, l'Orient n'a rien d'extrême, le très proche Orient, devrait-on dire, le moindre Orient. Tout ce qui est produit en Chine est déversé ici comme un seau d'eau qu'on vide dans le sable et dont le contenu détériore, creuse et pénètre en profondeur. 70 % du volume des exportations de textile chinois transitent par le seul port de Naples, ce qui ne représente pourtant que vingt pour cent de leur valeur. C'est une bizarrerie difficile à comprendre, mais les marchandises ont leur magie, elles peuvent être à un endroit sans y être, arriver sans jamais vraiment arriver, coûter cher au client tout en étant de qualité médiocre, et valoir peu aux yeux de la douane tout en étant précieuses. Car le textile regroupe de nombreuses catégories de biens et il suffit d'un trait de stylo sur le bordereau d'accompagnement pour réduire les frais et la T.V.A. de façon drastique. Dans le silence de ce trou noir qu'est le port, la structure moléculaire des choses semble se décomposer puis se recomposer une fois loin de la côte. Les marchandises doivent quitter très vite le port. Tout se déroule rapidement, au point que les choses disparaissent presque aussitôt. Comme si rien ne s'était passé, comme si tout n'avait été qu'un geste. Un voyage inexistant, un faux accostage, un bateau fantôme, une cargaison évanescente. Comme s'il n'y avait rien eu. Une évaporation. La marchandise doit parvenir entre les mains de l'acheteur sans laisser de trace de son parcours. Elle doit rejoindre son entrepôt, vite, immédiatement, avant que le temps reprenne son cours, le temps nécessaire à un éventuel contrôle. Des quintaux de marchandises qui circulent aussi facilement qu'un pli livré à domicile par le facteur. Dans le port de Naples, avec ses un million trois cent trente-six mille mètres carrés et ses onze kilomètres et demi de longueur, le temps se dilate d'une façon inédite. Ce qui pourrait prendre une heure à l'extérieur semble y durer à peine plus d'une minute. La proverbiale lenteur qui caractérise dans l'imaginaire collectif chaque geste d'un Napolitain est ici démentie, niée, brisée. Les premiers contrôles douaniers surviennent dans un laps de temps que les marchandises chinoises prennent de vitesse. Impitoyablement rapides. Ici, chaque minute semble annihilée, c'est un massacre de minutes, de secondes volées aux formalités, poursuivies par les accélérations des camions, tirées par les grues, emportées par les chariots élévateurs qui vident les entrailles des conteneurs. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

Revue de presse

L'œuvre de Saviano s'est vendue à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde et a été traduite dans plus de quarante pays. Porté à l'écran par Matteo Garrone, Gomorra a été récompensé par le Grand Prix du Festival de Cannes en 2008.


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Détails sur le produit

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Folio (17 septembre 2009)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070379868
  • ISBN-13: 978-2070379866
  • Dimensions du produit: 18 x 2 x 11 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.1 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (22 commentaires client)
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile  Par DéLecteur TOP 1000 COMMENTATEURS sur 5 janvier 2014
„Gomorra“, c’est le nom que Don Peppino Diana donna à sa région ployant sous le joug de la pire des mafias, la Camorra. Ce jeune prêtre avait eu le courage de dénoncer publiquement tout le mal que ces individus sans scrupule continuent à infliger à leurs concitoyens. Il se fit abattre de plusieurs balles tirées à bout portant en plein visage. Cela se passa dans son église, le matin du 19 mars 1994. Don Peppino Diana paya de sa vie son combat. Il ne voulait plus que les individus de la Camorra continuent à posséder son pays en le transformant en un grand Gomorrhe, dans lequel ce sont eux qui fixent les lois, ont droit de vie et de mort sur tout un chacun, et mènent à la désolation ce qui partout ailleurs prospérerait. Don Peppino Diana se basait sur la Bible pour avertir que Gomorra serait à son tour irrémédiablement anéantie, comme le furent Sodome et Gomorrhe.
Roberto Saviano est lui aussi natif de cette région napolitaine. Comme Don Peppino Diana, il a le courage de témoigner et de risquer sa vie. Depuis sa naissance en 1979, ce sont 130 personnes qui se font assassiner en moyenne chaque année par la Camorra. D’autres chiffres montrent à quel point la Campanie est gangrénée : seules 9 des 92 communes de la région napolitaine n’ont jamais été l’objet d’enquêtes pour causes d’infiltrations mafieuses dans les affaires communales, ou d’élections de mafieux dans le conseil municipal.
Mais les chiffres ne doivent pas dépersonnaliser le fléau. Et Roberto Saviano relate dans toute leur cruauté de nombreux crimes commis souvent en plein jour et en plein public.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile  Par lectrice 75 sur 5 avril 2012
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Je croyais être informée sur les associations maffieuses, mais après avoir lu ce livre, je constate que j'étais loin d'imaginer l'ampleur des choses. Les méthodes employées par les grandes maisons du luxe par exemple, pour faire confectionner aux prix les plus bas sont hallucinantes, avec pour conséquence l'alimentation du marché de la contrefaçon contrôlé par les maffieux... la plongée dans ce monde parallèle est époustouflante ... le courage de Robert Saviano est admirable et désespéré... Ce livre est à lire absolument, même si personne ne sort indemne de cette lecture.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile  Par akéla sur 23 août 2010
Une fois entamé, il est difficile de déposer ce livre, véritable démontage de systèmes dont on se demande comment ils peuvent être mis en place .
A contrario, on pourrait aussi se demander ce qui, heureusement, empêche cette criminalité de se généraliser .
L'auteur a dû prendre de grands risques pour effectuer pareille enquête et j'espère qu'il n'aura pas à le regretter .
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile  Par Kawa sur 16 octobre 2013
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Très bon livre, à lire absolument pour tous les amateurs de l'univers de la Mafia. Tous les aspects y sont abordés : économiques, sociaux et politiques.

Pour ceux ayant visionner le film, sachez que ce-dernier ne reprend qu'une petite fraction du livre.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile  Par K. Legrand sur 19 juillet 2010
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Le livre offre certains passages intéressants, notamment en ce qui concerne :
- les trafics aux douanes à l'entrée des ports italiens,
- la mafia et le secteur de la confection textile dans le Nord de l'Italie,
- les trafics de déchets qui sont un vrai fléau à l'époque du réchauffement climatique mais dont le grand publique sait si peu.

Le reste du livre est d'un intérêt relatif car je n'ai rien appris de plus que ce que l'on sait par les films, classiques du genre, tel le « Parain » ou « Scarface » : beaucoup de sang et de violence, la guerre des clans, une jeunesse sans espoir, etc. D'ailleurs, je me suis perdue plusieurs fois dans le livre car Saviano n'hésite pas à citer beaucoup de noms et de surnoms des protagonistes et cela est parfois assez fastidieux. Je pense que « Gomorra » mérite d'être lu car il dénonce un système que l'on soupçonne mais qui est très peu dénoncé publiquement.

Par contre, on pourrait remettre en cause la méthodologie de l'auteur qui n'explique jamais quel a été son degré d'intégration dans la Camora. Saviano n'explique pas comment il a connu les faits exposés (en tant que journaliste, simple observateur, trafiquant, travailleur pour la Camora, etc) et comment il a vérifié ses sources. Cela laisse planer un doute quant à l'intégrité de l'auteur.
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1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile  Par MM TOP 500 COMMENTATEURSVOIX VINE sur 2 mars 2011
Rédigé dans un style journalistique vif et rapide, cet ouvrage est terrifiant. On reste d'abord étonné devant l'ingéniosité des clans mafieux pour gagner de l'argent, puis, au fil des pages on s'aperçoit que Saviano nous décrit un cancer qui ronge la société avec des ramifications à tous les niveaux et bien au-délà des frontières italiennes. Les méthodes et les appartenances des clans sont décrits avec beaucoup de détails. Et parfois, comme une autre personne qui a posté un commentaire sur ce site, on se demande comment il a réussi à passer au travers des balles tant une exécution paraît facile.
Je connais bien Naples et sa région et je comprends mieux le fatalisme de ses habitants qui tiennent un discours du genre "vous les Français vous être privilégiés, vous ne pouvez comprendre ce qui nous arrive". Un dernier point: Les Napolitains sont très accueillants avec les touristes, prévenants. Il ne faut pas croire que ce sont tous des mafieux comme on pourrait le faire à le lecture de cet ouvrage... et Naples et une très belle ville.
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