Modest Mouse est un groupe de rock américain injustement méconnu en France. Ils sont pourtant les auteurs depuis une dizaine d’années de disques ambitieux et originaux qui suscitent des réactions enthousiastes chez un certain public. ‘Good News For People Who Love Bad News’ ne déroge pas à la règle. Après une introduction en fanfare (littéralement ou presque), ‘The World At Large’ scotche l’auditeur d’entrée, on est ici dans les très hautes sphères, avec cette mélodie évidente mais pas niaise, ces paroles un peu désenchantées sur l’impossibilité de se fixer, ces ‘Pa pa pa pa’ renversants de beauté. La suite est à l’avenant, avec des compositions toujours inventives, et qui se déploient avec majesté. A ce titre la première partie du disque est particulièrement impressionnante avec un enchainement imparable de tubes (enfin qui seraient des tubes dans le monde de mes rêves) : ‘The World At Large’ donc, ‘Float On’, ‘Ocean Breathes Salty’, ‘Bury Me With It’. La guitare est toujours reine dans ce disque mais l’instrumentation du groupe s’étoffe, avec l’intervention d’un banjo, d’un ensemble de cuivres, d’un clavier synthétique, toujours au profit des chansons, qui gagnent en ampleur et en diversité ce qu’elles perdent en bizarrerie par rapport aux premiers opus du groupe. On pense un peu au meilleur Pavement, au meilleur Pixies, au meilleur Violent Femmes, un peu parce que la musique nous rappelle ces groupes majeurs, mais surtout comme un témoignage de l’importance de Modest Mouse, qui se hisse à l’aise à la hauteur (voire au–dessus) de ces acteurs fondamentaux du rock indépendant. Le meilleur de la musique américaine est là, dans ce groupe modeste et génial, dans ces paroles ironiques et détachées, dans cette volonté permanente de remettre en question son savoir-faire et son songwriting pour toucher l’auditeur, le surprendre, le faire bondir, hurler, s’interroger, danser, etc.. Bonne nouvelle pour ceux qui aiment les grands disques, en voilà un, immense.