George Clooney fait parti de ces grands acteurs populaires, qui devenus producteurs, s'attaquent à des sujets politiques, revendiquant haut et fort ses opinions. On s'en félicite. A l'image d'un Burt Lancaster, ou d'un Kirk Douglas, dans les années 60, qui ont su allier un cinéma populaire et engagé.
Le sujet de GOOD NIGHT AND GOOD LUCK est donc éminemment politique, puisqu'il soulève la responsabilité des journalistes, leurs engagements, face aux dérives d'un pouvoir politique. Clooney rend aussi hommage à son père, journaliste engagé. Je ne reviendrai pas sur les qualités de fond de ce film, décrites dans les autres commentaires. Par contre, je pense qu'à force de vouloir empoigner un sujet « sérieux », Clooney metteur en scène, a un peu oublié qu'il faisait du cinéma. Sans aller aussi loin que le commentateur P Henri Thorieux, on est en droit de regretter certains partis pris de la mise en scène, qui s'apparentent davantage au théâtre, voire au mieux, à la télévision. Clooney croit tellement en son sujet, qu'une fois son message passé, il ne reste plus grand chose à se mettre sous la dent. Les personnages en tant que tel ne sont pas développés, les rapports psychologiques sont (volontairement) absents. Et bien que court, son film manque un peu de rythme.
La réalisation élégante et très appuyée « année 50 » est certes très soignée, l'interprétation sans faille, mais l'ensemble est très sec, très froid. C'est une thèse, un document, propre à être diffusé dans toutes les écoles, à la TV, mais sans doute pas au cinéma. La force d'un Burt Lancaster (lorsqu'il produisait ELMER GANTRY par exemple), ou de metteurs en scène comme Brooks, Fritz Lang, ou Sydney Lumet (son 12 HOMMES EN COLERE tourné en N&B dans une seule pièce est un modèle du genre), résidait dans l'association de « sujets de fond », et d'une « forme » propre à accrocher le spectateur.