Reconstitution angélique et compassée du « long chemin vers la liberté » de Nelson Mandela, ce film ne brille guère par l'émotion ou l'originalité. L'histoire est certes archi-connue, mais le réalisateur se borne à en décrire superficiellement les étapes à travers la relation ambigüe du leader noir avec son geôlier. Ce face à face n'est guère crédible, car il est lénifiant et ni Joseph Fiennes ni Dennis Haysbert ne parviennent à lui donner une vraie densité tragique. Ils sont tous deux englués dans les clichés du genre.
D'une manière plus générale, on n'apprend rien d'important sur le destin exceptionnel de Mandela, qui se superposa de manière emblématique à celui vertigineux de son pays. On n'apprend rien sur le formidable bras de fer qui opposa durant de longues années, l'ANC au gouvernement blanc de l'époque, et sur les concessions réciproques et l'esprit d'ouverture qui, associées aux pressions internationales, permirent d'aboutir à une solution apaisée, ce qui fut impossible au Zimbabwé par exemple. Seule Diane Kruger se démène vraiment pour donner un peu de consistance à son personnage.