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28 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un plateau de haute volée pour un chef d'oeuvre,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Gounod : Mireille - mise en scène Nicolas Joël (DVD)
Septembre 2009. Nicolas Joel inaugure son mandat à l'Opéra de Paris en faisant entrer Mireille dans la prestigieuse salle. Une réussite absolue sous la baguette de Marc Minkowski qui a su rendre le tissu sonore chatoyant, la narration vivante. Chaque chanteur trouve le ton juste et crédible. Charles Castronovo incarne un Vincent châtié et élégant face à une Inva Mula (Mireille) pleine de sincérité. Sa fragilité et son manque naturel d'élocution (qui pouraît faire paraître le personnage maniéré) sont compensés par une exquise musicalité et une intégrité qui ne lui fait esquiver aucun obstacle de ce rôle long et ardu. L'air de la Crau et le tableau final où l'émotion est à son comble, sont ceux d'une véritable artiste. Franck Ferrari campe un Ourrias tout d'une pièce, Alain Vernhes un Ramon autoritaire, Nicolas Cavalier un Ambroise de belle tenue. Anne-Catherine Gillet, Amel Brahim-Jelloul et Sébastien Droy forment un trio adorable et bien chantant. Enfin la voix de bronze et la diction mordante de Sylvie Brunet confère à Taven la dimension d'une prophétesse. Atout supplémentaire, la mise en scène de Nicolas Joel: rejetant folklore incongru et sensiblerie, il sera de ceux qui vieillissent bien et qui passent bien à l'écran. Saluons au passage le travail de François Roussillon qui est, comme toujours, impeccable. Un DVD indispensable à toute vidéothèque équilibrée et qui procurera à son détenteur de longues années de pur bonheur.
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20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Mireille, enfin!,
Par Valéry d'AMBOISE (Tourrette-Levens, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mireille [Blu-ray] (Blu-ray)
Mireille par l'Opéra de ParisTronqué, dénaturé, réduit à 4 ou 3 actes, privé de "L'Air de la Crau", le chef d'oeuvre de Gounod avait subi toutes les avanies. Il a fallu attendre 1939, longtemps après la mort du musicien, pour que Reynaldo Hahn reconstitue, notamment avec Henri Büsser, disciple de Gounod, l'opéra-comique tel que son créateur l'avait conçu. Eh bien aujourd'hui, grâce à toute l'équipe que Nicolas Joël, ce brillant élève de Chéreau, a réunie autour de lui, "Mireille" a retrouvé ses origines et la perfection que l'on attendait depuis... près de 150 ans! Si seulement Gounod avait pu voir les merveilles que l'Opéra de Paris a mises en place autour de son chef-d'oeuvre tant décrié à l'époque; Gounod... et Mistral: ils en auraient pleuré tous les deux, comme le poète avait pleuré d'émotion lorsque Gounod lui avait apporté le livret de "leur" Mireille! Enfin une distribution française, c'est tout ce qu'on demande, même si elle n'est qu'apparente. Inva Mula-Mireille est née en Albanie et Charles Castronovo-Vincent est né aux USA; on les croirait pratiquement français. Bien sûr qu'on peut ergoter sur deux ou trois détails ; on peut toujours critiquer, c'est si facile. La diction de cette Mireille ne vaut pas celle de Vincent, mais Inja Mula est tellement possédée par son rôle, elle est tellement « crédible » (comme son partenaire) à côté de tous ces insupportables pachydermes de la scène (à réserver au disque !), qu'on oublie. Et puis, la Crau est vraiment « très » désertique. Qu'importe. Donc, une réussite parfaite, qui servira longtemps de référence. Loin de toute la déplorable dégénérescence que certains metteurs en scène sans imagination veulent nous imposer en dénaturant l'essence même de l'oeuvre qu'ils ont été chargés de servir. Faust en guenilles, dans une décharge publique, Belmonte allant sortir Constance du bordel (authentique!) et pourquoi pas Marius, le spationaute, partant pour l'espace, laissant Fanny aux mains d'un patron de casse d'avions démantelés. Quant à la qualité technique du DVD (2 disques pour le normal; un seul pour le Blue-Ray), c'est proprement époustouflant de beauté, dans des décors de rêve, avec des chanteurs qui sont aussi d'excellents comédiens. La perfection vous disais-je. C'est bientôt la saint Nicolas: fêtons-la! Valéry d'AMBOISE Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Mireille, Merveille...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mireille [Blu-ray] (Blu-ray)
À part quelques airs célèbres logés dans la malle de ma mémoire affective par une grand-mère affectionnée qui en raffolait, je ne connaissais pas cette ½uvre.Une ½uvre que je viens de découvrir grâce à ce DVD dont la vision pourrait se résumer en un mot : ravissement. Oui, cette représentation est un ravissement. Superbe mise en scène, picturale et solaire, d'une histoire provençale extrêmement française. Musique absolument admirable d'un compositeur extrêmement français. Le c½ur du génie français est dans cette ½uvre. Élégance, clarté, simplicité, épure, lumière(s) qui subliment la tragédie, aux antipodes des oppressants crépuscules et des épaisses brumes germaniques. Impossible ici de ne pas penser à ce qu'a écrit Nietzsche dans son fameux texte "Le cas Wagner", à propos de la Carmen de Bizet qu'il avait entendue pour la vingtième fois en mai 1888. Lettre de Turin (extraits) : "(...) Comme une ½uvre pareille vous rend parfait ! "À l'entendre, on devient soi-même un "chef d'oeuvre" ! "Cette musique de Bizet me semble parfaite. "Elle approche avec une allure légère, souple, polie. "Elle est aimable, elle ne met point en sueur. "Tout ce qui est bon est léger, tout ce qui est divin court sur des pieds délicats". "Cette musique est riche, elle est précise, elle construit, organise, s'achève. "A-t-on jamais entendu sur la scène des accents plus douloureux, plus magiques ? "Et comment sont-ils obtenus ?! "Sans grimace ! Sans faux-monnayage ! Sans le mensonge du "grand style" !" (...). Il est d'autant plus impossible de ne pas y penser que, c'est frappant pour qui a écouté mille et une fois Carmen (créée en 1875), la Mireille de Charles Gounod (créée en 1864, onze ans plus tôt donc), a fortement influencé le jeune Bizet, ce qui n'ôte évidemment rien à son génie propre. Ici le chant des paysans qui fait irrésistiblement penser au chant des contrebandiers, là un fragment du chant de Vincenette qui semble être celui de Micaela, note pour note. Mais Mireille n'est pas Carmen. Là où Bizet nous fait basculer dans le gouffre en rouge et en noir des passions humaines, sans pour autant nous y asphyxier, Gounod nous emmène dans un monde transcendant où la jalousie violente du rival haineux est instantanément punie, où l'amour brimé ici-bas est promis à une paisible extase là-haut, où la méchante intransigeance d'un père statufié dans les préjugés sociaux se résout en tendre repentir, où la vie de l'héroïne sacrifiée sur l'autel de la fidélité à son serment s'envole dans la lumière : c'est une voix céleste et éthérée qui accompagne la mort de Mireille. ¼uvre magnifique, oui, avec des moments de musique d'une enchanteresse beauté. Ainsi que cela a été souligné par des commentateurs, ce DVD nous donne une représentation authentique de l'oeuvre originale, sans coupures, sans trahisons, sans dénaturation, une version restaurée, après maints outrages (le "bonus" est passionnant à cet égard, il nous explique très bien l'étrange et malheureux destin d'une oeuvre majeure malmenée par l'incompréhension et la bêtise de ses contemporains). Le chef d'orchestre est inspiré, passionné, animé par une ardeur communicative, Marc Minkowski a eu drôlement raison de faire des infidélités au répertoire baroque où il s'est longtemps cantonné... Les chanteurs sont tous remarquables de pertinence vocale et de crédibilité interprétative. Éloge appuyé pour Inva Mula, cantatrice d'origine albanaise qui porte le rôle de Mireille, "porter" est bien le mot, son rôle est héroïque et écrasant, dans la scène du "désert de la Crau" notamment, il est en tout cas omniprésent, elle n'a aucun répit. Belle voix, beau chant, belle incarnation, bel engagement, elle n'est pas "ceci" aux dépens de "cela", elle assume toutes les exigences musicales et vocales du rôle mais sans mettre sa charge émotionnelle et sentimentale à la trappe. Mention spéciale, en forme de "coup de c½ur", pour le ténor américain qui endosse le rôle de Vincent, l'amoureux évincé mais éperdu et finalement adoubé (par le père repenti) de Mireille. Il est né à New-York et a été élevé en Californie. D'origine sicilienne côté paternel, équatorienne côté maternel... Coup de c½ur, oui, pour ce Charles Castronovo que je ne connaissais pas. On le croirait né quelque part au pays de Mistral, Giono, Pagnol, etc. Son physique fin et brun pourrait faire songer à une caricature de "latin lover" mais il n'a rien de cette caricature, non, cet homme a le charme et l'élégance d'un beau garçon du Midi qui clame son amour avec une ardeur entière mais délicate. Il est merveilleusement chantant, vibrant de sensibilité et doué d'une diction de rêve en français, un bonheur. Et dans la "Chanson de Magali" (en duo avec Mireille), moment musical d'une grâce absolue, il est tout bonnement "craquant", comme on dit aujourd'hui. Quelle Merveille que cette Mireille... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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