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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un disque plein de poésie,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Goyescas. Valses Poetiques (CD)
Lorsque l'on tape sur le moteur de recherche du site le titre « Goyescas », on se rend compte qu'il existe de nombreux enregistrements de cette œuvre pour piano, mais qu'il n'y en a que très peu de commentaires, tous interprètes confondus. J'avoue en être un peu surpris : est-ce méconnaissance ou désintérêt à l'égard de ce qui est pourtant considéré comme le chef d'œuvre d'Enrique Granados ?Les Goyescas (1911) sont une suite pour piano, en deux parties, expressément inspirée à Granados par l'œuvre du peintre espagnol Goya qui le fascinait par les couleurs de ses toiles représentant des scènes, quelque peu satiriques, de la vie quotidienne. Mais comme le rapporte le livret très bien fait de cet album, l'inspiration n'est pas toujours directe. Si certaines pièces font une référence plus ou moins explicite à certaines toiles du maître, (Los requiebros : les propos galants, ou El amor y la muerte : L'amour et la mort), d'autres au contraire sont d'une inspiration plus libre et plus générale et ne tentent pas de traduire en musique telle ou telle peinture de Goya. Il s'agissait plutôt pour le compositeur de faire correspondre à la palette de couleurs du peintre, une palette de couleurs sonores. Il faut reconnaître que cet objectif est largement atteint sous les doigts de Luis Fernando Pérez, pianiste madrilène né en 1977, qui fut élève d'Alicia de Larrocha (elle-même grande interprète de ces pièces qu'elle a gravées à plusieurs reprises pour différents labels, notamment Decca), et dont le jeu, à la fois tout en nuance (Coloquo en la reja, conversation à la prison) et rythmé (El fandango de cadil, Fandango sous la chandelle), sait saisir aussi bien les moments joyeux (Los requiebros), que les temps plus dramatiques (El amor y la muerte, qui reprend des thèmes de mouvements précédents) ou les plus angoissants (Epilogo, Serenata del espectro). On ne trouvera pas dans ces compositions, ni dans cette interprétation, la tentation d'un espagnolisme outrancier. Même si des réminiscences d'une ambiance ibérique affleurent bien sûr ça ou là (dans le deuxième mouvement notamment), le langage y est plutôt celui d'un romantisme universel, ou en tout cas européen (comme le souligne le chroniqueur de l'album dans Classica de février). On pourra cependant émettre quelques regrets à l'égard de la composition du programme de l'album. Si l'écoute, en complément, des délicieuses Valses poétiques, de Granados également, nous plongent dans le ravissement, on peut trouver dommage que le cycle des Goyescas ne soit pas tout à fait complet, puisqu'il y manque une ultime pièce, El pelele (Le pantin), composée il est vrai plus tardivement sans être intégrée dans le cycle, alors qu'elle s'inspirait bel et bien d'un tableau de Goya. En revanche, les deux parties du cycle sont séparées par un Intermezzo tirée de l'opéra Goyescas composé par Granados en 1915. Malgré ce choix discutable, cet album est une source inépuisable de plaisir (grâce également à une excellente prise de son), et de découverte aussi pour ceux qui ne connaissent pas ces œuvres. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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