Un groupe de gitans analphabètes, vivant de quelques menus petits boulots mais surtout de trafics illicites voit une bibliothécaire débarquer dans le camp. Esther désire initier les enfants à la lecture. Reçue d'abord avec méfiance, elle arrivera grâce à sa résolution à gagner la confiance des petits, puis des grands.
Nous voyageons dans l'immobilité d'un camp insalubre, squatté par une famille de gitans où la promiscuité est salutaire pour ces personnages qui souffrent et aiment. Cette petite grappe tenue à l'orée de la société, là où ses membres ne peuvent s'insérer, là où le regard de l'autre, de la « normalité » ne leur autorise aucune intégration, n'a aucune perceptive de répit, de repos. Cette communauté déambule entre la misère et le mépris, la brutalité et la solidarité. Mais cette vie en autarcie les soudera et leur permettra de conserver leur dignité.
Nous embarquons ainsi dans les mondes de l'échange, de la communion entre les membres de cette famille mais aussi face à cette "gadgé" obstinée tout au long des années qu'elle passe auprès d'eux, nous naviguons dans ce total respect des livres, dans la considération réciproque, nous voguons dans le récit des maux de cette famille supportant mort, disette, infortune, rejet.
Double positionnement de la Matriarche, Angélina, qui à la fois est solidaire des ses belles-filles et est aveuglée par l'amour inconditionnel qu'elle porte à ses garçons, ce livre nous plonge vers un océan de tendresse, de douceur et d'abnégation. En bref, nous sommes bercés par un sentiment universel qu'est celui de l'humanité.
Grandiose !