...avec avidité, n'hésitant pas à solliciter un laboureur quand il se promenait à la campagne.
Dans une circonstance où il devait garder le lit (à cause d'une cheville foulée pour avoir dévalé trop vite un escalier !), il occupa même sa convalescence à faire venir à lui toute personne qui pourrait lui apprendre un nouvel air.
La source des chants ici entendus s'avère extraordinairement variée : la Bible ("Love verses from the Song of Solomon"), airs traditionnels (gallois, du Lincolnshire, des Iles Féroé), chants de marins (le houleux "Shallow Brown", le sea shanty de "Scotch strashpey and reel"), ainsi que des oeuvres plus développées ("The bride's tragedy"...)
Ces mélodies furent harmonisées a capella ou arrangées avec accompagnement instrumental.
En 1968 et 1972, Decca avait déjà enregistré une
remarquable anthologie avec la contribution de Peter Pears, John Shirley Quirk et les Ambrosian singers.
Capté en 1944-95, le présent programme annonçait plusieurs inédits en « world premiere recording ».
Le seul reproche qu'on pourrait adresser à ce récital est de paraître un peu civilisé, trop aseptisé pour les pages témoignant de la mémoire populaire.
Au demeurant, on admire l'irréprochable netteté d'intonation du Monteverdi choir et ses solistes vocaux : Robert Johnston pour l'émouvant "Brigg fair" soutenu par le choeur à bouches fermées ; Colin Campbell pour le lugubre "The three ravens".
Sous la baguette méticuleuse de John Eliot Gardiner, l'English Country orchestra déploie un inventif décor de cuivres et percussions.
Textes des paroles et leur traduction française figurent dans le livret.