Le monde du rock est peuplé de gens aux troubles mentaux plus ou moins développés. Mais rares sont ceux qui ont une vraie maladie mentale avérée, qui s'entend littéralement dans leur musique. Le plus connu d'entre eux est Daniel Johnston, bipolaire, sur lequel la scène alternative a collé l'étiquette "culte". Contrairement à Wesley Willis, dont il est question ici, Johnston possède un sens artistique et un talent certains. Wesley Willis n'aura jamais joui de la notoriété de Johnston, mais la sympathie qu'il a fait naître chez ceux qui l'écoutent, a plus de valeur, à mon sens. Wesley Willis était un obèse schizophrène, plus ou moins SDF, avec une énorme bosse sur le front à force de donner des coups de boule (sa manière de dire bonjour), voilà pour le personnage, maintenant la musique. Ses chansons, toutes très semblables les unes aux autres, étaient constituées de mélodies pré-enregistrées de synthétiseurs, sur lesquelles Wesley chantait (pas vraiment bien...) à propos de ce qu'il aimait (Nirvana, Fugazi, le rock en général, Jésus...) et ce qu'il n'aimait pas (Saddam Hussein, OJ Simpson, sa schizophrénie...) Musicalement, toujours la même formule : couplet-refrain deux fois, un break de synthé souvent trop long, puis couplet-refrain pour terminer toutes ses chansons sur le même slogan : Rock over London, rock on Chicago, suivi d'un petit speech vantant les mérites de telle compagnie aérienne ou autre marque de céréales. Dans sa tête, Wesley Willis faisait du rock & roll, et à écouter l'énergie sincère qu'il dégage, on le croit. A sa mort d'une leucémie il y a quelques années, il a légué une discographie énorme que Jello Biaffra continue de faire vivre.