Emil Gilels fut d'abord un grand virtuose qui était capable d'incroyables feux d'artifice. Nous en avons beaucoup de preuves, telles que la Fantaisie sur Figaro de Liszt, Islamey, la Rhapsodie Espagnole de Liszt ou encore les grands concertos de Tschaikofsky, Prokofieff, Rachmaninoff, Saint Seans et Liszt.
L'evolution lors de sa carrière est fascinante, car il s'est mué en "penseur du piano" et ses derniers disques, des sonates de Beethoven, montrent un tout autre Gilels: réflechi, lent, complètement mis à nu.
Evidemment, Gilels possédait depuis toujours, hormis sa technique exceptionnelle, un son unique. Son toucher pouvait être d'un raffinement extrême, capable des plus infimes nuances. Ces Grieg en montrent probablement le plus beau témoignage. Moi pour ma part, je préfère Gilels dans des mouvements lents, car là son toucher faisait le plus merveille. Et puis.... fait non-négligeable, il m'a fait aimer un compositeur que vraiment je n'aime pas.... Les pièces lyriques ne comptent pas pour moi parmis les chefs d'oeuvre les plus impérissables, mais quand Gilels les joue, j'oublie et j'accroche!