Critique
Le cheveu plus rare et l’embonpoint plus présent, signe de maturité effective, De La Soul reste aussi pertinent dans les années 2000 que dans les années 1990.
Avec une production ouverte à des intervenants extérieurs mais concernés (Dave West, qui sévissait déjà sur Bionix, Jay Dilla, appelé à être une météore, révéré aujourd’hui plus que de son vivant, Madlib ou 9th Wonder), le trio signe un album complet, sans remplissage, cet art devenu norme dans les années 2000 et qu’ils n’ont jamais pratiqué.
Pour la première fois, ils font l’impasse sur ces interludes rigolos qui étaient leur marque de fabrique, mais en revanche ils invitent une nouvelle fois la crème des MC’s, Common (déjà reçu sur
Stakes Is High), Flavor Flav, l’immense bouffon de Public Enemy sur
« Come On Down », MF Doom, le rappeur hard gore, sur
« Rock Co.Kane Flow », ou le Wu Tang Ghostface Killah sur
« He Comes ». Vétérans éclairés, chantres d’un underground brillant, De La Soul maîtrise son art comme personne, et le prouve à chaque seconde de ce nouveau manifeste pour un rap lumineux, à la fois simple d’évidence et compliqué dans sa création, toujours varié et surprenant. N’est-ce pas là la plus pure définition du hip-hop, dont De La Soul est le défenseur le plus noble ?
Jean-Eric Perrin - Copyright 2012 Music Story
Description de l'album
15 ans après la sortie du mythique "3 Feet high and rising", véritable manifeste du Daisy Age, le hip-hop cool et intelligent qui refuse les habituels clichés du rap macho et violent, De La Soul retourne aux sources avec son septième album studio. Les samples qui sortent des sentiers battus, les compositions colorées et l'humour des lyrics sont omniprésents sur The Grind Date comme aux meilleurs jours du groupe de Long Island. Et les featurings de MF Doom, Spike Lee, Ghostface Killah ou Flava Flav achèvent de faire de ce nouvel opus un digne successeur de leurs meilleures productions : un essentiel du hip-hop new yorkais !